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Au Cameroun, des militaires indexés dans une exécution de femmes et d’enfants

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Pour cette Ong, la vidéo montrant l’exécution de deux enfants et leurs mamans est la « preuve » des exécutions extrajudiciaires pratiquées par des militaires camerounais.

 On n’a pas fini de parler de la scène d’exécution de deux femmes et deux enfants par de présumés militaires camerounais. L’Ong Amnesty international a publié jeudi un rapport d’enquête qui présente ses « preuves » que les auteurs de cet assassinat appartiennent aux forces de défense camerounaises.  Une version qu’avait écartée, le 11 juillet, le porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary.

L’enquête menée par des experts d’Amnesty international s’appuie sur une analyse des armes, des dialogues et des uniformes de la vidéo. A cela s’ajoutent des techniques de vérification numérique et des témoignages recueillis sur le terrain.

« Sur les images, on voit les militaires se servir d’un fusil Galil ou Zastava M21, ainsi que de Kalachnikov. L’arme qui a été utilisée serait un Galil ou un Zastava M21, deux armes extrêmement similaires et relativement rares. La seule force de la région [Afrique subsaharienne] à être équipée de Galil est un petit sous-ensemble de l’armée camerounaise. »

Les uniformes et les armes des hommes qui apparaissent dans la vidéo sont caractéristiques de l’armée camerounaise.  Ammnesty international soutient qu’il serait possible d’identifier les auteurs de cette scène grâce aux noms et grades utilisés par l’auteur de la vidéo. Notamment, le deuxième classe « Cobra » le caporal-chef « Tchotcho ».

« Ils sont suivis par une dizaine de personnes qui, d’après les sources consultées, appartiennent très probablement au comité d’autodéfense du village voisin. Il y a de fortes chances que la vidéo ait été filmée dans le département du Mayo-Tsanaga (région de l’Extrême-Nord). La végétation est globalement homogène et correspond à celle qui apparaît sur d’autres séquences tournées dans la zone. La culture en terrasses, visible sur les images, se pratique dans le Mayo-Tsanaga. On trouve également dans ce département des rochers, des montagnes et des arbustes (appelés « tchaski » par la population locale) comme ceux que l’on voit sur la vidéo», explique cette même Ong.

L’Ong émet le vœu que toute personne susceptible de porter une quelconque responsabilité dans ces crimes de droit international, soit traduite en justice.

 

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