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Cameroun: Que mange-t-on à noël ?

les menus servis à table seront variés dans les familles et en fonction de leur pouvoir d’achat.

Comme chaque année, la fête de la nativité ne laisse personne indifférent, notamment la communauté chrétienne, assez nombreuse dans cette ville cosmopolite qu’est Douala au Cameroun. Dans l’attente de la commémoration de la naissance de l’enfant Jésus il y’a plus de 2 000 ans, les différentes familles se préparent activement malgré le contexte économique difficile. C’est le cas de Mme Magne Nicole, qui vit au lieu dit carrefour St Michel dans l’arrondissement de Douala IIIème. Séparée de son époux et vivant avec ses enfants, elle se prépare, « afin de pouvoir permettre aux enfants de bien passer la fête de noël», nous confie-t-elle. A évènement exceptionnel, préparation exceptionnelle. C’est ainsi que «malgré la vie dure puisque les produits continuent d’être chers au marché, un menu spécial sera au programme le jour de fête », poursuit notre interlocutrice. «Lors de mon voyage il y’a quelques jours dans la localité de Bongo où je vends des vêtements et rideaux pour maison, j’en ai profité pour acheter deux régimes de plantains que j’ai ramenés à la maison, entre temps, ma fille aînée a acheté cinq litres d’huile végétale, et mon fils du riz parfumé exceptionnellement, puisqu’on n’a pas assez de moyens pour le consommer tous les jours », indique Mme Magne avec un sourire en coin. Le jour-J, il sera juste question dit-elle, d’acheter les aliments nécessaires pour concocter une bonne sauce tomate avec certes de la viande de boeuf, mais davantage du poulet, « car les enfants souhaitent avoir quelque chose qu’ils mangent rarement tout au long de l’année ». Cela exige un effort supplémentaire au vu de la cherté de la volaille au marché. Outre ce menu, les entrées seront uniquement composées «de salade de choux à la vinaigrette », et pour les desserts, « je prévois d’acheter plusieurs fruits pour la salade de fruits, sans oublier les produits nécessaires à la fabrication des gâteaux maison. Je laisserais le soin aux enfants de le faire, car je ne m’y connaît pas trop », déclare Mme Magne qui se plie en quatre en cette veille de la fête. Une commémoration qu’elle compte passer certes en famille, mais aussi en communion avec Dieu. Comme par le passé, elle ira à l’Eglise catholique de son quartier.

Caviar et champagne
Autre lieu, autre préparation. Douala IVème, à Bonaberi, la famille Essomba jouissant d’une aisance financière, prépare activement la célébration de la nativité. Côté cuisine, cette famille a déjà bien rempli son frigidaire et congélateur avec toutes sortes de produits, allant de la viande de b uf très prisée par tous, à la celle du mouton qui sera braisée, en passant par la volaille et le poisson. C’est clair que ce sera un véritable festin que la famille Essomba organisera le 25 décembre, même si modestement, le chef de famille indique qu’il s’agira « juste d’une simple réception des amis, des membres de la famille pour une véritable communion ». Comme dans la plupart des ménages nantis financièrement, les petits-fours seront au rendez-vous, ainsi que du bon vin et du champagne. A côté de ces deux familles, il y a des ménages qui n’auront pas l’occasion de cuisiner un menu spécial le jour de la fête de noël, pour la simple raison que leur porte-monnaie n’est pas assez fourni pour leur permettre de s’offrir ce qu’ils veulent. De nombreux enfants aussi n’auront pas le privilège de manger une fois de plus à leur faim. Ils devront alors espérer la charité des personnes de bonne volonté qui offrent parfois de la nourriture.

Le poulet est très prisé au Cameroun lors de la fête de Noël

Journalducameroun.com)/n

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