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Cameroun: Message de Voeux du RDMC

Par Chief Mila Assoute, président du Rassemblement Démocratique pour la Modernité du Cameroun

Camerounaises, Camerounais,
Militantes et militants du RDMC,
Mes chers concitoyens,
Les fêtes de fin d’année 2012 me donnent l’occasion de vous adresser très chaleureusement à nouveau, nos sincères v ux d’espoir pour l’avènement possible d’un autre Cameroun. La déliquescence continue de la situation politique, économique et sociale de notre pays, nous oblige à vous parler. Elle n’autorise pas, sans envisager un coup d’arrêt politique majeur à la décrépitude actuelle de la gestion de notre intérêt général, à continuer de présenter des v ux pieux à nos populations exsangues. La misère est à son comble dans tous les compartiments du tissu social, sauf au sommet de l’Etat et parmi les criminels à col blanc. Les détournements de fonds se poursuivent… Nous savons tous que nos populations sont exposées à court terme, à des cataclysmes sociaux d’une gouvernance calamiteuse et d’une fin de règne mal préparée. Les communautés nationale et internationale en sont inquiètes. Le calendrier électoral est sans cesse modifié, les députés et les maires sont reconduits à répétitions sans mandat, pour se donner le temps d’organiser et bien ficeler la triche avant toute prise de risque des consultations… Nous sommes parvenus à un postulat clair et net : Tout ce qui vous sera raconté de nouveau pendant ces v ux par le chef de l’Etat, n’a pour but que de renforcer une démocratie de façade. Ils ne travaillent ni pour le progrès du Cameroun, ni pour la paix. La confiscation du pouvoir « ad vitam aeternam », au prix du chaos s’il le fallait est sa seule ambition politique. Les esbroufes manipulatrices démultiplient les tripatouillages des textes électoraux et Constitutionnels en vigueur à cette fin.

Mes v ux de 2013 que je formule pour vous, sont ceux de voir notre pays sortir de cette spirale illusionniste, de gré ou de force. Un coup d’arrêt à la tyrannie, à l’injustice et à la gabegie est impératif pour redresser notre pays. Je vous souhaite les voeux d’espoir d’un grand soir, ce jour où les sourires partagent le rayonnement des visages libérés. Des millions de visages de nos compatriotes sont actuellement marqués par la peur, gagnés par la faim, les désespoirs et les défaitismes, ils scrutent le ciel… J’en suis en réalité meurtri et peu enclin, vu les perspectives, à m’adjoindre heureux, aux civilités festives. Dans notre contexte politique, les cérémonies des v ux sont réduites à de la jactance de circonstance. Le Cameroun tel qu’il se porte aujourd’hui a des craintes pour ses lendemains. c’est pourquoi mes v ux appellent à la méditation, au bilan de l’année qui se termine et à l’inauguration des perspectives nouvelles et d’espoirs réels pour l’année qui commence. Je sais que plus que des voeux à lui présenter, notre Peuple a besoin de rêve, d’actions politiques fortes, audacieuses, courageuses et libératrices. Notre engagement à donner corps à ces attentes répond aux craintes exprimées. Le tripatouillage des inscriptions biométriques est de mauvaise augure pour ceux qui font encore confiance au régime de Yaoundé… Il n’est un secret pour personne et je le réaffirme, que nous avons créé un organe de résistance politique et de libération nationale.(CNL) Nos objectifs déclarés ne font pas mystère et il n’est plus nécessaire d’y revenir en cette période.

