Politique › Sécurité

Cameroun : Paul Biya 40 ans de pouvoir, l’insécurité gagne du terrain

Le général Jacob Kodji mort sur le champ de bataille
Le général Jacob Kodji mort sur le champ de bataille

De l’avis de plusieurs analystes, l’intention du président Paul Biya de faire du Cameroun un havre de paix se dégrade au fil du temps.

Le chef d’Etat camerounais, Paul Biya a promis dans son tout premier discours, le 6 novembre 1982, de maintenir la sécurité et l’unité de l’Etat. Cependant, entre 1982 et 2022, soit 40 ans, plusieurs crises ont mis cette construction à rude épreuve. Notamment l’insécurité transfrontalière ; les attaques des coupeurs de routes ; le banditisme par bande armés ; la piraterie maritime ; les enlèvements suivis de demandes de rançons, le terrorisme et la crise dite anglophone.

Pour contrecarrer le mal, le chef suprême des armées, Paul Biya a mis un fort dispositif sur pied. Notamment en allouant toujours l’un des plus grands budgets au ministère chargé de la défense. Il a instruit dans le même ordre, la création des écoles formant l’élite militaire. En plus de l’EMIA, l’Ecole supérieure internationale de la guerre (ESIG), l’Ecole internationale des forces de sécurité (Eiforces) et l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire(ENAP).

En février 2000, un décret du chef de l’Etat crée le Commandement opérationnel pour lutter contre la grande criminalité à Douala. C’est le général de brigade Phillipe Mpay qui a été placé à la tête de cette force.

Pour donner plus de résistance contre Boko Haram, le Bataillon d’intervention rapide (BIR) a été créé en 1999. Il s’agit d’une unité d’élite déployée dans les zones à haut risque. Pendant les émeutes de la faim de 2008, les hommes en tenues noires ont été aperçus pour la première en grand nombre dans la ville de Yaoundé.

Les forces de défense et de sécurité du Cameroun ont joué un rôle remarquable le 6 avril 1984, en empêchant le coup d’Etat préparé par une faction de la garde républicaine. Leur déploiement a également permis de contenir les manifestations des années de braise (1991). En 1984 comme en 90,  des exécutions sommaires ont été signalées.

Les zones les plus affectées par les crises sécuritaires,  sont respectivement le septentrion, avec la présence des coupeurs de route et de la secte terroriste Boko Haram depuis 2014. Les coupeurs de route existaient déjà bien avant. Les populations du septentrion sont ainsi exposées, depuis des années, à une insécurité galopante. Sans compter les enlèvements avec pour corollaire,  la demande de rançon. Le département du Mayo-Louti dans l’Extrême Nord est déconseillé du fait d’opérations militaires, du risque terroriste et d’enlèvements. Malgré le fort déploiement militaire, la présence terroriste demeure avec pour conséquence de nouveaux décès au quotidien.

A l’Est du Cameroun, tout comme au Nord, l’insécurité transfrontalière gagne du chemin. Ce phénomène dans la région du soleil levant, est le fait des mouvements armés en provenance de la République centrafricaine. La région de l’Est sert de base arrière de certains mouvements rebelles centrafricains.

Le Cameroun considéré comme la porte d’entrée et de sortie (Tchad et RCA), de la sous-région Afrique centrale peine à contenir l’insécurité.

Des failles sont également citées,  dans les zones dites de crise anglophone. Plusieurs éléments de forces de défense,  sont tombés dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest. Même le Bataillon d’intervention rapide (BIR), déployé dans ces zones ne parvient toujours pas à contenir la crise sécuritaire.


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