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Cameroun: Peut on encore parler d’autosuffisance alimentaire?

L’autosuffisance alimentaire longtemps attribuée au Cameroun s’est beaucoup relativisée ces dernières années

Atteindre la sécurité alimentaire en période de crise
Mercredi 14 octobre dernier, le ministre Jean Kuete en charge de l’agriculture a présidé à Mfou (25 kilomètres de Yaoundé), le lancement des activités marquant la célébration de cette Journée(JIA), qui se célèbre ce vendredi 16 octobre. Le thème retenu pour l’édition 2009 par la FAO, l’organe des Nations Unies en charge de l’agriculture et de l’alimentation, est : « Atteindre la sécurité alimentaire en temps de crise ». Un choix qui est justifié par le contexte de crises économique et financière internationales. Pour la FAO l’occasion est appropriée pour discuter des chiffres et des souffrances humaines qu’ils recouvrent. L’organisme soutient que Crise ou pas, des connaissances requises pour lutter contre la faim sont aujourd’hui disponibles.

Sous alimentation favorisée par la faiblesse de la production agricole
Une réflexion qui interpelle les autorités camerounaises. Les budgets affectés à l’agriculture de consommation et au développement rural ont diminué pendant les décennies des ajustements structurels. Les plans stratégiques de réduction de la pauvreté accordaient une plus grande priorité à la culture des produits tournés vers l’exportation (cacao, café, coton.) La plupart des agriculteurs au Cameroun sont de petits exploitants. Ils constituent les principaux investisseurs du secteur agricole. Et pourtant, leur accès à l’alimentation est en règle générale insuffisant ou précaire. Lorsqu’ils sont en mesure de tirer des bénéfices de leur activité agricole, ils peuvent tout au plus nourrir leur famille pendant toute l’année et réinvestir le reste dans leur exploitation sous forme d’achat d’engrais, de semences de meilleure qualité et d’équipements de base.

Les résultats des initiatives du gouvernement toujours attendus
La récente crise alimentaire qui est survenue en 2008 et les conséquences socio-économiques qui en ont découlé ont ramené au rang de priorités, les questions relatives à l’agriculture et son corolaire l’alimentation. Les experts estiment que si rien n’est fait d’ici 20 ans, le nombre de personnes sous alimentées pourrait doubler au Cameroun. En l’absence de statistiques démographiques et géoéconomiques officielles, le pays a du mal à présenter un plan fiable de gestion du problème. Ces dernier temps, les autorités ont pris de nombreuses initiatives en faveur du secteur agricole. Un accord spécial de 50 milliards a été signé avec la banque mondiale, avec pour objectif le renforcement de l’agriculture et du développement. Il vient se rajouter aux différentes actions du ministère de l’agriculture en faveur de plusieurs secteurs agricoles.

Redéfinir les missions et les objectifs
Des efforts jugés insuffisants par de nombreux spécialistes. Il est reproché pour ce qui est du Cameroun, de ne pas avoir un programme d’envergure et concerté, avec des objectifs et des délais clairs et précis. L’action qui consiste à une série d’interventions par secteur et sans cohésion entre elles, trouve une limite dans son incapacité à permettre une évaluation d’ensemble et le cas échéant, un redéploiement pertinent. Malgré les nombreuses interventions revendiquées par le gouvernement, le coût de l’alimentation reste élevé et en constante croissance au Cameroun. Selon les experts, l’amélioration de l’alimentation passe par un modèle qui nécessite entre autre d’établir un environnement plus favorable aux investissements dans le secteur de l’agriculture.

D’un autre coté il apparait urgent d’investir dans les infrastructures rurales, en particulier l’eau, les routes, l’électricité et les communications, une telle initiative est susceptible de jouer un rôle décisif de stimulation pour la croissance agricole. Si le Cameroun réussit à réunir ces conditions, les bénéfices pour l’agriculture et l’alimentation peuvent être spectaculaires, affirment les experts. C’est pourquoi la FAO recommande fortement que la crise économique mondiale ne soit pas un prétexte pour relâcher les investissements dans ce secteur.


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