Politique › Sécurité

Cameroun : ouverture d’une enquête après des violences sur un anglophone

Des gendarmes camerounais ont infligé des sévices à un homme accusé d’avoir commis des violences dans le cadre de revendications sécessionnistes.

L’affaire a été connue du grand public grâce à une vidéo qui a été abondamment relayée sur les réseaux sociaux tout le week-end dernier. Un homme y apparait ligoté, couché dans une marre de boue à même le sol. Il s’exprime en anglais et tente de répondre aux questions de gendarmes qui le fouettent, le piétine pour lui soutirer l’aveu de ses forfaits. Les accusations portent sur le meurtre de gendarmes. L’homme crie sous l’effet des coups que lui assènent les gendarmes. Ceux-ci le piétinent, entre autres, la tête.

L’homme en question s’appelle Alphone Tatia. Il est connu sous le nom d’emprunt «général». Il serait, à en croire les rumeurs mort à la suite de cette scène. Le ministère de la Défense laisse penser le contraire. Il indique que des enquêtes sont en cours en vue de sa « traduction devant la justice ».

L’armée reconnait les violences commises contre cet homme dans le Sud-Ouest samedi. « Son interpellation, après une  résistance musclée de sa part, a été filmée et a donné lieu à une vidéo dans laquelle, le mis en cause est ligoté et malmené par des hommes en tenue manifestement sortis des normes et des techniques légales en pareille circonstance. Une enquête a été ouverte pour identifier le cas échéant, sanctionner les auteurs de ces agissements contraires au respect des droits humains », souligne le communiqué publié mardi par le ministre délégué à la présidence de la République, chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo.

Depuis la dégradation de la situation sécuritaire dans les régions deux régions anglophones du pays en octobre dernier, les gendarmes et militaires camerounais sont la cible d’allégations de violence dans les deux régions. Les populations les accusent d’avoir rasé et incendié certains villages et même des plantations. Les organisations non gouvernementales évoquent quant à elles des déplacements forcés de populations ainsi que de nombreuses arrestations.

Jusqu’ici, l’armée camerounaise avait adopté une posture défensive face à de telles accusations ou alors était restée silencieuse.

 

 

 

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