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Cameroun: Opération semences de maïs pour 2014

Les autorités ont mis sur pied 35 champs de maïs afin de produire 900 tonnes de semences qui seront distribuées aux paysans

Exportateur de maïs jusqu’en 1974, le Cameroun est devenu importateur pour 20 à 60.000 tonnes, une donne qui entraîne d’importantes sorties de devises. Pour parier à ce manque, le gouvernement a mis sur pied 35 champs destinés à produire 900 tonnes de semences de maïs dès l’année prochaine. Etalées sur une superficie totale de 250 hectares, ces superficies, dont certaines sont situées non loin de Yaoundé, la capitale du pays, abritent des semences certifiées et celles dites de « pré-base ». Avec une production attendue de 20 kilogrammes par hectare, ces semences seront ensuite distribuées aux producteurs de manière à pouvoir compenser le déficit qui est actuellement de 200.000 tonnes, pour une production qui atteint à peine 1,8 million de tonnes annuelles.

Une étude, menée en 2008 par l’ONG Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC), avait révélé des pratiques délictueuses dans la gestion des subventions allouées par l’Etat camerounais aux organisations paysannes dans le cadre du Programme national d’appui à la filière maïs (PNAFM), logé au ministère de l’Agriculture et du Développement rural (MINADER). La Commission nationale anti-corruption (CONAC) avait confirmé ces assertions, indiquant que sur un montant de 1,2 milliard FCFA effectivement débloqué en 2006, 2007 et 2008 pour la production du maïs, 34,04% de la somme n’avait pas servi à la production de cette denrée, cet argent ayant été  »détourné par des groupes et individus ». Ainsi, 92% des groupements d’intérêts communautaires (GIC) ayant bénéficié de cet appui public n’avaient pas d’existence légale, 62% d’entre elles étaient fictifs et seuls 38% avaient effectivement réalisé un champ, bien que sa superficie soit sans rapport avec la subvention reçue.

Le Cameroun compte quelque 700.000 exploitations familiales, artisanales et modernes de maïs, qui contribuent pour plus de 150 milliards FCFA au produit intérieur brut (PIB) une consommation humaine nationale de plus de 700.000 tonnes, le reste étant notamment destiné à la filière avicole.


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