Politique › Institutionnel

Cameroun: Paul Biya invite les anglophones à de nouvelles perspectives

Intervenant dans le cadre des 50 ans de l’armée, il en a profité pour faire un discours de campagne électorale en zone anglophone

De nombreuses promesses en attente
En visite en ce moment à Bamenda, principale ville de la région du nord-ouest du Cameroun, et principal foyer d’opposition en l’endroit du régime actuel, le président Paul Biya a joué la carte de l’appel au ralliement. Fait presque rare pour être relevé, c’est en anglais que le chef de l’Etat camerounais à débuté son discours. Une ouverture de prise de parole très saluée par l’assistance présente.

C’est un plaisir d’être de retour ici dans la ville de Bamenda (.) Je vous apporte le salut de vos frères et s urs de Yaoundé, je rends hommage aux autorités traditionnelles, votre région confirme son dynamisme économique, et son patriotisme.
Paul Biya

Le chef de l’Etat, a cité des grands noms de l’histoire du Cameroun originaires de cette ville, dont Ndeh Tumazah, opposant historique de l’UPC et récemment décédé en Angleterre. Le président camerounais dans une partie de son message a fait savoir que le pays ne pouvait se construire sans les anglophones. Reconnaissant les difficultés propres à cette région, il a promis que les autorités centrales n’avaient pas abandonné la partie anglophone, annonçant du même coup, de grandes interventions de l’Etat. L’amélioration de la route qui conduit à Bamenda et la construction très prochaine d’autres routes, en vue de désenclaver différentes localités de cette partie du Cameroun. Le chef de l’Etat a aussi fait la promesse de l’installation effective d’un groupe électrogène géant, en vue de faire face au déficit énergétique annoncé pour l’année 2011. Dans le même sens il y a eu l’annonce de la construction d’un barrage sur la Menchu, un fleuve de la région. Une étude sur la possibilité de construction d’un hôpital de référence aurait aussi été commandée au ministre de la santé. L’annonce la plus favorablement accueillie, aura été celle de l’ouverture d’une université dans la ville de Bamenda.

Paul Biya invite à l’union d’efforts pour avancer
De nombreuses personnes ont accueilli favorablement l’idée de l’ouverture d’une université dans cette région. Mais l’enthousiasme laisse aussi la place au scepticisme. Une annonce analogue avait été faite à Maroua en période de campagne présidentielle, il a fallu cinq ans pour voir l’université effectivement crée, et même, les infrastructures font encore défaut dans cette institution. En tenant un discours de fraternité et d’appel au ralliement, le président Biya prend à défaut beaucoup de ses collaborateurs, qui ont très souvent nié l’existence d’un problème anglophone.

Il est bien évident que, quelles que soient les spécificités de chacune de nos régions, ce n’est qu’en renforçant notre unité nationale que nous pourrons atteindre les objectifs élevés que nous nous sommes fixés. Notre diversité linguistique et culturelle est en effet une richesse quasi unique au Monde qui nous apporte des atouts supplémentaires. Sans rien renier de ce qui fait l’identité de chacun d’entre nous, rassemblons nos efforts au bénéfice de tous.
Paul Biya

Il a exhorté les anglophones en perte de confiance à l’endroit de leurs leaders politiques, mais convaincus de leur marginalisation, Paul Biya a proposé une union des forces et une association d’efforts, pour permettre au Cameroun d’évoluer.

Paul Biya et son épouse, le 8 décembre à Bamenda
JJ. Ewong/Journalducameroun.com)/n

Paul Biya aura-t-il convaincu les camerounais de Bamenda ?
Le chef de l’Etat a ainsi pris à contre pied, de regroupements politiques à tendance sécessionniste. A la suite de la réintroduction du multipartisme au Cameroun au début des années 1990, une partie de l’élite anglophone a commencé à s’organiser en de nombreuses associations et groupes de pression pour protester contre la position selon eux, subordonnée de la minorité anglophone, dans un État unitaire dominé par les francophones. Mis à part le SDF (Social Democratic Front) de John Fru Ndi, qui s’est présenté comme un parti ‘national’ plutôt qu »anglophone’, plusieurs regroupement ont très souvent fait par de leur volonté sécessionniste. Il s’agit des groupes majoritaires du CAM (Cameroon Anglophone Movement) et de l’AAC (All Anglophone Congress) qui ont appelé à un retour de l’État fédéral ainsi que de groupes plus radicaux comme le FWCM (Free West Cameroon Movement) et l’Ambazonia Movement de Fon Gorji Dinka, qui prônent la sécession.

Le refus persistant du gouvernement de Paul Biya de reconnaître l’existence d’un ‘problème anglophone’ et sa détermination à défendre l’État unitaire par tous les moyens possibles, y compris la répression, a amené l’Anglophone Standing Committee’ créé par l’AAC, devenu le SCPC (Southern Cameroun’s Peoples Conference), à adopter également une position sécessionniste.
Konings, un intellectuel camerounais

Plusieurs de ces groupes du fait de leur grand nombre, sont affaiblis et font aujourd’hui des annonces de moindre envergure. L’accueil que les populations de Bamenda vont réserver à ces annonces du chef de l’état est très attendue. Tout dépendra de la rapidité et de la manière avec laquelle les promesses du chef de l’Etat seront exécutées sur le terrain. Reste à savoir aussi si cela va suffire.

Passage des pompiers pendant le défilé, le 8 décembre à Bamenda
JJ. Ewong/Journalducameroun.com)/n
À LA UNE
Sondage

Un candidat de l'opposition a-t-il une chance de gagner la présidentielle 2018 au Cameroun?

View Results

Loading ... Loading ...
Retour en haut