Mes v ux patriotiques les meilleurs et de fraternité s’adressent également à toute l’armée de défense nationale et à leurs familles. Elle a des responsabilités à assumer pour l’avènement d’un pays juste. Le dialogue a cette date n’a prouvé que ses revers. Lorsque l’opposition accepte tout dialogue pour préserver la paix, il se transforme en poker-gagnant de bonimenteurs du pouvoir, au détriment du Peuple qui souffre. En cette même période en fin 2010, m’adressant à vous, nous placions tant d’espoir que l’an 2011 vous offrirait l’occasion historique de vous exprimer librement, démocratiquement dans les urnes. Nous savons tous ce qu’il en a été : exclusions, fraudes et enfin, coup d’état Constitutionnel. Notre premier choix politique a toujours été démocratique. Le RDMC notre parti, s’est investi en vain politiquement, physiquement, matériellement et financièrement. Pendant 10 ans il a été interdit de solliciter vos suffrages. La présence effective de ses représentants dans les 368 démembrements d’Elecam en a donné la preuve. Ils en ont été exclus abusivement.Vous connaissez le sort réservé à nos candidatures: rejets 2 fois consécutifs en 2004 et 2011 pour ce qui nous concerne. En faisant acte de candidature, nous avions comme d’autres aujourd’hui encore, foi en la vérité des urnes par lesquels le Peuple donne le pouvoir. Faut-il continuer d’y croire, alors que toutes les réformes politiques entreprises par le régime en place sont des gadgets tirés de sa boîte de pandore pour réduire au silence le Peuple et anéantir les velléités alternatives internes et les observations critiques internationales contre sa gouvernance? A chacun d’y répondre. Faut-il continuer à légitimer les coups d’état Constitutionnels qui émanent d’une collusion juridictionnelle avec l’exécutif où le juge apparaît comme un bourreau? L’opposition elle-même qui évolue dans un environnement juridique vicié s’est ankylosée dans la durée, elle s’est subdivisée au gré des intérêts égoïstes. Elle manque de rapport de force, compromise, ruinée par l’abjection des efforts de deux décennies d’échecs programmés par l’exécutif et victime de la corruption morale et parfois financière qui en a résulté, elle navigue.Le Peuple découragé se dépolitise.
Faisons un bilan rétrospectif des années précédentes :

Au plan social,
Notre pays n’a cessé depuis 25 ans de sombrer progressivement dans les abysses du chaos social: le taux de chômage est de 54% et touche plus de 4 millions de jeunes , 75% de sous-emploi écrase le monde rural. La population terrorisée par des malfrats vit des drames qui se succèdent, l’insécurité urbaine s’amplifie or, notre potentiel économique et démographique, la variété de nos talents et le dynamisme de travail des populations nous prédisposent à un destin différent qui réduirait considérablement les tensions sécuritaires. Notre pays a tout pour qu’un bon gouvernement assure aux générations présentes et futures, un avenir étincelant en Afrique centrale qui retiendrait nos jeunes sur notre sol que beaucoup d’entre eux fuient… Nos infrastructures sociales sont devenues des engins de la mort: voyager sur nos routes c’est accepter de se faire tuer, les déraillements des trains de la compagnie nationale des chemins de fer bradée aux seules mains étrangères, (comme de nombreuses autres compagnies nationales) en violation des dispositions légales prévues en 1961 à la création de la SNI, ont fait de nombreux morts l’an dernier, aucun aménagement, ni indemnisation des victimes s’en est suivi ; les évènements tragiques de février 2008 à l’origine des massacres de plus de 200 personnes sont dans les mémoires, ils résultaient de la misère qui s’aggrave. Les inondations à l’Extrême-nord se succèdent au fil des ans : 400 morts des suites de choléra pour la première inondation, la seconde en 2012 a fait plus de 100 morts et des milliers d’habitations et vies réduites sous les eaux, en laissant à la rue plus de trois milliers de personnes sans abris. les coupeurs de route enlèvent des citoyens, des enfants, rançonnent, terrorisent, tuent. Le manque d’eau et d’électricité dans nos villes, et singulièrement dans nos métropoles politiques et économiques se poursuit sans espoir de solution de court terme, exposant la population à une catastrophe humanitaire. La présidence de la République, un haut lieu du pouvoir, est, elle aussi touchée par cette pénurie humiliante au 21e siècle… Cette année encore, comme par le passé, le pays a enregistré plusieurs centaines de morts par accidents de la circulation sur nos routes obsolètes. Les effets domino du chômage se répandent dans la société comme des métastases… La vie cher que « le gouvernement Yang » avait mission en 2009 de réduire en 6 mois est encore plus galopante. L’enseignement scolaire et universitaire est délivré au rabais et poursuit cette tendance à la médiocrité dans des universités sans laboratoires équipés ni moyens de recherches, les enseignants humiliés ; les hôpitaux dits de référence sont en réalité des mouroirs, des lieux de corruption où le malade pourtant démuni est rançonné, les trafics de nouveaux nés y sont dénoncés, les médecins insuffisants en nombre sont mal payés et manquent de matériels de travail indispensables à la pratique de leur métier. Les prisons sont pleines à craquer et quelques détenus tentés par la fuite de ces lieux de la mort que constitue le milieu carcéral sont abattus aux armes comme des bêtes.Que dire des veuves, des personnes âgées retraitées sans revenus, des orphelins et des handicapés qui broient du noir au quotidien, ignorés dans l’exclusion et l’injustice sociale ? Les journalistes meurent désormais de plus en plus d’accidents de circulation, d’agressions des « bandits », la presse a peur, certains se laissent corrompre, les forces de l’ordre s’empoignent entre elles .! Je vous adresse à tous mon réconfort moral et mes voeux d’espoir.

