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Cameroun: Paul Biya de retour de Turquie

Le président camerounais revient d’un voyage au cours duquel il a fait l’objet de beaucoup d’attentions de la part de son homologue turc

Le président Paul Biya et son épouse ont regagné Yaoundé la capitale du Cameroun jeudi 28 mars dans la soirée, marquant ainsi la fin d’une visite d’Etat en Turquie bien différente de celle effectuée fin janvier en France. Une visite que les médias d’Etat n’hésitent pas déjà à qualifier « d’historique ». Conférence de presse conjointe, visites de musés, discussions avec des opérateurs économiques, accords de coopération et dîner d’Etat, les responsables turcs ont mis les petits plats dans les grands pour recevoir le dirigeant camerounais. Au plan politique, Abdullah Gül, le président turc, a salué le leadership de monsieur Biya contraint de gérer au quotidien près de 250 tribus dans l’harmonie.

Au Cameroun, où sont parlées plus de 200 langues locales, près de 250 tribus coexistent en paix sous le leadership chevronné de votre excellence, basé sur une conception de gouvernance inclusive. Cette structure sociale exemplaire est en quelque sorte devenue un symbole universellement apprécié de l’unité et de l’intégrité de l’ensemble de l’Afrique.
Abdullah Gül, Président de la République de Turquie, 26 mars 2013

Sur le plan économique, le président turc a indiqué que le Cameroun représente pour son pays plus qu’un partenaire, mais un hub pour son intervention dans la sous-région Afrique centrale. « Nous considérons pour notre part le Cameroun comme étant l’un des Etats les plus importants de l’Afrique. D’ailleurs, le fait que des piliers essentiels de l’économie régionale, comme l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) et la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), soient basés à Yaoundé, montre très clairement la situation exceptionnelle qu’occupe le Cameroun sur le continent» a-t-il fait savoir à l’endroit de son hôte lors d’un dîner qu’il offrait en son honneur le 26 mars dernier. Activant une autre corde sensible, le président turc a manifesté sa confiance en « la Vision 2035 », le document de référence du gouvernement Biya pour rendre le pays émergent à l’horizon 2035. « Je suis persuadé que le projet Cameroun Emergence à l’horizon 2035, initié sous l’impulsion de son Excellence en 2011, va jouer un rôle clef dans le renforcement de notre coopération grâce aux occasions qu’il offre dans plusieurs secteurs. De ce point de vue, je trouve utile de rappeler une fois de plus notre disponibilité pour contribuer à la mise en uvre de ce projet» a poursuivit Abdullah Gül.

Paul Biya à la conquête des secteurs privé et public turcs
En réponse à son hôte, Paul Biya a salué le leadership politique de la Turquie.

La Turquie, déjà puissance considérable sous l’empire Ottoman, ne cesse d’impressionner le monde. Construit avec opiniâtreté par Mustafa Kemal dit Atatürk, après l’abolition du sultanat en 1922 et du califat en 1924, l’Etat turc est devenu aujourd’hui une nation politiquement stable, économiquement prospère et socialement apaisée.
Paul Biya, Président de la République du Cameroun

Le président camerounais n’a pas manqué d’inviter les turcs à prendre une part dans les projets du pays. « Afin de mener à bien son grand dessein national qui a l’adhésion des Camerounais de toutes les couches sociales, à l’intérieur et à l’extérieur, le Cameroun sait pouvoir compter sur l’engagement, à ses côtés, de ses partenaires extérieurs, notamment la Turquie dont la compétence et le savoir-faire sont en phase avec ses besoins » a ajouté Paul Biya. Le chef de l’Etat a poursuivi dans le même élan avec le secteur privé turc. Il a présenté un Cameroun riche de ses 17 million d’hectares de forêts, son sous-sol riches, son potentiel énergétique et défendu l’idée d’un environnement des affaires favorables. Il reste difficile de savoir comment les investisseurs turcs ont apprécié ce message.

Paul Biya et Abdullah Gül

http://www.tccb.gov.tr)/n

Aucun contrat, mais au moins des accords
Au total les deux pays veulent porter le niveau de leur coopération économique à 500 millions de dollars US soit près de 250 milliards de FCFA par an. La grande question est à qui profitera cette manne. Dans l’ensemble de ses relations commerciales avec les pays partenaires, la balance des paiements est très souvent déficitaire en défaveur du Cameroun. L’agenda du président camerounais l’a conduit dans la journée du 26 à la visite des zones industrielles. Il a invité son ministre de l’économie à réfléchir à la mise en place de telles structures au Cameroun. De fait il en a existé au Cameroun et une administration à elle consacré existe encore (Mission d’aménagement des zones industrielles ou MAGZI). Au final on se félicite dans les médias officiels d’une dizaine d’accords de coopération signés avec l’Etat turc. Il n’existe pas encore de précisions sur la nature et la portée des mémorandums d’entente et accords signés, mais ils couvrent des domaines aussi varié que l’enseignement supérieur, le tourisme, le commerce, la communication, le secteur maritime et surtout la défense. Mais ceux-ci ne restent que des accords et donc ne lient pas obligatoirement les parties prenantes. Il faudrait maintenant que les secteurs privés et publics s’approprient des opportunités ouvertes. Toute chose qui reste un gros challenge dans un Cameroun où l’environnement des affaires reste assez difficile.

Le ministre camerounais de l’économie et son homologue turc paraphent des accords

http://www.tccb.gov.tr)/n

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