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Cameroun: «Meyong Meyeme», une histoire d’amour

La pièce est en représentation au pays et dans la sous-région

«Meyong Meyeme», celui que tout le monde aime. C’est l’histoire d’un joueur de Mvet, cithare traditionnelle d’Afrique Centrale, très réputé et qui grâce à son doigté exceptionnel réussi à séduire toutes les filles de son village. Mais le c ur ayant ses raisons que même la raison ignore, il tombe amoureux d’une femme de l’au-delà, Eding et doit braver de nombreux obstacles dont la mort, pour retrouver sa bien aimée.

Ce sont toutes les péripéties qu’il traverse que la pièce retrace, déclare Léonard Logmo, administrateur de l’association Rencontre de développement. Laquelle est actuellement en tournée nationale avec ladite pièce. Sur la scène, six acteurs dont trois femmes et trois hommes, dans un décor tout aussi changeant et jouant que les acteurs eux-mêmes. Le spectacle associe aisément acteur et marionnette, ce qui constitue en fait l’originalité de la pièce. En plus, il faut compter sur le brassage interculturel pour séduire, un pari que l’association a déjà réussi en partie lors de sa tournée internationale qu’elle vient de suspendre pour tourner à travers le pays. La représentation de cette pièce au centre Culturel Français de Douala sera la douzième et on est toujours excité à l’idée de monter sur scène avoue par ailleurs Issa Yinkou, acteur et personnage de la pièce. A chaque fois on s’interroge sur comment le public va réagir, d’autant plus que nous traitons des sujets sociaux et tout le monde se sent toujours concerné, explique t-il. Meyong Meyeme par exemple remet au gout du jour la problématique de la dot dans nos coutumes et tient à démontrer en même temps son intérêt et sa valeur sur le plan traditionnel, mais surtout son impact dans le foyer.

«Les politiques ont peur du théâtre»
C’est la raison pour laquelle cet art est autant négligé au Cameroun, explique sous un air farouche Issa Yinkou. Lui qui fait du théâtre depuis une trentaine d’années pense qu’il n’y a pas de véritable politique du théâtre dans notre pays. A l’époque, se souvient-il, le théâtre avait un public mais aujourd’hui, nous sommes abandonnés à nous-mêmes. Une situation que Léonard Logmo explique par l’absence de développement du public. On doit pouvoir intégrer le théâtre à l’école pour que les enfants grandissent avec lui. Les politiques pensent que le théâtre est un métier dangereux parce qu’il décrie, et très souvent de manière crue, les réalités de notre société et partant, de nos dirigeants. Avec le théâtre on cogite, on a le temps de réfléchir et de déceler les réalités, c’est pour cela qu’ils préfèrent investir dans la musique par exemple, où on n’a pas toujours le temps de bien penser à ce qui s’y dit. Malgré tout, nous croyons en l’avenir, et tout compte fait, c’est parce que nous sommes passionnés que nous continuons à exercer dans ce domaine oh combien difficile; Car ceux qui viennent et repartent d’un coup, c’est parce qu’ils trouvent qu’il faut du travail, renchérit Issa en guise de conclusion.

Après le CCF de Douala, la troupe poursuit sa tournée, respectivement par les alliances franco-camerounaises de Buéa le 24 septembre, Dschang le 30 septembre et Bamenda le 02 octobre 2010. Après quoi la troupe compte reprendre sa tournée internationale, notamment en Afrique et dans la sous-région.

Une scène de la pièce Meyong Meyeme
Journalducameroun.com)/n
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