Au plan économique,
Notre pays qui a des atouts extraordinaires ne produit rien sur place parmi les besoins manufacturiers en dehors des alcools, tout vient de Chine, d’Europe, d’Amérique.les matières premières sont exportées brutes sans une transformation sur place qui aurait donné de la valeur ajoutée.Les paysans restent abandonnés à leur triste sort agricole, la production décroit sans cesse. Le surendettement du pays a repris, sans aucun effet sur la production, le chômage, la croissance partagée. Le transfert du savoir faire complexe n’est pris en compte dans aucun des contrats des projets dits structurants, la part belle est faite aux intérêts étrangers. Les ressources naturelles du Cameroun et nos terres sont vendues purement et simplement. Les joints-ventures servent à brader les intérêts de l’Etat qui ne représentent parfois guère que 10%, qu’il s’agisse de l’exploitation des terres agricoles, des mines, de l’exploration pétrolière, des forêts, du fer, du gaz, des ports en eau profonde. Les « grandes réalisations sont de nouvelles chimères qui rappellent la virtualité des slogans précédents : « les grandes ambitions », « les bouts du tunnel », « l’atteinte du point d’achèvement ». On parle désormais d’un Cameroun émergent en 2035, alors qu’il manque aujourd’hui de l’eau à boire et des toilettes y compris à la présidence de la République, obligeant les soldats de la garde présidentielle à déféquer dans la broussaille qui entoure le palais présidentiel. ! Les crimes économiques deviennent encore plus sophistiqués: les scandales financiers inondent les allées et le coeur du pouvoir malgré les dénégations. le système financier est esclavagiste, les banques sont sur-liquides et ne prennent aucun risque d’investissements avec les épargnants locaux, l’informel est dominant, la croissance sur du papier est de (4,5%) sans effet sur les revenus des ménages, les statistiques démographiques sont obscurs, les indices de progrès sont déclinants, le standard de vie des populations est réduit dans les bas-fonds apocalyptiques où la vie côtoie la mort au quotidien. La cohabitation avec les rats et les cafards est devenue normale, la pression fiscale nourrit la corruption et les détournements.La lutte contre la corruption s’est muée en une arme politique sélective, déviée de son but, elle ne ramène pas l’argent volé, la justice est instrumentalisée.etc. Le déficit énergétique du Cameroun pénalise l’industrie. il est de plus de 3.000MW à ce jour, pour un pays qui envisage d’en produire 4000MW d’ici à l’an 2020 et qui n’en produit que 500 à 600MW depuis 50 ans d’indépendance dont 30 ans sous Paul BIYA! Les progrès économiques à accomplir au Cameroun restent immenses et sont urgents lorsque l’on sait que les pauvres constituent encore plus de 50% de la population. Il faut bâtir un modèle de développement économique capable de créer la richesse, la valeur ajoutée, de résorber le chômage et de réduire les inégalités : en somme, une économie à visage humain capable d’assurer l’équité, de sauvegarder l’environnement et de protéger les droits des générations futures.

