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Cameroun: manifestations à Bamenda pour un retour à l’Etat fédéral

Des coups de feu ont été entendus lundi au cours des affrontements entre la police et les manifestants dans cette ville anglophone du Nord-Ouest, considérée comme la quatrième du pays

Lundi 21 novembre 2016. Fin de journée confuse dans les quartiers de Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest au Cameroun. Des internautes ont fait part de coups de feu lors des affrontements entre les jeunes de la ville anglophone et la police locale. Cet accès de violence intervient dans la continuité de la manifestation des enseignants de la région contre la discrimination dont fait l’objet le sous-système anglophone dans les politiques d’éducation nationale au Cameroun.

Ces affrontements, dont le nombre de blessés dans les rangs des civils ou de la police n’a pas été communiqué, ont été suivis de nombreuses arrestations. Mais fort heureusement, aucune victime n’est à déplorer pour l’instant.

Contacté par Africanews, le ministre de la Communication (Mincom) a affirmé ne pas être au courant de la situation et des revendications de « catégories socio-professionnelles » à Bamenda. Selon Issa Tchiroma Bakary, la priorité actuelle du gouvernement est l’organisation de la Coupe d’Afrique féminine de football qu’abrite le Cameroun.

Des sources sur le terrain parlent d’une grève qui a dégénéré en mobilisation populaire contre la discrimination dont se disent victimes les Camerounais « anglophones ». Une thèse confirmée par des images et des messages postés sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter. Des posts où on peut lire des mots d’ordre relatifs à l’absence de projets de développement dans les régions anglophones (Sud-Ouest et Nord-Ouest). Les manifestants demandent notamment le retour à l’État fédéral comme cela fut le cas entre 1961 et 1972.

Ce mouvement intervient à la suite du mouvement de grève organisé par des avocats anglophones qui se plaignent de la traduction imparfaite des textes de loi en anglais. Dans ce contexte, l’ambassade américaine à Yaoundé a émis des restrictions à ses ressortissants qui souhaitent se rendre dans les deux régions anglophones du pays.

Jusqu’en fin de journée lundi, des sources sur le terrain faisaient état de tirs de gaz lacrymogènes à plusieurs endroits de Bamenda, mais aussi du survol de la ville par des hélicoptères dans le but de situer les différents foyers de contestation.

On rappelle par ailleurs qu’en fin de semaine dernière, quatre syndicats d’enseignants camerounais, aussi bien de la maternelle que du secondaire, ont annoncé une grève illimitée dès le 25 novembre pour dénoncer la « non application », par le gouvernement, de résolutions arrêtées de commun accord.

Ils demandent au gouvernement de procéder, « sans délai », à l’application des décisions adoptées de manière consensuelle en 2012, mais aussi de convoquer dans un « bref délai » les assises du Forum national de l’éducation prévu dans le cahier de charges arrêté d’accords parties il y a 4 ans.


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