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Cameroun : l’un des acteurs du scandale des 274 lingots d’or dans les filets de la police

Recherché depuis la fin de l’année dernière, M. Nana Kamdoum Félix, l’un des bénéficiaires des 5 milliards de francs mobilisés pour l’achat des 218 lingots d’or controversés, a été cueilli à Douala et transféré à Yaoundé. Mais jusqu’à la semaine dernière, il n’avait pas été présenté au procureur au procureur de la République. Pourquoi ?

 

L’enquête est menée par Kalara. L’affaire des 274 lingots d’or qui avait donné lieu dans la première moitié de cette année à un procès controversé devant le Tribunal de première instance (TPI) de Yaoundé centre administratif, a-t-elle été relancée en sourdine ? Kalara a en tout cas appris de sources concordantes que M. Nana Kamdoum Félix, l’un des principaux acteurs de ce dossier, que la police disait en fuite, a été interpellé la semaine dernière à Douala par les éléments de la division régionale de la police judiciaire.

Le concerné a été transféré quatre jours plus tard à Yaoundé, sauf qu’en fin de semaine dernière, il n’y avait aucune trace le concernant au parquet près du tribunal de première instance de Yaoundé, centre administratif, où le procureur de la République devrait l’accueillir. Une situation quelque peu curieuse au regard de ses antécédents avec la police judiciaire.

Considéré comme l’un des principaux bénéficiaires des transactions financières faites dans le cadre de l’acquisition des 218kg de lingots d’or en cause, M. Nana Kamdoum avait sur son dos un avis de recherche au même titre que son acolyte, un certain Hussein Mohamadou Sadou alias général, de nationalité centrafricaine, présenté comme le fournisseur des minerais querellés, lui aussi déclaré en fuite par la police.

Sans ces deux personnes, les seules parmi tous les protagonistes de l’affaire à savoir peut-être l’origine véritable des lingots d’or au centre du scandale, l’enquête policière avait été incomplète. Leurs versions des faits avaient donc grandement manqué au cours du procès précipité  et sans doute nuisible à l’image de la justice. D’ailleurs, comme pour pallier l’absence de M. Nana Kamdoum, la police avait fini par arrêter son épouse. Qui a avait été jugée avant d’être élargie…

Pour bien comprendre l’importance de M. Nana Kamdoum dans le scandale des 218 kg d’or, un petit rappel des faits. Début novembre 2020, deux hommes d’affaires Canadiens, Charles Verville, 59 ans, et son fils, Luc Verville, 28 ans, étaient arrivés au Cameroun dans le cadre d’ »un voyage d’affaires. Associés à hauteur de 24% chacun d’une responsabilité limitée dénommée CX Trading Cameroun qui avait pour gérant et principal promoteur (52% des parts)  un certain Olivier Happy Tchankou. Les deux Canadiens revenaient au Cameroun dans le but principal d’acheter de l’or.

Leur société, CX Tranding était déjà détentrice d’un agrément pour l’achat et la commercialisation des substances minérales. Accompagnés par leurs partenaires Camerounais, M. Happy Tchankou, les Verville vont acquérir en tout 218 kg d’où auprès d’Hussein Mohamed Sadou, alias Général, qui était en constante compagnie avec M. Nana Kamdoum.

Faux et usage de faux

En fait, sur les sommes mobilisées via le compte bancaire de CX Traiding, une bonne partie va atterrir dans l’un des comptes bancaires personnels de M. Nana Kamdoum dans le cadre du paiement des 100 premiers kilogrammes d’or achetés. Ainsi, un virement de 600 millions de F  avait été fait le 5 novembre 2020 du compte de CX Tranding Cameroun à Afriland first Bank vers le sien.

D’autres transactions financières ont été faites en espèces ou alors entre des comptes bancaires ouverts en dehors du Cameroun, notamment par les Canadiens directement, au moment de régler la seconde cargaison d’or qu’ils ont acheminés directement entre les mains des fournisseurs, sans plus bénéficier de l’appui e M. Happy Tchankou, tout au moins dans la phase de finition de cette acquisition.

Au total, c’est un peu plus de 5 milliards de F qui auraient été mobilisés pour les 218kg d’or. L’affaire capote lorsque les Canadiens doivent sortir du Cameroun avec leurs colis, rangés dans « deux caisses noires sécurisées » en trois valises. Sur la route de l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen où un jet privé les attend pour transporter aux Emirats Arabes unis, Luc et Charles  Vervilles sont interpellés par des éléments de la division régionale de la police judiciaire du Centre  alertés par le procureur de la République.

Ils sont en possession de faux documents dont ils devaient se servir pour traverser la frontière. Ils feront de ce fait l’objet, avec M. Happy Tchankou, d’une enquête policière pour « tentative d’exportation illégale des produits miniers en violations de la réglementation minière », « faux et usage de faux en écriture publiques et authentiques », puis « contrefaçon ».

Cette procédure va quasiment échapper à un moment au procureur de la République, qui l’a a déclenchée, avec l’entrée en scène du Délégué général de la sûreté nationale lui-même, puis d’autres membres du gouvernement.


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