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Cameroun: Lydienne Yen Eyoum graciée par le président de la République

L’avocate francocamerounaise, condamnée à 25 ans de prison en 2014, bénéficie d’une «remise totale de la peine» d’après un décret présidentiel publié lundi soir

Lydienne Yen Eyoum épse Loyse peut compter les heures qui lui restent encore à passer dans sa cellule de la prison centrale de Yaoundé à Nkondengui, en attendant les formalités pour la levée d’écrou. L’avocate franco-camerounaise, qui purgeait déjà une peine de 25 ans de prison, a été graciée par le président de la République lundi soir, 04 juillet 2016, dans un décret lu au journal de 20h30 sur la télévision publique nationale.

Ecrouée en 2010, l’avocate avait été condamnée le 26 septembre 2014 par le Tribunal criminel spécial (TCS), juridiction spécialisée dans la répression de la grande corruption. Lydienne Yen-Eyoum avait été reconnue coupable du détournement de 1,077 milliard de FCFA (1,5 million d’euro) en écopant de 25 ans de prison. L’avocate avait attaqué la décision devant la Cour suprême, en dénonçant la violation de plusieurs dispositions légales. Le 09 juin 2015, la Haute juridiction devait confirmer la décision du TCS.

A l’origine de ses ennuis judiciaires, une transaction litigieuse. Me Yen-Eyoum, mandatée par le ministère camerounais des Finances, avait mené en 2004 une opération de recouvrement des créances de l’ex-Office national de commercialisation des produits de base (Oncpb) auprès de la SGBC, filiale de la banque française Société générale en contentieux avec l’Etat camerounais. La justice camerounaise lui a reproché d’avoir gardé par devers elle une partie des fonds recouvrés.

Il était reproché à Lydienne Eyoum d’avoir fait virer l’argent récupéré à la SGBC dans son compte personnel. L’ex ministre des Finances, Polycarpe Abah Abah, qui lui avait délivré le pourvoi spécial pour saisir les sommes querellées, avait été quant à lui acquitté par le TCS.

La grâce accordée à Lydienne Eyoum intervient quasiment un an jour pour jour après la visite de François Hollande au Cameroun, en juillet 2015. Au cours d’une conférence de presse accordée par Paul Biya et son homologue français à l’issue de cette visite, le président de la République du Cameroun avait déclaré sur le cas de Me Yen Eyoum : «Je verrai ce que je peux faire si tel est le souhait de l’intéressé. Et si la Constitution me donne les moyens de faire quelque chose, c’est de bon c ur que je le ferai, le moment venu».

«Tout Français, et Lydienne est française, a le droit de demander l’appui de son pays pour être soutenu et ce n’est pas une pression en tant que telle», avait défendu quelques mois auparavant Michel Thierry Atangana, un autre Franco-camerounais libéré en février 2014 à la faveur d’une grâce présidentielle après 17 ans de prison dans les geôles camerounaises.

Lydienne Eyoum
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