Eco et Business › Entreprises

Cameroun : nouvelles révélations sur l’enquête du Consupe à la Cnps

Immeuble siège de la Cnps à Yaoundé.

Une mission du Contrôle supérieur de l’État préconise des interdictions de sortie du territoire pour de hauts responsables de la sécurité sociale.

Une mission spéciale d’audit et de Contrôle du ministère délégué à la présidence de la République chargé du Contrôle supérieur de l’État (Consupe) a séjourné à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), la sécurité sociale du Cameroun.

Les enquêteurs du Consupe ont relevé dans cette structure parapublique nombre d’écarts qui s’apparentent selon eux à des fautes gestion, sinon à des détournements de fonds. La période d’audit va de 2008 à 2016.

Le Consupe relève « l’encaissement de recettes en numéraires sans pièces justificatives, le vote et l’exécution des budgets additionnels à 33 milliards FCFA sans l’approbation du président de la République, le paiement de l’indemnité de surveillance générale de l’entreprise 504 000 000 de FCFA aux membres du conseil d’administration sans base légale ; ou encore le non reversement de la Tva collectée sur les 1 703 bons de commande payés sur la période 2008 à 2016 qui s’élève à plus de 900 millions FCFA , hors mis les prestations de marchés et lettres commande s’élevant à plus de 10 milliards encore en cours d’analyse ».

A cela, le Consupe ajoute le paiement des dépenses sans pièces justificatives, les pénalités de retard de plus de 2 milliards de FCFA, constatées par l’Agence de régulation des marchés publics (Armp) dans l’exécution des marchés.

Les limiers du Contrôle supérieur de l’État du Cameroun notent par ailleurs des disparités dans les chiffres « sur les prises de participation auprès des sociétés dans le portefeuille de la Cnps ». Dans ce registre, la mission d’audit souligne que contrairement aux chiffres présentés, la valeur de participations déjà constituées à date est de plus de 2 milliards FCFA, soit un écart négatif de plus d’un milliard  FCFA.

Ressources humaines

Tout comme à la Société de recouvrement des créances (Src)« des fluctuations anormales » apparaissent dans les bilans 2011, 2012 et 2013. La Src ne reconnaitrait que des avoirs de plus d’un milliard FCFA soit un écart de plus 13 milliards injustifiés.

Le Consupe croit également déceler un conflit d’intérêt entre la Cnps et la société de Btp Routd’Af. Cette dernière a en effet pour Président directeur général André Siaka, par ailleurs membre du conseil d’administration de la Cnps. Le hic vient de ce que la « Cnps a souscrit aux obligations convertibles en actions d’un milliard FCFA auprès de l’entreprise ROUTD’AF SA ».

Les ressources humaines à la Cnps ne sont pas épargnées par des soupçons de détournements de fonds. C’est ce que révèle ce constat du Consupe : « pour l’exercice 2016, la mission constate un effectif de début d’exercice de 3031 pour une masse salariale de 1 538 425 997 FCFA et un effectif de fin d’exercice de 3 011 pour une masse salariale de FCFA 3 258 509 956, soit une baisse d’effectif de 20 employés pour une augmentation de la masse salariale de 1 720 083 959 FCFA ».

Pour toutes ces observations, la mission du Consupe demande une interdiction de sortie du pays de hauts cadres de la Cnps parmi lesquels, la directrice des finances et du patrimoine, le directeur technique et le, chef du département des systèmes d’information, ou encore l’ancienne directrice du Centre hospitalier d’Essos, plus connu sous le nom d’ « hôpital de la Caisse ». 

La mission spéciale du Consupe demande cette « mesure conservatoire », car certains responsables se montrent peu coopératifs (la directrice du patrimoine notamment) avec les enquêteurs, qui notent du reste que lesdits responsables ont déjà passé à la broyeuse plusieurs documents importants pour l’audit.

Zapping CAN 2019
À LA UNE
Sondage

Un candidat de l'opposition a-t-il une chance de gagner la présidentielle 2018 au Cameroun?

View Results

Loading ... Loading ...
Retour en haut
error: Contenu protégé