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Cameroun: l’UPC ne doit pas renvoyer au monde l’image d’un parti rabougri

Par Habiba Issa, présidente de l’Union des populations du Cameroun (UPC)

 

Message à l’occasion du 72e anniversaire de l’UPC, le 10 avril 2020

Militants et Sympathisants de l’UPC, Chers Compatriotes. Le 10 avril 1948 naissait l’UNION DES POPULATIONS DU CAMEROUN (UPC).

A l’occasion de ses 72 ans, j’aurais bien voulu dire aux uns et aux autres, l’immense joie qui m’habite au moment de célébrer cet anniversaire. Mais Hélas ! La situation que traverse notre parti, ainsi que le contexte général qui est caractérisé par l’anxiété et la peur des populations du fait de l’insécurité sanitaire ambiante ne s’y prête pas. C’est fidèle à mon engagement que je vous adresse ce message, le cœur serré, les yeux larmoyants.

L’UPC, notre parti, est sorti des dernières consultations électorales complètement émiettée, discréditée et encore plus affaiblie. Il serait peut-être temps de prendre la bonne décision et de se ranger aux côtés des masses. Ce sont elles qui, dans le passé, ont constitué le terreau dans lequel l’UPC avait planté la graine du nationalisme, c’est en leur sein que cette graine a germé, s’est développée. Elle n’a, malheureusement, jamais pu produire les fruits attendus, du fait des vicissitudes des hommes.

Depuis la reprise des activités dans la légalité en 1991, notre parti s’est clivé, donnant naissance à deux tendances. La première est constituée par les camarades qui pendant les années sombres de la clandestinité ont maintenu le flambeau allumé. Ces camarades, dans un souci d’intégrité par rapport à l’orientation idéologique et aux principes doctrinaux hérités des pères-fondateurs, ont choisi de se démarquer. L’autre, celle qui tient le gouvernail du parti, est constituée par les camarades qui s’étaient pour la plupart, à un moment où à un autre de leur vie, rapprochés du régime et du parti au pouvoir.

Les congrès dits « unitaires » qui ont été convoqués n’ont jamais réussi à rapprocher ces deux tendances, à concilier au sein de notre parti, la légitimité et la légalité. Cette situation dont beaucoup semblent se complaire est le premier des facteurs handicapant qui ont toujours empêché l’UPC de créer les conditions d’un débat politique interne. Elle a plombé l’émergence de notre parti et l’a empêché de jouer les premiers rôles sur la scène politique camerounaise, comme il le mérite.

La proximité collusoire entretenue depuis 1992 avec les cercles du pouvoir est nocive. Elle a aiguisé des appétits, généré au sein de l’UPC une faction constituée d’hommes et de femmes qui ont goutté les prébendes et en vantent le mérite. C’est dommageable pour notre parti. Nous ne le regretterons jamais assez.

La vocation de notre parti n’est pas de parasiter le parti au pouvoir en restant confiné dans un coin du territoire. L’UPC, vecteur du nationalisme au Cameroun ne doit pas renvoyer au monde l’image d’un parti rabougri, d’un parti tribal. C’est une aberration !
Cette vision a aujourd’hui montré ses limites et nous pouvons nous en féliciter.

Comment pourrait-il en être autrement, quand on sait que ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir ne sont que les successeurs de ceux qui, hier, se sont acharnés sur notre parti, transformant l’adversaire politique qu’il a toujours essayé d’être en ennemi de guerre. Ils ont prononcé la dissolution de l’UPC et éliminé ses principaux dirigeants. Peuvent-ils aujourd’hui, sous l’effet d’une « alliance » qui n’a jamais rien rapporté à l’UPC ni au peuple camerounais, nourrir des pensées nobles pour notre parti ? C’est inimaginable. Le jour où l’acharnement cessera contre l’UPC, tout le monde comprendra que nous nous sommes rangés du côté de l’oppresseur.

Ceux qui ont conduit le parti dans cette aventure doivent eux-mêmes tirer les conséquences d’une telle forfaiture.

Camarades, l’UPC est restée fidèle à elle-même. Dans leur majorité, les camarades reconnaissent que l’UPC « ne fait pas la politique d’un parti » ; qu’elle a une offre alternative qu’elle doit présenter aux camerounais. Il nous appartient de réunir les conditions de notre attractivité pour regagner les cœurs des camerounais.

