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Cameroun : les sĂ©cessionnistes dĂ©noncent «l’enlèvement» de leur leader

Le «gouvernement intĂ©rimaire de la RĂ©publique fĂ©dĂ©rale d’Ambazonie», issu de la contestation sĂ©paratiste dans les rĂ©gions camerounaises anglophone du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, a vivement condamnĂ©, dimanche, «l’enlèvement», la veille dans un hĂ´tel d’Abuja, la capitale du Nigeria, de son leader Sisiku Julius Ayuk Tabe et de neuf autres activistes. Dans un communiquĂ© dont APA a obtenu copie, le mouvement attribue ce «kidnapping» Ă  «des hommes armĂ©s (venus) de la RĂ©publique du Cameroun».

«Cet enlèvement criminel s’est produit lors d’une rĂ©union prĂ©sidĂ©e par le prĂ©sident Sisiku Julius Ayuk Tabe», prĂ©cise le document, expliquant par ailleurs que ladite rĂ©union Ă©tait organisĂ©e pour discuter de la crise des rĂ©fugiĂ©s anglophones, fuyant les exactions de l’armĂ©e et qui se trouvent depuis des mois au Nigeria voisin.

Il s’agissait aussi de mobiliser les soutiens et secours pour le logement, l’assistance mĂ©dicale et alimentaire de ces nĂ©cessiteux Ă  la veille de la saison des pluies.

Le gouvernement fĂ©dĂ©ral du Nigeria, selon les sĂ©cessionnistes «ambazoniens», a Ă©tĂ© informĂ© de l’incident et enquĂŞte actuellement sur la situation.

Affirmant que les Camerounais anglophones continuent d’ĂŞtre victimes d’exĂ©cutions extrajudiciaires orchestrĂ©s par le prĂ©sident Paul Biya et ses acolytes, le «gouvernement intĂ©rimaire de la RĂ©publique fĂ©dĂ©rale d’Ambazonie» a appelĂ© ses sympathisants au calme pendant toute la durĂ©e de ladite enquĂŞte.

IngĂ©nieur en informatique, Sisiku Julius Ayuk Tabe, par ailleurs ex-employĂ© de l’opĂ©rateur d’Ă©lectricitĂ© AES-Sonel, s’est autoproclamĂ© prĂ©sident intĂ©rimaire de l’Etat fictif de l’Ambazonie le 8 juillet 2017.


Se déplaçant entre les États-Unis et le Nigeria, et soupçonné de détournement de deniers publics chez son ancien employeur, il semble fermé à tout dialogue avec le pouvoir de Yaoundé.

Les assauts armĂ©s, attribuĂ©s Ă  ses Ă©lĂ©ments dans les rĂ©gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ont en quelques mois coĂ»tĂ© la vie Ă  une dizaine d’Ă©lĂ©ments des forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© camerounaises.

S’exprimant le 31 dĂ©cembre dernier, Ă  l’occasion des vĹ“ux du nouvel an Ă  ses compatriotes, le prĂ©sident Biya avait dĂ©noncĂ© «la gravitĂ© des dĂ©bordements» ayant rĂ©sultĂ© de revendications au dĂ©part corporatistes (avocats et enseignants), rappelĂ© son devoir de veiller Ă  l’ordre rĂ©publicain, Ă  la paix sociale, Ă  l’unitĂ© de la nation et Ă  l’intĂ©gritĂ© du Cameroun.

Le chef de l’État a prĂ©cisĂ© avoir «instruit que tous ceux qui ont pris les armes, qui exercent des violences ou qui incitent Ă  la violence, soient combattus sans relâche et rĂ©pondent de leurs crimes devant la justice».

Pour lui, si le dialogue a toujours Ă©tĂ© et restera toujours la voie privilĂ©giĂ©e de rĂ©solution des problèmes, cette approche doit s’inscrire «strictement dans le cadre de la lĂ©galitĂ© rĂ©publicaine».

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