Au plan politique,
La mise en place des institutions prévues par la Constitution, le Conseil Constitutionnel et le Sénat toujours attendues… L’exécutif entend garder le contrôle absolu du Conseil Constitutionnel pour verrouiller les élections… Le dernier texte de loi soumis à l’examen des députés en préparation du « fonctionnement annoncé » de ces institutions n’en font aucun mystère. Malgré l’introduction de la biométrie dans le processus électoral pour donner du crédit à la refonte des listes électorales, les dirigeant d’Elecam, l’organe électoral inféodé par le pouvoir, innove dans leur capacité à manipuler les inscriptions des populations, à jongler avec le calendrier électoral et les statistiques démographiques. C’est dans ce contexte que, suscitant un espoir nouveau, je vous ai proposé une politique nouvelle, alternative, pour remédier à cette navigation à vue qui engendre la décadence nationale. l’on nous en empêche. Notre vision rêve d’une société plus juste et moderne, au label des valeurs politiques, économiques et architecturales endogènes.Un autre Cameroun de progrès auquel nous croyons, est possible ! A cette fin, vous le savez tous, j’avais mobilisé de nombreux compatriotes, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, au sein d’un parti politique, le Rassemblement Démocratique pour la Modernité du Cameroun, le RDMC. Cet extraordinaire élan d’engagement politique nouveau, a été très favorablement accueilli par les populations et son projet pionnier a suscité un espoir alternatif dans l’ensemble du pays et la Diaspora. Nous voulons la reconstruction d’un grand pays d’avenir et de rêve, à la dimension des attentes de notre jeunesse et de notre Peuple tout entier, pour le cinquantenaire prochain. Il nous faut mobiliser nos immenses richesses naturelles et culturelles, fixer un nouveau cap de formation à nos jeunes en vue de l’appropriation des technologies et des savoir-faire complexes. Nous devons offrir des possibilités de travail mécanique et de production extensive à nos populations paysannes. Un cadre incitatif de créativité pour nos compétences diverses dans des domaines de la recherche et des technologies pointues et variées est indispensable pour rattraper nos retards. Le retour des compétences de la Diaspora qui parfois végètent à l’étranger ou qui y sont exploités par d’autres nations, doit être pensé en urgence. Un code des investissements attractifs est favorable à la cohérence globale des rêves de développement : c’est un outil de progrès indispensable à l’attractivité des investissements créateurs d’emplois.

Au plan international,
Le Cameroun est déclassé, victime d’atonie, il a perdu voix au chapitre et n’a plus le respect d’aucun pays, y compris en Afrique centrale où malgré son poids démographique et économique, (36%), malgré son positionnement stratégique et jadis son avance de progrès industriel sur les pays frères, l’absentéisme notoire et la déraison politique ont relégué ces acquis à des années lumières. Mes chers compatriotes, Je ne peux occulter ou me débiner de mes engagements propres il y a quelque temps: en cette même occasion en 2010, dans l’élan de campagne et de coeur, j’ai fait des promesses d’aider, sur fonds propres, nos compatriotes malades dans l’arrière-pays. Les contingences politiques et obstructions nombreuses et ciblées n’ont pas encore permis, l’implémentation de ce projet symbolique qui sera tenu, soyez en assurés.

Mes chers compatriotes,
En entrant dans l’année 2013, je suis confiant que notre avenir se dessine en mieux, que notre tragédie prendra fin par nos efforts communs, par le dialogue ou par le rapport de force, et surtout par les sacrifices à consentir ensemble. Je sais que le Cameroun est un pays de paix. Je n’ignore pas que nos populations redoutent les drames de la confrontation politique de rue. Mais il n’y a pas lieu de feindre que la coupe est pleine, que le dialogue sincère est bloqué, que les gaz sociaux menacent de faire sauter le couvercle si nous ne l’ouvrons pas courageusement nous-mêmes, et surtout que notre pays n »échappe pas au spectre des solutions ultimes. Il nous revient (et je l’appelle de tous mes v ux), en synergie avec toutes les forces de progrès incluant l’armée nationale dont le premier devoir est de protéger la nation, d’assurer au Peuple un meilleur destin. Notre pays a besoin d’un souffle et d’un espoir nouveaux, la chance doit être donnée à notre jeunesse et plus largement à notre progéniture de poursuivre un chemin glorieux dans un pays de paix durable et de modernité sociale avec pour piliers, la liberté, la démocratie, l’Etat de droit et la justice sociale. L’excellence, le progrès commun, le respect et le partage en sortiront. Pour terminer, je vais vous souhaiter à tous, mes chers compatriotes, chers frères et s urs, où que vous soyez, quel que soit votre statut et vos idées, en mon nom propre et celui du CNL qui ne se départira pas de son agenda patriotique, de passer une bonne et heureuse fête de nouvel an, en formulant à l’endroit de chacun de vos familles, mes sincères v ux de courage, de santé, de paix durable, d’engagement pour notre pays et d’espoir au cours des mois à venir.

Vive le Cameroun.

Chief Mila Assoute, président du Rassemblement Démocratique pour la Modernité du Cameroun
njanguipress.com)/n
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