Politique › Sécurité

Cameroun : Médecins sans frontières nie toute accointance avec les Ambaboys

Personnel de MSF

Dans une déclaration publiée ce 28 décembre, l’ONG s’oppose aux accusations de l’armée camerounaise qui dit avoir décelé des complicités avec des combattants sécessionnistes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Seulement, Médecins sans frontières ne se prononce pas sur certains détails donnés par le ministère de la Défense. Notamment l’interpellation d’une «fausse fiche d’évacuation »  des combattants sécessionnistes.

Ci-dessous la déclaration de MSF

 

Dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 décembre, le centre d’appels d’urgence de l’organisation médicale humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) a reçu un appel concernant une personne blessée ayant besoin d’une assistance médicale urgente dans la zone sanitaire de Tinto.

L’une de nos ambulances est parvenue à prendre en charge le patient au matin dans la zone d’Ashum. Etant donné son état grave, il a dû être transféré à Mutengene via Kumba pour y subir une intervention chirurgicale.

Comme convenu et régulièrement appliqué, MSF avait au préalable contacté les autorités militaires locales. Nos équipes les avaient informées du transfert d’un patient blessé à Mutengene. Toutefois, une fois arrivée au point de contrôle de Nguti, l’ambulance a été arrêtée par les forces de sécurité camerounaises et contrainte de retourner à Mamfe, où le patient a dû être traité et stabilisé.

Depuis, nous sommes en contact avec les autorités pour comprendre l’origine des problèmes de communication relative à ce transfert de patient, afin d’éviter de nouveaux incidents de ce type avec nos ambulances.

Concernant cet incident et les allégations publiées dans certains médias, MSF se doit ici de rappeler que :

         1. Au Cameroun comme partout ailleurs dans le monde, MSF traite les personnes sur base des seuls besoins médicaux, indépendamment de leurs origines ou de leurs affiliations. Cette action médico-humanitaire impartiale et neutre est notamment protégée par les Conventions de Genève, qui précisent que les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, y compris les membres de forces armées qui ont déposé les armes et celles qui sont mises hors de combat par maladie, blessure, détention ou toute autre cause, seront, en toutes circonstances, traitées avec humanité, sans aucune discrimination basée sur la race, la couleur, la religion ou les croyances, le sexe, la naissance ou la richesse, ou tout autre critère analogue.

        2. Le fait d’entraver et d’obstruer notre travail met la vie des patients en danger.

        3. Les allégations de complicité avec tout acteur d’un conflit mettent les patients et le personnel de MSF en danger grave et immédiat.

       4. Nous appelons donc chacun à faire preuve de responsabilité dans ses déclarations et publications relatives à notre action humanitaire dans le pays. La diffusion d’informations portant atteinte à notre réputation d’organisation humanitaire neutre, impartiale et indépendante met en danger la vie de nos équipes et de nos patients dans un contexte déjà très sensible. 

Les équipes de MSF travaillent au Cameroun depuis 1984.  Aujourd’hui, nous mettons en œuvre des projets dans l’Extrême-Nord, le Sud-Ouest et à Yaoundé, soutenant ainsi l’accès aux soins dans les communautés et les hôpitaux, la promotion de la santé, fournissant des soins chirurgicaux, des traitements du paludisme ou contre la COVID-19.  En 2020, nous avons traité plus d’un million de patients au Cameroun. En décembre 2020, les activités de MSF ont été suspendues par les autorités dans la région du Nord-Ouest et nous dialoguons toujours avec les autorités afin de permettre un redémarrage de notre appui médical dans cette région. Dans la région du Sud-Ouest, MSF a actuellement déployé des équipes médicales dans les districts sanitaires d’Ekondo-Titi et de Bakassi, où une épidémie de choléra fait rage.

Médecins sans frontières


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