Opinions › Tribune

Cameroun: message d’alerte à Maurice Kamto, candidat déclaré à la présidentielle de 2018

Par Jean Claude Ndjamen, journaliste/écrivain

Mon cher compatriote par ailleurs professeur émérite,
je souhaite vous dire dans la foulée de votre tournée annoncée en Europe en vue de rencontrer la diaspora camerounaise que vous devez intégrer à jamais une formule que j’emprunte volontiers à mon frère et confrère Abdelaziz Moundé avec qui je discutais cet après-midi à savoir que « DIEU EST AU CIEL, ETOUDI SUR TERRE ». Cette formule est désormais et le sera davantage pour tous les autres candidats à la magistrature suprême au Cameroun la clé du choix des Camerounais qui aspirent désormais à une démocratie à bien des égards loin d’une parodie. (J’emprunte cette expression magistrature suprême à bons escient à mon cher confrère aîné Charles Ndongo qui mieux que quiconque a su pendant tant d’années attacher cette station présidentielle à un seul homme: celui du 6 novembre 1982, Paul Biya).

La chance du Cameroun c’est qu’il n’aura eu en dehors de Dieu, pardonnez du blasphème que deux « dieux » Amadou Ahidjo et Paul Biya qui l’un pendant 22 ans et l’autre depuis 32 ans et toujours en activité ont été considérés comme la lucarne, la boussole du pays. Leurs limites sont connues qui n’en font plus des saints or Dieu est saint et tout-puissant. L’un a connu l’exil, mis à l’écart par son propre successeur, l’autre règne et régnera encore mais pas éternellement parce que simplement humain, le poids de l’âge ne trompe pas. La cacophonie gouvernementale qu’une certaine presse camerounaise étale de plus en plus démontre à souhait que le patron a perdu un peu de vigilance. Ceci me rappelle un voisin qui dans un quartier de Deido où je passais des vacances chez ma s ur aînée (paix à son âme) était craint par tous les enfants.

Tous les parents faisaient appel à ce dernier pour mettre de l’ordre chez eux, sanctionner les enfants entêtés et paresseux jusqu’au jour où ses plus jeunes enfants et ses petits-enfants commencèrent à jouer aux cartes ( communément appelé « Djambo » au Cameroun) Dans sa propre maison où entraient par ailleurs désormais filles et garçons à souhait jusque dans les chambres sous ses yeux, il s’écria un jour me dit un ami qui fréquentait le lieu: « Le lion est mort » Il était encore pourtant vivant et vécu encore très longtemps. Il rugissait de temps en temps mais ne mordait pas et ne faisait peur à personne. Mais ses grands enfants en tiraient parti etc. Ça nous rappelle d’ailleurs un certain discours de fin d’année sans effet depuis lors.

Professeur, y voyez-vous un lien avec mon message d’alerte? Non ça n’est pas évident et je vous le concède. Mais c’est juste pour vous dire que si vous comptez rencontrez la diaspora comme Paul Biya rencontre la diaspora tirée sur le volet par ses services, l’exemple des 23 camerounais de France par lui reçus il y a juste deux années si mes souvenirs tiennent parmi lesquels mon cher confrère Abdelaziz Moundé, ne vous méprenez pas sur les résultats d’un tel voyage. Aucun succès n’en sortirait.

Le Cameroun a désormais besoin d’un président proche du peuple. Au pays comme à l’étranger, rencontrer les Camerounais c’est rencontrer les Camerounais de toutes les couches sociales, de toutes les horizons, de façon populaire, c’est construire avec eux en le sachant d’eux un projet qu’ils auront inspiré etc. Ni John Fru Ndi, Adamou Ndam Njoya ont bien rencontré la diaspora mais quelle diaspora?

La politique ne peut plus se faire en Afrique et notamment au Cameroun comme avant avec un homme providentiel, le sauveur, un « dieu », père de la nation, chef suprême de tout, guide éclairé, don de Dieu. Cette pratique a vécu.

Vous êtes parmi les meilleurs camerounais de votre génération et de votre spécialité, si vous vous battez pour un Cameroun meilleur, pour la démocratie et le développement de ce pays, l’une des alternatives qui devra inspirer l’alternance sera sans aucun doute la capacité du président à n’être plus qu’un « dieu ». Il devra être simplement être le premier citoyen disposant de droits mais surtout de devoirs. Cela suppose humilité, écoute, pas d’arrogance et surtout une équipe qui sache de quoi on parle. Les instructions doivent venir de vous sur la manière dont vous souhaitez rencontrer les Camerounais et vos collaborateurs jugés sur les résultats. On a assez entendu que le président est bon et l’entourage mauvais sauf quand il choisit Roger MILLA et que les résultats sont flatteurs.

Vous en souhaitant bonne réception, j’ai l’honneur monsieur le président du MRC de vous suggérer comme à tous les leaders politiques cette voie. Personne ne gagnera les élections au Cameroun sans alliance face à un système installé; je parle d’alliances politiques autour des valeurs simples loin de celles qu’on a subies. Nous nous battons contre le structurel actuel et non contre des hommes quels qu’ils soient. Le combat restera intact s’il n’y a pas de changement structurel dans notre pays. Les Camerounais seront respectés, ils devront l’être par l’homme qu’ils choisiront pour les servir et non pour qu’ils le servent.

Très respectueusement.


Droits réservés)/n


A SAVOIR

- Les opinions et analyses présentées dans cette rubrique n'engagent que leurs auteurs et nullement la rédaction de Journalducameroun.com.

- JournalduCameroun.com n'est pas responsable des affirmations qui y sont présentées et se réserve le droit de modifier ou de retirer un article qui diffamerait, insulterait ou contreviendrait au respect des libertés publiques.

L’Info en continu
  • Cameroun
  • Afrique & Monde
Toute l’info en continu
À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Back top
error: Contenu protégé