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Cameroun-Riz: Baisse annoncée de 50% de la production à la SEMRY

La Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua accuse les récentes inondations dans le nord du pays

Rendements
Les dirigeants de la Société d’Expansion et de Modernisation de la Riziculture de Yagoua (SEMRY) située au nord du Cameroun sont formels : la production de riz va prendre un grand coup cette année. « Les rendements de nos champs de riz seront réduits de 50% au moins cette année », avoue le directeur général adjoint de la Semry. « Les 700 hectares de rizières qui venaient d’être repiqués sont actuellement inondés », indique Robert Nyonse. « Le riz a besoin d’avoir les pieds dans l’eau et la tête au soleil pour bien produire, explique-t-il. Or actuellement, il y a trop d’eau dans les champs. Les plantes ont juste besoin d’avoir 10 centimètres sous l’eau », ajoute-t-il. Pour la prochaine campagne, le DGA table sur un maximum de 3 tonnes de paddy (le riz non décortiqué) à l’hectare, au lieu des 6 tonnes généralement récoltées. « Tant que les eaux demeurent dans les champs de riz, il est impossible de poursuivre la deuxième campagne rizicole de l’année. La première, celle de saison sèche, ayant déjà été récoltée. Seulement, même cette production n’a pas été épargnée par les inondations. Les eaux du lac de Maga et du fleuve Logone se sont déversées dans les villages riverains et au-delà », soulignent quelques producteurs de la région de l’Extrême- Nord. Les paysans qui cultivent les terres de la SEMRY ont dû fuir en catastrophe, abandonnant, pour la plupart, leurs récoltes de riz. Celles-ci ont été soit englouties par les eaux soit emportées par les voleurs. Les cultivateurs sinistrés, actuellement recasés dans les camps de déplacés, ont également perdu le fruit de leurs champs de mil et de sorgho.

Importations
Zigla Wandi, le maire de la commune de Maga, qui détient 6200 hectares de rizières craint déjà la famine dans cette localité, voire dans toute la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Le domaine agricole de la SEMRY est évalué à 11.200 hectares, cultivés par 20.000 familles sur les deux sites de Maga et de Yagoua. Avec un potentiel de 120.000 tonnes de paddy produites par an, l’entreprise est tombée à 60.000 tonnes depuis le début des années 1990. Et pour cause, une infrastructure vieillie et non entretenue et, surtout, la crise économique qui a frappé le Cameroun. La production qui était déjà condamnée à baisser davantage en 2012, va seulement dégringoler. Il faut noter cinq mois environ avant les inondations que les inquiétudes ont débuté à la SEMRY. «Nous devions faire les labours entre juin et juillet, mais les pluies sont arrivées très tôt : dès le mois de juin. Nous avions prévu le repiquage de 2.000 hectares et à cause de la pluviométrie abondante, nous nous sommes limités à 700 hectares, par mesure de prudence », narre Robert Nyonse. « On n’avait jamais dépassé la moyenne annuelle, comprise entre 700 et 800 millimètres de pluviométrie, dans le département du Mayo Danay, particulièrement à Yagoua. Or, on est déjà à 1.000 millimètres d’eau tombée », souligne-t-il, en craignant d’ailleurs le pire. La dégringolade de la production nationale va encore favoriser les importations de cette denrée très prisée des Camerounais. En 2011, le Cameroun avait importé pour 145 milliards de FCFA de riz.

Jeunes plants de riz noyés dans les rizières du Nord Cameroun


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