L’UNION disait Ruben UM NYOBE, est l’unique voie de notre succès. Union autour de nos textes, union autour d’un idéal commun, union autour d’un programme et des objectifs communs, union autour des hommes choisis par vous et reconnus pour leur compétence et leur intégrité.

C’est le combat que nous devons mener pour redonner aux camerounais une raison d’espérer.

Espérer, c’est de cela qu’il est question par ces temps où le monde entier est en proie à la menace d’une pandémie propagée par un terrible virus, le covid-19.

Le covid-19 a ébranlé les fondements des Etats les plus puissants, rendu caducs les systèmes sanitaires les plus performants, anéanti les économies les plus florissantes. Ce virus ravageur a ridiculisé et endeuillé l’orgueilleux occident, a traversé la méditerranée et franchi le désert. Il sévit actuellement en Afrique subsaharienne. Depuis quelques semaines déjà, le covid-19 est entré dans notre territoire. En ce laps de temps, près de mille personnes ont été testées positives. Plus de quarante sont complètement guéries et on enregistre moins de 10 décès.

Le covid-19 a imposé la fermeture des écoles, la fermeture des lieux de cultes. Il a imposé un ralentissement des activités, le confinement et un changement de nos attitudes et de nos comportements.

Des consignes ont été données par les autorités pour freiner sa propagation.Nous ne pouvons pas compter sur un système sanitaire désuet, ni sur des infrastructures inadéquates, ni sur des plateaux techniques obsolètes pour opposer une réponse fiable à cette pandémie. Nous devons respecter les consignes des autorités pour freiner en amont sa propagation. L’Etat a pris des mesures. Elles sont insuffisantes. Depuis de nombreuses années déjà, les populations payent par leurs privations et par leurs sacrifices le prix fort pour redresser une économie structurellement décadente et dont le marasme est accentué par la kleptomanie et les habitudes budgétivores.
L’Etat devrait se montrer plus généreux envers elles.

Compte tenu de la vitesse de propagation du virus, nous nous acheminons vers un confinement total. Un petit effort de volonté suffirait pour alléger le fardeau des populations : confectionner les masques locales par nos valeureux tailleurs ou notre société locale (Cicam), les distribuer gratuitement et rendre leur port obligatoire ; subventionner la fabrication des gels désinfectants et les vendre à prix réduits ; fermer à la circulation des personnes, l’axe du grand-nord pour préserver le septentrion et l’Est du pays encore épargnées,réduire le prix des carburants pour leur permettre de prendre moins de passagers ; rouvrir les salles de classe pour les candidats aux examens, en limitant les effectifs par classe et en imposant le port du masque pour tous, le lavage des mains et l’utilisation du gel désinfectant ; créer des points d’approvisionnement en denrées alimentaires avec réduction des prix. Aménager des espaces pour la mise en quarantaine et la prise en charge des personnes testées positives. Maintenir les frontières fermées.

Je ne vous le dirai jamais assez, Observons scrupuleusement les consignes et surmontons la peur que nous inspire ce virus. Car en pareil cas, la peur du virus peut être plus mortelle que le virus.

Si nous avons survécu à une colonisation barbare et sommes vénus à bout d’une guerre de décolonisation très meurtrière qui a tué plus de 500 000 de nos compatriotes, nous viendront à bout du covid-19.

Je ne terminerai pas cette adresse sans parler du macabre projet qui viserait la vaccination nos populations contre le covid-19. Nous n’en avons pas besoin. Nous ne sommes pas des cobayes pour l’expérimentation d’un vaccin réputé mortel. Que Dieu nous en préserve !

Camarades, Chers compatriotes,

L’UPC a été créée pour être à vos côtés et pour vous soutenir en des temps comme ceux-ci. Soyez rassurés, l’Ame Immortelle du Peuple Camerounais ne faillira pas à sa mission. L’UPC souffre avec vous. L’UPC se battra à vos côtés, avec vous, et surtout pour vous. Ensemble nous surmonterons cette autre épreuve, ensemble nous nous rebâtirons notre parti, ensemble nous vaincrons.


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