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Cameroun: Que cache le refus de Samuel Eto’o?

Au-delà de l’amateurisme que dénonce l’ex-catalan, la lutte des clans qui ne cesse de pourrir l’ambiance au sein des Lions a fini par le décourager

A la lecture du communiqué signé du quadruple ballon d’or africain 2003, 2004, 2005 et 2010, il est clair qu’il ne ferme pas totalement la porte à la sélection, mais reste dans sa logique de dénonciation d’une situation qui selon lui perdure. En même temps, il met la pression aux autorités en charge du football camerounais qui dirigent une équipe nationale toujours en quête de repères. Les absences d’Eto’o lors des matches des Lions, vont le rendre très présent dans les esprits. Plusieurs facteurs plaident en sa faveur : sa présence en équipe fanion depuis 14 ans ont fini par le rendre « indispensable ». Son bon rendement actuel avec Anzhi Makachkhala vient rappeler tous les jours qu’il a encore sa place au sein des Lions. Une équipe nationale où il est sans conteste très influent. Et c’est justement pour atténuer son influence qu’a été nommé, pendant sa suspension, au poste de team manager, le très charismatique Rigobert Song Bahanag. Un de ses ennemis intimes. Un seul exemple pour illustrer cela : le 15 novembre 2010, jour du 40ème anniversaire de Patrick Mboma chez lui, à Saint Germain en-Laye, Rigobert Song Bahanag a refusé de serrer la main à Eto’o, pour dire le moins.Alors qu’à ce moment là, par voie de presse, les lettres de ces derniers indiquaient toujours qu’il n’y avait aucun problème entre eux.

Le pic de l’animosité entre ces deux hommes est survenu, quand en 2009 à la veille d’un match amical Autriche-Cameroun (0-2), Song Bahanag, après 11 ans de capitanat au sein des Lions indomptables, a perdu son brassard au profit d’Eto’o. Depuis lors, le clan Song, Rigobert et Alexandre, voue une haine inoxydable au Pichichi. « Même dans l’au-delà on ne pourra jamais se réconcilier avec Eto’o », lancent les Song en off. Dans cette bataille d’égo, Achille Emana, qui, pour des raisons extra sportives, ne s’entendait pas déjà avec Eto’o a pris fait et cause pour les Song. Pour ce match face au Cap-Vert, Achille Emana, après deux années de disette, est de retour en sélection.Eto’o doit se sentir doublement trahi.

Au-delà de l’amateurisme que dénonce l’ex-catalan, la lutte des clans ne cesse de pourrir l’ambiance au sein du onze national camerounais. Il faut donc que les autorités en charge des Lions prennent leurs responsabilités et éteignent cet incendie aux conséquences incalculables sur la sélection elle-même et sur le pays. Cela nous semble impératif. Dans un pays où l’immobilisme est érigé en mode de gestion, Samuel Eto’o, en se mettant en retrait de la sélection, pense t-il pourvoir faire bouger les lignes ? C’est à la fois surestimer son influence et mal connaître l’environnement sportif camerounais, qui est loin d’être éloigné de l’état de déliquescence généralisé du pays. Combien de temps faudra t-il à notre ami Samuel Eto’o pour qu’il comprenne qu’il ne suffit d’avoir un salaire à 10 chiffres en F cfa, pour tout avoir dans la vie ? N’avait-il pas dans son rapport après la désastreuse campagne de Coupe du monde sud africaine demandé en vain le départ de Sidiki Tombi à Roko, le secrétaire général de Fecafoot? Ou encore, après l’affaire de Marrakech, n’a-t-il pas perdu son match face au directeur administratif des équipes nationales André Nguidjol ? Il est grand temps pour que notre Pichichi national se concentre essentiellement au jeu, dans un environnement qui l’a néanmoins permis de remporter deux Can et une médaille d’or olympique, afin qu’il puisse terminer sa riche carrière en beauté, lors du Mondial brésilien de 2014.

Que cache le refus de Samuel Eto’o de jouer en sélection nationale?
chronofoot.com)/n

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