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Cameroun: L’impact économique de la présence étrangère

Le Cameroun accueille de nombreux investisseurs étrangers une situation qui n’est pas toujours bien perçue au niveau local

Plusieurs étrangers installés au Cameroun
Bien que les statistiques tendent à minimiser la part des investissements étrangers au Cameroun comme dans beaucoup de pays africains, de nombreux étrangers sont présents au Cameroun et mènent diverses activités. La raison en est que, le Cameroun a opté pour une économie libérale diversifiée et ouverte sur l’extérieur depuis 1994. Entre 1999 et aujourd’hui, les investissements étrangers au Cameroun ont été multipliés par six. On retrouve l’investisseur historique, le France qui occupe la plus part des secteurs de l’économie (Transport, agro-industrie, énergie). Selon des récentes statistiques, il y aurait près de 160 entreprises étrangères au Cameroun. Avec le temps, de nombreuses autres nationalités se sont installées, comme les Chinois, les Indiens, les Maliens et surtout les Nigérians. Ces dernières années, des pays comme le Maroc et la Turquie opèrent leur pénétration. Le Cameroun en 2002 a adopté un nouveau code des investissements qui facilite l’attraction des investisseurs étrangers au Cameroun. Le point essentiel de ce code est la facilité de rapatriement des bénéfices obtenus sur le territoire camerounais. Une politique qui reste maintenue, malgré la crise économique que traverse le pays.

Une présence cause de déséquilibre
Les politiciens ont toujours voulu justifier l’importance des investissements étrangers, par le souci de renforcer la croissance économique, en permettant des investissements dans des secteurs où l’Etat manque de financement. Une logique que les dirigeants présentent comme salutaire et nécessaire. Pour y faire le code d’investissement est largement attractif. Il prévoit des taux de douane modérés sur les équipements de production (10 %) avec une taxe sur le chiffre d’affaires (TCA) égale à zéro, ainsi que sur les matières premières entrant directement dans la fabrication des produits finis.

L’information n’est pas vérifiée, mais selon certaines sources, les Chinois exerçaient leurs activités économiques d’importation en exonération totale de frais de douane. En 2009, alors que le Cameroun est frappé par la crise économique, un rapport du CIAN, le conseil des investisseurs français en Afrique, a récemment rapporté que les entreprises françaises ont toutes eu des bénéfices.

Un danger pour les activités locales
Des experts et des observateurs s’accordent à dire que la présence étrangère au Cameroun est moins positive que les politiques ne veulent le penser. L’un des premiers contre effets est la destruction des tissus de production et de commerce locaux. Avant nous on achetait nos chaussure plastiques à Batouala (entreprise située à Douala), mais depuis que les Chinois sont là ils nous font une concurrence rude et l’Etat les encourage, affirme Paul Nguestop, un commerçant au marché central de Yaoundé. La réalité est encore plus grande et plus grave. Pour certains experts, le droit absolu de rapatriement des bénéfices est un mauvais choix politique. Cette façon de faire maintiendra toujours le Cameroun dans un état de pauvreté affirme un économiste. Selon lui, faire dépendre et reposer toute une économie sur les investissements étrangers fait courir le risque d’instabilité en cas de crise. Il ajoute que si on veut relancer le tissu de production locale, il faudrait limiter la part de la présence étrangère et encourager les joint-ventures, afin que la présence étrangère soit pleinement bénéfique au Cameroun.


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