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Cameroun-Maroua: des fleuves improvisés en terrain de football en saison sèche

Mayo Maroua le 30 mars 2019. fin de match pour Paulin et ses amis. (c) journalducameroun.com

La saison sèche bat son plein dans la région de l’Extrême-Nord. Et en attendant les pluies, entre mai et août, le lit du Mayo Maroua sert de terrain de football et de carrière de sable.

Le Mayo Maroua-nom du fleuve qui sépare les communes de Maroua 1er et Maroua 2e, traverse la ville de Maroua-est complètement à sec ce 30 mars 2019. Les berges pratiquement arides laissent deviner le niveau qu’atteint habituellement l’eau, quelques 10 mètres de profondeur. Pas une seule goutte n’est visible en surface, pourtant, sous le Pont vert, dans la commune de Maroua Ier, un homme prend son bain à ciel ouvert. Il a creusé le sable pour trouver de l’eau.

A quelques mètres de lui, un jeune homme rempli du sable dans des sacs. Lui c’est Oumarou. Il a investi le Mayo à l’aube afin de se livrer à son activité économique. Son produit, le sable, il le vend à partir de 800 francs CFA le sac.

Des enfants ramassent des petits cailloux dans le lit du Mayo Maroua, le 30 mars 2019. (c) journalducameroun.com

Des enfants assis dans le lit asséché, tamisent du sable entre leurs doigts. L’opération leur permet de ne conserver que de petits cailloux qu’ils vont ramener à la maison. «On va mettre dans la cour afin de dormir dessus», explique l’une des gamines. La pratique est très répandue dans les rues de Maroua. Des personnes s’allongent sur du sable de jour comme de nuit pour profiter du vent. C’est que les températures avoisinent les 39°à Maroua, par ce temps de petite saison sèche.

Le Mayo est également improvisé en terrain de footballeur en attendant le retour des pluies en mai. Paulin et sa vingtaine d’amis en profitent pleinement et même les rayons de soleil déjà haut à 9h ne stoppent pas leur ardeur. «Nous sommes voisins au quartier et chaque jeudi, on vient jouer au football ici. Moi je veux être footballeur tout comme mes amis. Parfois des recruteurs viennent chercher des joueurs ici. C’est la raison pour laquelle nous venons ici», explique-t-il.

Plusieurs équipes de football se partagent les quelques kilomètres du lit qui traversent la ville. Des garçons de tous âges s’affrontent pour le plaisir du sport.

«Des gens meurent chaque année au retour de l’eau»

La saison pluvieuse est marquée par une forte pluviométrie dans les régions de l’Extrême-Nord, causant des inondations dans certaines zones. Le Mayo Maroua vient de Mora et Mokolo, entre autres. Elle s’écoule ensuite jusqu’à Garoua, dans la région du Nord Cameroun.

Le lit du Mayo Maroua asséché (c) journalducameroun.com

L’eau rejoint son lit avec une rapidité qui a souvent surpris plus d’un. «Quand l’eau arrive, les gens qui étaient ici courent pour sortir du Mayo. Mais certains meurent chaque année avec le retour des pluies. Il s’agit surtout des « nangas » [Sans domicile fixe en argot camerounais] qui dorment ici sous le pont la nuit. Donc l’eau les surprend souvent pendant le sommeil et beaucoup meurent», explique Oumarou. Pour le moment, ajoute-t-il, il n’y a pas de raison d’avoir peur. L’eau ne reviendra pas d’ici tôt.

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