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Cameroun : l’insécurité envoie les bouchers au chômage à Batouri

boucher en activité dans un marché

Le coordonnateur départemental pour la Kadéy de cette catégorie de travailleurs justifie le taux 50% d’abandon par l’insécurité due à la crise centrafricaine.

D’emblée, Hamidou Nourou évoque « les problèmes de ravitaillement que nous éprouvons depuis au moins deux années ». «Pour la plupart, les bêtes que nous abattons dans le département de la Kadéy, région de l’Est du Cameroun, sont achetées à Touboro, dans le Nord, précisément à Mbaïboum, aux confins du Tchad et de la République centrafricaine (RCA)», poursuit notre interlocuteur que nous avons rencontré le mercredi 10 août 2022 à Batouri.

«Il arrive également que nous allions nous ravitailler à Adoumri (localité camerounaise du département de la Bénoué, à 50 km de Garoua et à 60 km de la frontière avec le Tchad)», précise Hamidou Nourou.

Pour que les bêtes arrivent à Batouri, les groupes de bouchers déboursent « un total de 960 000 FCFA, soit 700 000 FCFA pour la location du camion et 260 000 FCFA pour les taxes communales et les frais de gardiennage aux vigiles qui veillent sur nos achats avant embarquement ».

Bertoua.info indique que le coordonnateur départemental des bouchers de la Kadéy, qui trône au-dessus d’environ 200 membres, explique que, «malgré nos efforts pour mettre la viande de bœuf à la disposition des populations, nous ne rentrons pas dans nos dépenses». Il se souvient « avoir dépensé environ 18 millions de FCFA pour acheter 25 bêtes à Touboro il y a deux mois » mais avoir enregistré des pertes de l’ordre d’un million de FCFA après avoir vendu.

« Les bœufs sont devenus chers », souffle-t-il. Conséquence, sur les étals, le kg de viande avec os qui, il y a cinq mois, coûtait 2 200 FCFA, s’achète désormais à 2 400 FCFA. Dans le même temps, le kg sans os est passé de 2 500 à 2 700 FCFA. Plus grave, le secteur s’est vidé d’au moins 50% de ses acteurs du fait des méventes.

Cela est dû à l’instabilité sécuritaire qui s’est installée dans le département du fait des multiples crises en RCA. Les commerçants de bétail sont soumis au racket des miliciens qui écument les frontières entre le Cameroun et la RCA. D’autres leur fixent carrément une taxe pour accéder aux espaces marchands. «Conséquence, des marchés de bétail comme Gbiti et Mobé ont disparu. On y retrouve au plus cinq têtes de bœuf par marché», rapporte un boucher qui assistait à nos échanges.

Les rares bergers qui y viennent vendre ne sont pas toujours satisfaits après avoir livré. « Il y a deux semaines, ayant appris que les bœufs étaient arrivés à Gbiti, et n’ayant pas le temps d’aller à Touboro, je suis allé acheter à crédit 49 têtes de bœuf à Gbiti », raconte Hamidou Nourou. Qui poursuit : «Aujourd’hui (10 août 2022), jour fixé pour que je remette de l’argent au vendeur, j’ai dû lui remettre 16 bêtes parce qu’à l’horizon, je ne voyais pas comment je pouvais les égorger pour lui rembourser son argent à la date convenue»


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