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Cameroun: Motos taxis, le délai du premier ministre a expiré le 30 juin 2009

A Douala, les « bendskinneurs » ont pris d’assaut les autos écoles et le bureau des transports pour avoir les papiers requis

Dès le mercredi, 1er juillet 2009, les conducteurs de moto taxis ont eu l’obligation de présenter quatre pièces de leur dossier, afin d’être autorisés à poursuivre leur activité dans la cité économique. Il s’agit de la carte nationale d’identité, du permis de conduire, de la carte grise et d’une assurance. Cette mesure gouvernementale, avait bien sûr, fait grincer les dents des uns et des autres, outre l’interdiction aux dits conducteurs de circuler prochainement dans le centre ville, mais seulement à certains endroits bien définis de Douala.

Pendant plusieurs mois, les plus sages ont pris les dispositions nécessaires avant le date line, mais comme toujours, nombreux sont ceux qui attendent la dernière minute pour se ruer dans les autos écoles, commissariats, bureau des transports et autre compagnies d’assurance, afin de suivre la procédure nécessaire, dont l’aboutissement est l’obtention des pièces exigées par les autorités dans le cadre de la régulation de ce secteur d’activité au Cameroun, notamment à Douala. Une affluence qui oblige les responsables à revoir leur chronogramme d’activité. Benjamin Eyidi, directeur technique d’une auto école à Douala explique: actuellement, nous avons lancé une campagne de formation des motos taxis, nous avons conçu un programme spécial pour eux. Programme composé de deux parties : une première partie essentiellement théorique où nous essayons d’inculquer des notions basées sur le code de la route. A côté de cela, il y a des règles de circulation spécifiques à la conduite des motos, la gestion des priorités au niveau des intersections. Nous avons également la conduite pratique proprement dite qui se focalise sur un ensemble d’éléments et de techniques qu’il faut appliquer pendant l’activité de conduite dans de situations normales, et dans des situations présentant des difficultés particulières. Selon M. Eyidi, la plupart des conducteurs sont ceux qui viennent découvrir pour la première fois les règles de la conduite et qui sont amenés à comprendre que la résolution de leur situation actuelle, ne passe pas forcément par l’obtention d’un permis de conduire. Ce n’est pas par ce qu’on voudrait régulariser leur secteur d’activité aujourd’hui qu’il faut absolument croire que tout s’articule autour du permis de conduire. Non ! Ils doivent comprendre que le permis de conduire ici, n’est que le diplôme qui doit sanctionner leur formation. Donc, ils sont obligés de passer d’abord par la formation, martèle M. Eyidi. Mais, nombreux sont ceux qui estiment que le réel problème, à savoir celui de la sécurité routière, ne sera pas résolu par la seule obtention de cette pièce ainsi que des trois autres.

Robert Nana, bien intégré dans ce milieu souligne: il n’y a que la formation dès le bas âge, qui peut favoriser la réduction des accidents de la route. Il faut apprendre aux enfants lorsqu’ils sont encore tout petits, ce que c’est par exemple un panneau de signalisation, le marquage routier,. Tant qu’ils n’ont pas cette connaissance de ces signaux, ils seront toujours exposés, car c’est en grandissant et en apprenant ces signalisations et symboles, qu’ils peuvent comprendre les dangers de la route. C’est fondamental!. Sur la réduction de 10 à 4 du nombre de pièces exigées, Robert Nana est ferme : on oublie un aspect assez important à mon avis. On exige le permis A pour pouvoir circuler en moto, mais la plupart des bendskinneurs ont le permis B. Ce qui suppose que le conducteur a connaissance des panneaux de la route, de la signalisation routière. Pour un début, je pense que le gouvernement devait revoir cela, et permettre que lorsqu’on présente un permis de conduire qui est un diplôme reconnu par l’administration, que cela suppose que celui-là respecte le code de la route. Or quand le permis A (qui permet juste d’avoir une connaissance de la signalisation) est exigé, on oublie que le permis B est plus approfondi. Donc, ceux qui ont le permis B doivent circuler selon M. Nana qui déplore également le fait que le gouvernement n’ait pas exigé le port de casque. Les médecins disent que lorsque quelqu’un à bord d’une moto se renverse, il a un traumatisme crânien. Par contre avec des casques de sécurité, on a plus de chance de récupérer l’accidenté. Le casque devait absolument être exigé pour les conducteurs. Tout comme des chaussures de sécurité doivent être exigées, poursuit Robert Nana.


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