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Cameroun-Rca: Des rebelles de la Séleka tuent un policier camerounais

Le chef de poste frontière de Toktoyo à l’Est a été lâchement tué par des rebelles de la Séléka dans la nuit du lundi 19 août

On pensait que les relations entre les deux Etats allaient revenir à la normale avec la présence dimanche 18 août d’un émissaire camerounais, à l’investiture du président de Transition Michel Djotodia. Des relations qui restaient froides et particulièrement tendues depuis la prise de pouvoir en Centrafrique par les rebelles de la Séléka et la fuite du président François Bozizé vers le Cameroun. Aujourd’hui, ce dernier est en France, donc plus besoin de parler d’une quelconque menace venant du Cameroun, ceci d’autant plus que depuis le mois de mars 2013, les incidents se sont multipliés à sa frontière Est avec la circulation de milliers d’armes de guerre. Et voilà qu’un incident supplémentaire vient encore défrayer la chronique à cette frontière Cameroun – RCA.

Selon des informations provenant de sources sécuritaires et des populations locales, le chef de poste de Toktoyo, une bourgade de l’arrondissement de Mbotoro (chef-lieu Ouli,) département de la Kadey, frontalière avec la Rca, a été assassiné. «C’est aux environs de 22 heures lundi, 19 août que l’officier de police de 2è grade (Op2) a été attaqué par des individus identifiés comme des ressortissants centrafricains et dont le nombre reste inconnu jusqu’à ce jour» témoignent certains. L’incident est survenu après une altercation entre des éléments perdus de la rébellion Séléka et les éléments de la gendarmerie nationale camerounaise qui ont interpellé un des leurs. C’est donc en représailles que ces assaillants sont entrés en territoire camerounais dans l’objectif de libérer leur compagnon d’armes. C’est dans cette course-poursuite qu’ils se sont s’introduits dans le domicile de Ngando Dalle et l’ont surpris dans ses toilettes et abattu de plusieurs coups de fusil. Selon un des collaborateurs de la victime, cité par le quotidien camerounais Le Messager «tous les assaillants ne s’exprimaient qu’en arabe et nous soupçonnons que c’est la branche Idriss Miskin qui a encore frappé en territoire camerounais». Informé, le délégué régional de la Sûreté nationale pour l’Est a dépêché sur place son adjoint pour ramener le corps d’abord à Bertoua puis à Yaoundé où des enquêtes plus approfondies vont déterminer les réelles causes et circonstances de cette attaque meurtrière.

Rebelote
Rappelons que ce n’est pas la première fois que des rebelles centrafricains pénètrent en force sur le sol camerounais pour libérer les leurs frères interpellés par nos soldats. Après l’attaque sanglante et meurtrière qui avait coûté la vie à un fonctionnaire des impôts et un jeune homme à Garoua-Boulaï en septembre 2012 et la prise d’otage d’un policier camerounais à Kentzou en mars 2013, voici Toktoyo en août 2013. Entre-temps, le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense avait conduit une mission d’évaluation aux frontières de notre pays avec la Rca à l’Est. Son courroux après les constats et les mesures prises pour sécuriser les frontières camerounaises, on le remarque avec cet autre meurtre, n’ont pas impacté le comportement des rebelles centrafricains. Dans le même temps, il y a quelques semaines, un émissaire de la présidence centrafricaine a sillonné les grandes villes camerounaises pour demander aux militaires centrafricains en exil de reprendre leur poste et leur service auprès des forces armées et de sécurité centrafricaines. La question que l’on se pose côté camerounaise est de savoir, pendant combien de temps encore le gouvernement camerounais fera profil bas devant ces incursions de la soldatesque centrafricaine? Quand on sait que les enquêtes promises et diligentées côté centrafricain ne restent que de vaines paroles.

Des rebelles de la Séleka lors du coup d’Etat

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