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Cameroun : le maire de Kolofata écrit à Amnesty international

Seiny Boukar Lamine, maire de Kolofata. ©Droits réservés

A travers un communiqué, Seiny Boukar Lamine liste les victimes de l’attaque terroriste du 05 août, toutes âgées de 7 à 13 ans.

 Seiny Boukar Lamine a trouvé un moyen de réagir au rapport de l’Ong Amnesty international selon lequel, des militaires camerounais commettent des actes de torture sur des civils accusés « injustement » d’appartenance à la secte Boko haram. Le maire de la commune de Kolofata a signé un communiqué le 06 août dernier pour interpeller l’organisation de défense des droits de l’Homme sur les événements survenus le 05 août dernier à Ouro Kessoum.

« Le maire de la commune de Kolofata soussigné, informe l’Ong Amesty international qu’un attentat perpétré par un kamikaze est survenu dans la nuit du 5 au 6 août 2017 à 20h30 », introduit le communiqué de Seiny Boukar Lamine. Le magistrat municipal ne se prive pas de lister les huit victimes de l’attentat de samedi dernier. On y découvre leurs identités, mais surtout leurs âges. Les morts de l’explosion du 05 août avaient entre 7 et 13 ans. Des enfants, en somme.

Le communiqué ne précise pas les attentes du maire à l’endroit d’Amnesty international. Mais, pour lui, les faits sont assez significatifs pour les porter à l’attention du monde, y compris de l’organisation de défense des droits de l’Homme. « Il y a ce fait qui est récent et qu’il faut prendre en compte. Il faut pouvoir avoir une appréciation de la situation. C’est trop facile de…Moi je dis, il faut contextualiser les situations. Nous vivons ces drames au quotidien. Et en ma qualité de maire, je dois communiquer. C’est moi qui suis sur le terrain. Il faut que j’informe les gens de ce drame. Vous avez vu l’âge des victimes ? C’est sans commentaire! Je tenais à donner des éléments d’appréciation de la situation, c’était ça mon objectif. Au besoin, je communiquerai plus souvent, si ça peut permettre de mieux comprendre la situation », dit le maire, joint au téléphone par Journal du Cameroun.

Seiny Boukar Lamine fait ces déclarations en connaissance de cause. Le 27 juillet 2014, il a été enlevé avec son épouse et leurs cinq enfants, lors de deux attaques simultanés de la secte Boko haram. L’épouse du ministre Amadou Ali avait été enlevée cette même nuit. Ils ont tous été libérés dans la nuit du 10 au 11 octobre 2014. A ce sujet, le maire affirme : « On ne peut pas vous dire réellement ce qu’on ressent ».

Amnesty international n’a pas encore réagi à cette sortie du maire de Kolofata.

 

 


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