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Cameroun-Nigeria-ONU: Une rencontre pour aider les populations de la frontière

Les trois parties se sont rencontrées pour jeter les bases d’une plus grande collaboration dans l’appui apporté aux populations frontalières de la péninsule de Bakassi

Apporter du soutien aux populations frontalières.
A la demande du Cameroun et du Nigéria, des responsables de l’Organisation des Nations Unies (ONU) des deux pays se sont rencontrés mardi 07 décembre 2010 à Abuja, au Nigéria. L’ordre du jour était le cimentage des bases d’une plus grande collaboration dans l’appui apporté aux populations frontalières de la péninsule de Bakassi située sur la côte Atlantique et les rives du lac Tchad à l’extrême-nord des deux pays. Selon une note d’information officielle de cette organisation, la réunion visait à renforcer la confiance entre les populations en identifiant les moyens disponibles pouvant aider à créer des synergies entre les programmes de développement des gouvernements nigérians et camerounais et ceux des équipes-pays de l’ONU, le long de la frontière terrestre dans la région du lac Tchad et dans la péninsule de Bakassi. Les populations dont il est question sont de fait, directement concernées par la mise en uvre de la décision de la Cour internationale de Justice (CIJ) rendue en octobre 2002, qui avait mis un terme au conflit frontalier entre le Cameroun et le Nigéria. En sa qualité de président de la commission mixte Cameroun-Nigeria, créée en 2002 pour mettre en uvre la décision de la CIJ, le représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’ouest, Saïd Djinnit, a conduit la réunion d’Abuja. Le soutien de l’ONU sera défini sur la base de missions d’évaluation conjointes sur le terrain, a indiqué le bureau de l’ONU en Afrique de l’ouest dans un communiqué. Ces missions viseront à identifier les domaines d’intervention qui peuvent permettre d’améliorer les conditions de vie des populations concernées et de renforcer leur confiance dans la mise en uvre de la décision de la CIJ, a-t-il encore précisé. Ont participé à cette rencontre, les coordonnateurs résidents de l’ONU au Cameroun et au Nigéria, Thierry Mertens et Daouda Touré, ainsi que des hauts fonctionnaires des deux pays.

.Une tache qui s’avère déjà difficile
La tâche des principaux acteurs n’est pas aisée car un flou règne sur le nombre d’habitants qui sont concernés par cette initiative. Les résultats du recensement de 1987 estimaient la population de Bakassi à 9 000 personnes. Lors des plaidoiries à La Haye en 2002, l’agent du Nigeria a affirmé que le cas de Bakassi concernait le sort de 200 000 nigérians. Au cours du même procès, Ian Brownlie, qui défendait la cause du Nigeria, a indiqué que Bakassi avait 156 000 habitants. Des sources de l’administration territoriale camerounaise estiment la population totale du Ndian à 130 000 personnes, dont 60 000 pour Bakassi et Bamusso. Or Bamusso à lui seul pourrait avoir 30 000 habitants. Mais ces chiffres sont en contradiction avec ce que pensent les élus locaux. Lors du dernier recensement général de la population et de l’habitat au Cameroun débuté en novembre 2005, la zone de Bakassi encore sous occupation militaire nigériane avait été exclue des opérations. Après la première étape du transfert d’autorité en 2006 dans les lieux occupés, une opération spéciale de recensement a été envisagée. Elle n’a pas connu de succès puisque sur le terrain les populations plus proches du Nigéria, hésitaient à se présenter dans les bureaux de recensement. L’armée ne pouvant faire usage de la force, le dénombrement à Bakassi a donc échoué. Seules des projections permettent aujourd’hui d’avoir des chiffres sur la situation. Une opération délicate en raison de nombreux flux migratoires de part et d’autre de la frontière. La CIJ avait en effet reconnu la souveraineté du Cameroun sur la partie terrestre de la péninsule de Bakassi, à l’exception de deux villages. Elle avait également fixé la frontière dans la région du lac Tchad en rejetant les prétentions du Nigéria sur la zone de Darak et des villages environnants.

La péninsule de Bakassi

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