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Cameroun: Résultat de la présidentielle attendu sur fond d’enchères pacifiques

© Journalducameroun.com

La victoire du candidat Biya est quasi certaine, la réaction de l’opposition est attendue, mais l’opinion elle semble conquise aux messages d’appel à la paix

Paul Biya assuré de remporter une fois encore

Sauf surprise de dernière minute, la Cour suprême camerounaise pourrait déclarer ce vendredi 21 octobre 2011, le président sortant et candidat à sa propre succession Paul Biya, vainqueur de l’élection présidentielle qui vient de se tenir dans le pays. C’est à 11 heures que devrait débuter la proclamation officielle des résultats. Mais dans le milieu de la presse locale, des chiffres circulent et créditent Paul Biya de plus de 75% des voix. Il serait suivi de son challenger de longue date, John Fru Ndi, puis de Garga Haman Adji qui selon des indiscrétions a fait une grande percée dans le nord. Viennent après Ndam Njoya et la nouvelle Kah Wallah Edith. La proclamation ce jour des résultats confirme aussi la fin de tous recours juridiques contre ces élections. Lors du contentieux aucun des 20 recours introduits devant le Conseil Constitutionnel, n’a obtenu une issue favorable. Toutes les prétentions des candidats requérants ont été rejetées. Dans la ville de Yaoundé la capitale du pays, les populations n’attendent pas vraiment les résultats, pas plus qu’elles ne semblent pas disposées à manifester pour protester contre. Depuis le début de la journée, plusieurs d’entre elles vaquent normalement à leurs occupations. « Mon frère, est ce que tu vois que les résultats là il faut les suivre, on sait déjà qui a gagné et on ne va pas en plus perdre du temps pour aller voir des confirmations, de toute façon cela ne change rien pour moi » déclare Eric N. qui gère des photocopieuses au quartier Bonamoussadi, à Yaoundé.

La réaction de l’opposition attendue

Les regards sont désormais tournés vers l’opposition. Lundi dernier, une coalition de 7 partis a déclaré publiquement leur intention de manifester pour protester contre des résultats qu’ils jugent « injustes ».Une déclaration qui a eu l’effet d’un tonnerre, se déportant même dans le contentieux électoral. « Si vous voulez sauver le Cameroun d’un chaos prenez le courage messieurs les membres du conseil de déclarer ces élections nulles », a à chaque fois plaidé les avocats du Social Democratic front (SDF) de John Fru Ndi. Un appel qui a reçu ce jour là des réponses fortes du Rassemblement démocratique du Peuple camerounais (RDPC), parti du candidat Paul Biya. « Nous n’avons pas peur au RDPC, nous saurons répondre si le Cameroun est menacé. Nous ne pouvons nous permettre de céder au chantage et à la manipulation » déclarait pour sa part Grégroire Owona, un des responsable de ce parti et représentant son candidat. Dans la mise en forme de la manifestation, les différents acteurs de la coalition ne semblent pas concertés. Quittant le tribunal, Bernard Muna candidat de l’Alliance des Forces Patriotiques(AFP) se disait prêt à soutenir la volonté du peuple. « Je n’ai demandé à personne de sortir dans la rue, je suis un républicain, mais si ce peuple là estime qu’il doit montrer son mécontentement, je serai de son côté » a-t-il déclaré. John Fru Ndi lui a une autre position. « Je n’ai demandé à personne de sortir, j’ai dit que moi Jonh Fru Ndi je vais protester, je mettrai une pancarte et je marquerai mon mécontentement » a-t-il fait savoir jeudi 20 octobre à trois heures lorsque s’achevait le contentieux.

La population semble conquise à l’option pacifique

De nombreuses réunions ont été organisées jeudi 20 octobre pour lancer un appel à la paix. Association, hommes d’église, hommes politiques sont tous entrés dans la danse. A la chaîne de télévision Canal 2, l’une des plus regardées du pays, deux spots montrant des images de guerres et leurs ravages et aussi des appels à la paix, passent en boucle après chaque série télévisée ou bulletin d’information. Dans les éditions d’information, la paix semble mise aux premières lignes. « Nous invitons les populations à ne pas suivre les démons de la division, car il n’ya que dans la paix que les choses peuvent se régler » a déclaré Victor Tonye Bakot, l’archevêque de Yaoundé. « S’ils veulent marcher qu’ils y aillent avec leurs enfants et leurs familles, nous ne devons pas les suivre pour servir de chair à canon » a fait savoir Ateba Eyene le président du club Ethique. Le musicien Lapiro de Mbanga a lui aussi fait une déclaration pour inviter les gens à ne pas suivre le mot d’ordre de manifestation populaire. Pour sa part le préfet du Wouri, le département qui abrite Douala la capitale économique, a interdit toute manifestation jusqu’au 03 novembre prochain. On a aussi appris de source non confirmée que d’importants régiments de militaire font des déplacements dans le pays, prêts à toute éventualité. Dans les principaux carrefours et axes de la capitale Yaoundé, un dispositif militaire est présent, bien que discret. Les populations elles semblent avoir choisi leur camp, même si dans le fond beaucoup d’entre elles se montrent insatisfaites du déroulement des élections, tout en rejetant le tort sur toute la classe politique.

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