Politique › Institutionnel

Cameroun: Paul Biya fait peu d’annonces !

Confiance à Elecam, gratuité des soins contre le paludisme, mais surtout satisfaction pour la célébration du cinquantenaire. Et de nombreux silences

Les réactions sont nombreuses après l’allocution de fin d’année du chef de l’Etat camerounais. Et sans surprise, tous ne voient pas du même il les v ux de Paul Biya pour 2011. Le président de la république s’est félicité du succès de la célébration du cinquantenaire de l’accession du cameroun à l’indépendance. Elle nous a surtout fait prendre plus nettement conscience que nous étions incontestablement devenus une Nation et constater qu’au fil des années, nous avions réussi à mettre sur pied des institutions comportant les principales caractéristiques d’un Etat démocratique a déclaré Paul Biya. Il est revenu aussi sur la situation économique pour se féliciter de sa stabilité, malgré une conjoncture internationale difficile. C’est donc un constat nuancé qu’il convient de faire sur l’évolution de notre économie, encore affectée par la crise, au cours des douze derniers mois. Les fondamentaux restent bons et les mesures que nous avons prises pour passer ce cap difficile ont été approuvées pour l’essentiel par les institutions financières internationales a fait savoir le chef de l’Etat. Dans la rubrique politique, le président Biya a déclaré accorder sa confiance à Elections Cameroun (ELECAM), l’organe qui est chargé d’organiser les élections au Cameroun. Je compte beaucoup sur ELECAM qui bénéficiera de l’appui nécessaire de l’administration et des partis politiques lors des opérations électorales. J’ai toutes les raisons de croire que les prochains mois suffiront à ELECAM pour mettre la dernière main à son dispositif sur le terrain. Nous aurons bien entendu l’occasion de reparler de tout cela affirme Paul Biya, invitant tout le monde à s’inscrire sur les listes électorales. Le président a aussi fait l’annonce de grands projets agricoles, énergétiques, et sécuritaires. Le président a enfin l’annonce de la gratuité du traitement du paludisme pour les enfants de moins de 5 ans.

Alors que les militant de son parti saluent sans surprise un « grand discours », des analyses plus froides font remarquer que le présidant a abordé la question du document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), comme un cadre de référence pour l’évolution du Cameroun, mais sans clairement préciser chiffres à l’appui comment ce document allait opérer des changements. Le Cameroun en 2010 a connu sa deuxième année consécutive de déficit budgétaire. Ces déficits pourtant prévisibles ont été justifiés par le besoin de lancer les grand projets structurants. Or à ce jour aucun d’eux n’a encore démarré, et certains comme l’exploitation du gaz de Kribi, le fer de Mbalam et la construction du port en eau profonde de Kribi connaitront des retards dans l’exécution. Un programme d’urgence d’électrification au moyen de centrale thermique a été mis sur pied, mais il suffira juste à combler le déficit de fourniture d’énergie distribué aux ménages. Pareillement le président a parlé d’une « nouvelle ère » où il faudrait « produire ce qu’on consomme, et consommer ce qu’on produit ». Un discours politique, font savoir certaines analyses. Les structures de l’économie camerounaise, avancent de nombreux experts, ne permettent pas d’envisager une telle hypothèse dans l’immédiat. L’encadrement agricole est moyennement structuré, les financements et l’expertise manquent aux agriculteurs et la concurrence étrangère reste forte. Aucune solution concrète à moyen terme n’a été proposée par le présidant de la république sur cette question. Pour ce qui est du secteur secondaire de l’économie, il souffre encore du manque d’équipement.

Dans son discours, le président Paul Biya, font remarquer des observateurs, a passé sous silence de nombreuses préoccupations. Au premier rang le sport. Toujours utilisé par le président comme modèle, le chef de l’Etat n’a plus abordé la double contre performance des lions indomptables doublé d’un scandale au sein de l’équipe. Paul Biya ne s’est pas aussi attardé sur le comice agro pastorale, alors que le dernier report continue de courir et que la véritable date de sa tenue n’est pas encore connue. De même plusieurs grands travaux dont les débuts étaient annoncés pour 2010 sont encore en attente. Aucune explication n’est donnée. Le chef de l’Etat n’est revenu sur les pénuries que de façon indirecte, pour dire qu’il menait un combat acharné contre la spéculation relative aux produits de première nécessité. Mais le problème est profond et ne touche pas que le secteur des vivres. Il concerne le gaz, le sucre, les vivres, l’eau dont de nombreuses grandes villes sont privées et bien d’autres produits. Aucune solution n’a été présentée pour ces différentes situations. Il en a parlé de façon globale, mais sans perspectives indicatives. Quant aux conditions de vie de notre population, elles restent au premier plan de nos préoccupations. Pour l’accès à l’eau, je pense que la situation devrait s’améliorer avec la mise en service des infrastructures en construction, notamment dans les centres urbains. Pour l’électricité, dont la pénurie pénalise non seulement les entreprises mais aussi chacun d’entre vous, je vous ai dit ma détermination à faire bouger les choses. Le manque de logements sociaux est aussi l’une des plaies de notre société. Je compte bien rouvrir ce dossier qui a fait l’objet de dérives inacceptables. Nous allons devoir rattraper notre retard affirme Paul Biya sans donner concrètement quelques mesures envisagées. Autre silence enfin, la grave épidémie de choléra qui a tué près de 600 personnes dans le nord du pays, selon des chiffres officiels. Enfin un point important de l’actualité en 2010 a aussi été mis sous silence, le décès en prison du journaliste Biby Ngota.

Discours de Paul Biya à la nation
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