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Cameroun – manifestation anti – Paul Biya : ce qui s’est passé à Genève le 17 juillet 2021

La Bas aux prises avec la police de Genève, le 29 juin 2019.

Samedi dernier, les manifestants ont bravé l’interdiction des autorités suisses. Un rassemblement à eu lieu  aux abords de l’hôtel où séjourne le président camerounais depuis une semaine. Des forces de l’ordre étaient déployées pour empêcher l’accès à l’hôtel où est descendu Paul Biya.

Comme annoncé, la désormais célèbre B.A.S, brigade anti-sardinards, malgré l’interdiction du Département de la sécurité de la population et de la santé de Genève, a tout de même maintenu la manifestation. Non loin de l’hôtel Intercontinental, de l’avis du reporter de RFI, les manifestants brandissaient des pancartes proclamant « La Suisse soutient le dictateur Biya », « Paul Biya : éternel dictateur », ou encore « Biya dégage ». Face à eux, des policiers en uniformes anti-émeute bloquaient la route menant de la place des Nations, devant le palais des Nations unies, à l’hôtel. Certains manifestants ont ensuite tenté à  plusieurs  reprises de forcer le passage et jeté des œufs aux policiers, selon l’agence suisse ATS.

Ces derniers ont fait usage de canons à eau, gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc, contraignant la foule à se disperser. Deux personnes ont été légèrement blessées et une autre arrêtée. Un homme portait un t-shirt sur lequel on pouvait lire « Stop au génocide des Camerounais ». Un autre manifestant a été arrêté par la police après avoir tenté d’escalader les grilles du bâtiment de l’ONU.

Depuis le début de la visite du président camerounais, plusieurs petits groupes d’opposants ont été dispersés à Genève. Trois personnes ont été arrêtées en début de semaine, tandis qu’une douzaine d’autres ont été placées en détention vendredi.

La manifestation de samedi à Genève a été initialement autorisée, puis interdite. La police avait prévenu dans un communiqué mercredi que, comme cela s’était déjà produit lors de précédentes mobilisations anti-Biya, elle pourrait dégénérer et « causer des désagréments ». Il a également été conseillé aux habitants « d’éviter de se déplacer dans le quartier », où des restrictions de circulation ont été mises en place.

Parmi eux, Hilaire Djoumessi, un porte-parole des anti-sardinards à Genève, cité par JA. « Il vient se faire soigner à Genève. En 40 ans, il n’a pas daigné construire un seul hôpital qui pourrait profiter aux autres Camerounais, regrette-t-il. Il est hors de question, dans la situation actuelle, avec des prisonniers politiques, de la corruption, que dans ces conditions, monsieur Paul Biya vienne se soigner impunément à Genève. Nous ne pouvons pas accepter », s’indigne-t-il. Pour mémoire, le terme anti-sardinards fait référence aux sandwichs constitués de pain et de sardines en conserves qui étaient distribués aux populations lors des meetings du parti au pouvoir, le RDPC, Rassemblement démocratique du Peuple camerounais.

Les soutiens du président voient d’un mauvais œil ces manifestations tenues à l’étranger. « Le chef de l’Etat est le garant des institutions républicaines et à ce titre, il mérite beaucoup de respect. Il est donc hors de question que l’on aille perturber son séjour privé à l’étranger. C’est inadmissible. Nous ne pouvons pas tolérer de tels actes », souligne pour sa part Stève Michel Akaa, coordonnateur national du Collectif des jeunes patriotes avec Paul Biya, au Cameroun. Le collectif prévoit, lui aussi, sa manifestation mais celle-ci pour saluer le président lorsqu’il rentrera au pays.




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