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Cameroun : Nouvelles alertes du FMI sur le système financier

L’institution a invité les autorités camerounaises à prendre la mesure du problème

Le Fonds Monétaire International a indiqué que le système financier au Cameroun était fragilisé et que le gouvernement se devait de prendre des mesures de mitigation des risques de crise tout en protégeant les épargnant et le budget de l’Etat, a-t-on appris mercredi tard dans la soirée, suite à la publication par l’institution d’un communiqué marquant la fin de la visite de travail d’une de ses délégations dans le pays. Le secteur financier camerounais est handicapé par un certain nombre de petites banques qui devraient faire l’objet sans délai d’une procédure de règlement. La mission a encouragé les autorités à prendre rapidement des mesures, en coopération avec la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC), pour protéger les déposants tout en limitant le coût budgétaire de ces mesures peut-on lire dans le communiqué du FMI. L’institution précise aussi que les autorités devrait accélérer les réformes pour améliorer le climat du crédit et juge encourageante la mise à la disposition, prévue en juin, des banques et des établissements de micro finance d’une nouvelle base de données pour l’évaluation de la solvabilité. Aucune indication n’a été donnée sur les banques concernées par le stress mais en 2012 un autre rapport de consultation du fond soulevait déjà que cinq banques locales devait faire l’objet d’ajustements. L’opinion publique camerounaise n’a pas vraiment réagit à cette annonce son attention étant détournée par la question devenue une routine de la subvention du carburant au Cameroun. Même si le taux de bancarisation reste faible (- de 6%) à l’échelle globale il n’en demeure pas moins important au niveau de la communauté des affaires créatrice de richesse. Un stress effectif au niveau du système financier risque d’entrainer des perturbations difficiles à corriger. L’exemple des crises récemment vécus par certains établissements de micro finances réputées est là pour le rappeler. D’un autre côté la solution appliquée par la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC) vers qui le FMI renvoi le gouvernement a toujours été la liquidation qui dans les années 90 coûté une bagatelle de 980 milliards de FCFA aux contribuables.

Un tel engagement serait difficile aujourd’hui compte tenu de l’étroitesse des marges dans le budget. Pour certains économistes, la restructuration des banques n’est pas le véritable problème. Les difficultés rencontrées par les établissements financiers sont plus complexes et intègrent d’autres facteurs. Un de ses facteurs est l’environnement économique peu favorable au marché du crédit. L’essentiel des biens et service consommés localement sont importés ou effectués par des filiales des entreprises internationales qui ont recours à d’autres sources de financement, ce qui réduit fortement le marché du crédit pertinent. Pour les autres investissements leurs compétitivité est tellement sujette à caution que les banques préfèrent rester prudentes. D’un autre côté, même le marché du crédit à la consommation qui est dans certains pays un segment important de l’activité bancaire, reste très faible au Cameroun. 80% de la population tire son revenu d’une agriculture à faible rentabilité en termes d’épargne, ou des activités souffrant du sous-emploi et de la sous rémunération. Dans ce contexte ou les gros investissements apportent eux-mêmes leur financement et l’épargne des ménages reste insuffisante à stimuler des investissements locaux, les banques risquent de se retrouver rapidement à l’étroit. Les solutions envisagées par le gouvernement sur cette question seront très attendues. Lors de ses récentes rencontres annuelles, la Banque Mondiale s’est penché sur le sujet invitant les pays à travailler dans le sens d’une croissance plus inclusive et qui soit le fait de la force de travail locale. L’autre recommandation faite était de s’assurer que dans les pays exploitant des ressources minières ou pétrolières, que des efforts de gouvernance soient faits à l’effet de redistribuer équitablement ces richesses. Une croissance plus inclusive pourrait être le gage d’une meilleure épargne des ménage qui lui-même serait un indicateur fort pour les investisseurs locaux et par effet d’entrainement la relance du marché du crédit

Nouvelles alertes du FMI sur le système financier au Cameroun

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