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l’Extrême-Nord et le No/So classés régions économiquement sinistrées

Joseph Dion Ngute, le Premier ministre (c) Droits réservés

Les crises sécuritaires enregistrées dans ces trois régions ont entraîné la destruction du tissu économique. Le gouvernement veut relancer les activités économiques sur place.

Le gouvernement camerounais reconnait la gravité de la situation sécuritaire dans le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord du pays. Le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a signé lundi, 02 septembre 2019, un décret déclarant ces régions « économiquement sinistrées ».

Le Cameroun est en guerre contre Boko Haram depuis 2014, année au cours de laquelle la secte terroriste, aujourd‘hui affaiblie, a commencé à mener des incursions armées sur le territoire national. Le pic des attaques menées par le groupe a été atteint en 2015, le groupe obligeant les populations à abandonner leurs activités champêtres, d’élevages ou de pêche. Le tourisme, l’artisanat et le commerce, les autres maillons de l’économie de la région, ont été affectés par ce conflit. La lutte contre Boko Haram a par ailleurs aggravé une situation de précarité déjà existante à l’Extrême-Nord. Plus de 35,8% de personnes y vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec un revenu journalier de 931 Francs CFA.

Situation tendue dans les régions anglophones

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest restent paralysées par les actions des combattants séparatistes qui y mènent des représailles contre les travailleurs ou toutes personnes accusées de participer à la reprise des cours. De nombreuses attaques ont été menées contre des agriculteurs, notamment des employés de  la Cameroon development corporation (CDC), une société d’exploitation bananière. Les victimes ont été mutilées pour servir d’exemple dissuasif parmi les populations.

Les séparatistes veulent implémenter un Etat indépendant dans les deux régions anglophones du Cameroun. Pour y arriver, ils mènent des exactions afin de faire pression sur le régime de Yaoundé. Leurs victimes se comptent aussi bien parmi  les autorités administratives, religieuses, traditionnelles, que parmi les forces de défense et de sécurité.

L’escalade des violences a causé des pertes économiques pour les entreprises dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Les effets de la crise ont eu un fort impact sur les exportations du cacao, du café, et de la banane. En aval des filières cacao et café, les industries de transformation ont vu leurs activités de plus en plus fragilisées par les deux années de crise. Ont total, plus de 300 milliards de Francs CFA de perte avaient été engagées de 2017 à 2018, Selon le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam).

-Responsabilité partagée-

Les actions des séparatistes anglophones ne sont pas seules à l’origine des difficultés des structures basées dans la zone anglophone. De janvier à avril 2017, le Nord-Ouest et  le Sud-Ouest avaient été privés d’Internet. La mesure avait été prise par le gouvernement à la suite d’une série de manifestations organisées pour porter haut les griefs de la communauté anglophone. Des Ong estimaient à quelques millions de Francs CFA le coût de cette coupure, ressentie avec plus d’acuité par les PMEs.

La crise anglophone reste l’une des crises les plus complexes que le Cameroun affronte. Déniée par les autorités camerounaises qui ont toujours tenté d’en minimiser les effets, elle est d’autant plus grave que le retour à la paix sur place n’est pas encore  envisageable ; les belligérants peinant à s’entendre sur les contours d’un dialogue inclusif.

Le Premier ministre Joseph Dion Ngute  a cependant indiqué lundi que des mesures seront mises en œuvre pour relever la situation économiques des zones classées « sinistrées économiques ». Celles-ci portent essentiellement sur une exonération de taxes et d’impôts aux entreprises pour une période de trois ans. Ce décret brise le silence observé jusqu’ici par le gouvernement face aux cris d’alarmes de la société civile et du Patronat camerounais.


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