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Cameroun-Nécrologie: le journaliste Jean Baptiste Sipa n’est plus

Jean Baptiste Sipa (c) Droits réservés

 L’éditorialiste qui a fait les beaux jours de la presse camerounaise est décédé ce 10 juillet des suites de maladie.

Quelques heures après l’annonce, des hommages fusent au sein de la presse. « Avec la mort de Jean Baptiste Sipa, la presse camerounaise perd l’une de ses plumes les plus sûres et pointues. Avec Article 55, il était un défendeur acharné de la liberté d’expression. Le 03 mai 2019, le Snjc a eu le privilège de son dernier cours aux Universités tenues à Yaoundé », écrit sur son compte twitter, Denis Nkwebo, président national du Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc).

« Il avait horreur qu’on lui serve du « Dp ». Cela le rendait mal à l’aise au point où il refusait carrément de répondre. Il exigeait qu’on l’appelle « Coach » parce que, martelait-il à se collaborateurs,  « Le Messager est d’abord ‘une équipe ». Après avoir hérité du flambeau suite au départ tragique de Pius Njawé en 2010, il a chaussé les crampons pour conduire l’équipe dont beaucoup proclamaient l’élimination, à des phases finales de Can et Mondial… avec succès. Les trophées sont là pour en témoigner »,  s’exprime Christian Tchapmi, journaliste à Le Messager.

L’histoire du journalisme au Cameroun ferme un de ses chapitres avec le décès de Jean Baptiste Sipa. L’éditorialiste est décédé ce 10 juillet des suites de maladie. Il quitte la scène à l’âge de 81 ans. L’homme des médias va rester dans les mémoires pour sa lutte pour la liberté d’expression et les générations de journalistes qui ont émergé sous sa houlette.

Il a été nommé directeur de publication du journal Le Messager (2010), après le décès du fondateur de ce tabloïd et ami, Pius Njawé. Un choix évident pour beaucoup car l’homme avait alors à son actif 50 années d’expérience dont 28 au sein de cette rédaction. Il va quitter Le Messager en décembre 2012.

Du haut de son parcours, l’éditorialiste avait toujours une anecdote à raconter qui sur les débuts de la pesse au Cameroun, qui sur des sujets d’actualités. Depuis, peu, il était en retrait, intervenant sur des sujets brûlants lorsqu’il était sollicité où tout simplement lorsque la plume le démangeait.

Il était engagé dans la société civile notamment à travers le groupe Article 55, une organisation de la société civile militant pour la démocratie au Cameroun. Son militantisme lui a d’ailleurs valu d’être interpellé plusieurs fois.

L’une des dernières sorties du journaliste était en rapport avec les manifestations de la Brigade anti-sardinards (Bas) à Genève. JBS, comme l’appelait affectueusement ses proches a décrypté tout d’abord les causes de la «colère» des Camerounais «non seulement M. Biya n’a pas pu se distancer de la tête de son parti afin d’agir et d’être perçu comme Président de tous les Camerounais, mais en plus, il a transformé l’administration publique camerounaise qui appartient aux citoyens, en une cellule géante du Rdpc, par un subtile chantage sur les carrières des agents publics, faisant ainsi de l’Etat du Cameroun un Etat-parti, et du Rdpc un parti-Etat», expliquait-il, avant d’indiquer par la suite que la Bas a pêché par la méthode en usant de violence.

L’homme qui prônait l’humilité se présentait fièrement comme ancien scout et ancien membre de la Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc), un mouvement d’action catholique. L’autodidacte qui a fait ses armes à «l’Effort des jeunes» croyait dur comme fer à la formation des jeunes en dehors d’un cursus académique classique.

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