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Cameroun: Plusieurs rapports d’enquêtes en attente

Le match Cameroun-Maroc, le double accident de train à Nsam ou encore le décès de Bibi Ngota

Au moins trois affaires concernées
De nombreux observateurs regrettent l’attitude du gouvernement camerounais dans la plus part des enquêtes diligentées suite à des incidents survenus au Cameroun depuis ces derniers mois. Le porte-parole du gouvernement, le ministre Issa Tchiroma de la communication, a très souvent annoncé la constitution d’une commission d’enquête soit par le chef de l’Etat, soit par le chef de gouvernement, pour tirer au clair ces affaires. Plusieurs mois sont passés déjà et l’opinion publique reste ignorante de ce qui s’est vraiment passé. Difficile dans ce cas de pouvoir éviter ces situations qui ont souvent été dévastatrices, dans le cas où elles se répétaient dans le futur. Ces incidents ont souvent animé la polémique au Cameroun. La Diffusion partielle du match opposant le Cameroun au Maroc. Des sommes d’argents avaient été versées mais les camerounais n’ont regardé qu’une seule partie du match. Le double accident de train à Nsam d’abord et à l’entrée ouest de la ville de Yaoundé ensuite, avec leurs lots de morts. Une enquête avait dans ces deux cas aussi été ouvertes. Tout récemment il y a eu le décès du journaliste Cyrille Bota à Ngon en prison, dans une affaire impliquant de hauts cadres de l’administration camerounaise.

Le gouvernement a à chaque fois ouvert une enquête
Au stade initial même déjà on ignore jusqu’à présent l’équipe des différentes commissions d’enquête et une fois les incidents estompés dans l’esprit de l’opinion publique, le gouvernement n’est plus revenu, du moins jusqu’ici, sur ces affaires. Que s’est-il passé pour la diffusion partielle du match Cameroun contre le Maroc, que s’est-il passé pour le double incident de train et surtout quelles sont les responsabilités dans l’affaire Bibi Ngota. Concernant ce dernier point, l’organisation Reporters sans frontières a récemment pressé le gouvernement camerounais dans un communiqué. Nous attendons des autorités camerounaises qu’elles rendent rapidement publics les rapports de l’enquête administrative. Il est nécessaire que toute la lumière soit faite sur les conditions de détention et les causes du décès, en prison, du journaliste. Les autorités ne peuvent pas continuer à rester aussi évasives dans leurs déclarations, a déclaré l’organisation. Une remarque qui peut être valable sur les autres cas où des commissions d’enquête ont été mises sur pied.

Une attitude critiquée du gouvernement
Selon des confrères basés à Paris en France, lors d’une conférence de presse tenue à Paris le 8 juin 2010 dernier, le ministre Issa Tchiroma Bakary de la Communication et porte-parole du gouvernement a été questionné par un journaliste au sujet du cas Bibi Ngota. Il a préféré sur ce point précis aborder plus tôt le sujet des ennemis du Cameroun et les médias qui relayent et amplifient des informations distordues. Il s’est plaint aussi du discrédit qui était jeté sur «son beau pays». Et enfin, il a rappelé que le président de la République avait diligenté une enquête «pour que la vérité éclate» dans cette affaire. Cette forme de gestion de crise par les dirigeants camerounais est fortement critiquée par de nombreux experts. Dans un rapport de l’International Crisis Group, des experts affirment avec pertinence que les nombreux problèmes et mécontentements refoulés de la société camerounaise sont dangereux en ce sens qu’ils pourraient constituer des sources d’alimentation d’un éventuel conflit social. Selon eux, on est encore au stade où on communique essentiellement pour défendre la position officielle du gouvernement. Un choix qui n’est pas avantageux dans le cadre des Etats modernes. Le pays faisant déjà l’expérience d’une lutte difficile contre des dignitaires du régime convaincus de corruption et placés en détention dans des maisons d’arrêt, on voit mal pourquoi les rapports d’enquêtes sensés éclairer l’opinion sur des faits majeurs qui sont survenus restent sans conclusions.


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