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Cameroun: Sale temps pour les conducteurs de motos-Taxis

Le préfet du Mfoundi annonce le début imminent des contrôles répressifs à Yaoundé.

Joseph Béti Assomo, le préfet du département du Mfoundi est décidé à mettre fin au désordre urbain qui sévit dans son unité de commandement. Malgré la réglementation en vigueur et les avertissements qu’ils ont reçus, certains bendskineurs (conducteurs de motos-taxis) semblent narguer les autorités au quotidien. Ils continuent à s’aventurer dans le centre ville et le périmètre qui leur est interdit dans la capitale. Pourtant, conformément à la réglementation, l’activité des motos-taxis est proscrite au centre ville et ne doit s’exercer que dans les zones péri urbaines et rurales du département du Mfoundi. Pour des raisons de rentabilité, certains conducteurs de motos-taxis exercent toujours cette activité en plein centre commerciale. Les multiples interpellations et confiscations d’engins initiés par les éléments de la communauté urbaine de Yaoundé, ainsi que ceux des communes d’arrondissements n’ont pas réussi jusqu’à présent à dissuader les conducteurs d’engins à deux roues qu’on qualifie à tort où à raison de têtes dures.

Comme si cela ne suffisait pas, voilà que ces mêmes bendskineurs téméraires foulent du pied le décret du Premier ministre du 31 décembre 2008, fixant les conditions et les modalités d’exploitation des motos-taxis. Ce texte signé par l’ex premier ministre Ephraïm Inoni impose aux motos-taxis des plaques d’immatriculation Cemac, une vignette, une visite technique, une police d’assurance, deux casques, un permis de conduire, un gilet d’identification.

Mais comme il fallait s’y attendre, les conducteurs de motos-taxis rechignent encore de s’arrimer à cette nouvelle donne. La raison évoquée par ces derniers reste et demeure d’ordre financière « ces mesures sont excessives et chères. Toutes les pièces réunies peuvent coûter plus de 120.000 francs Cfa. C’est un peu énorme pour des débrouillards de notre espèce qui ne parvenons pas à réaliser une recette journalière de 5.000 francs Cfa » souligne Jean T, conducteur de motos-taxis au lieu dit Biyem-Assi Lycée à Yaoundé. Ce point de vu est d’ailleurs soutenu par de nombreux acteurs de ce secteur d’activité, d’où le peu d’engouement qu’ils ont à se plier aux injonctions des autorités administratives.

Pour le patron du département du Mfoundi, la recréation a déjà assez duré et il faut que les choses changent. Joseph Béti Assomo l’a précisé aux membres du comité départemental de suivi des problèmes de transports urbains et inter urbain le 30 juillet 2009. Force devant revenir à la loi, il a annoncé le début imminent des contrôles répressifs dans le département du Mfoundi. Des interventions musclées qui devraient se faire au terme des réunions de sensibilisations de proximité approfondies qui doivent se déroulées dans chacun des sept arrondissements du département du Mfoundi. Ceci illustre la volonté des pouvoirs publics à privilégier le dialogue et la concertation. Une sensibilisation de proximité qui semble avoir du succès dans certaines localités du pays. C’est le cas de Douala, où les autorités ont abandonné l’argument répressif depuis le 1er juillet, date d’entrée en application du texte du Premier ministre pour promouvoir le dialogue et la concertation. La formule semble d’ailleurs porter des fruits, car si l’on en croit les responsables de la délégation régionale des transports du Littoral, près de 2500 motos-taximen ont déjà leur permis de conduire.


Journal du Cameroun)/n
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