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Cameroun: Sérigraphie, la période de vaches grasses

Les acteurs de ce secteur peuvent se remplir les poches avec la fête du travail et celle du 20 mai

Depuis quelques semaines Francis, sérigraphe, n’a plus du tout de temps libre pour lui. Même le week-end et ce jusqu’au dimanche, il travaillera sans relâche. Normal! Il doit livrer à plusieurs entreprises leurs gadgets pour la fête du travail du 1er mai prochain. Ce n’est plus qu’une question de jours. Dans son atelier de Deido, tout le monde s’active. Ses apprentis et lui-même doivent être dans les délais des clients. De pareils moments, les sérigraphes n’en connaissent pas tout le temps. C’est une activité saisonnière, donc qui fonctionne à des périodes précises. Comme Francis, Mathurin M. est sous pression. Je dois livrer quatre entreprises d’ici jeudi pour la fête qui se déroule samedi.

A Douala, l’activité de sérigraphie gagne de plus en plus du terrain, pourtant affirme Mathurin, elle ne nourrit pas autant son homme. Franchement, moi je suis encore là parce qu’il n’y a pas autre chose à faire. Quant il n’y a pas d’évènement, on est au point mort. Après la fête du travail, il faudra attendre soit des funérailles, soit des deuils ou encore des sorties d’associations comme le 20 mai. Les autres jours, on se contente de quelques T-shirts, plaques de quelques particuliers ou quelques petites sociétés de la place affirme Francis. Mais sur toute l’année la période où on produit le plus et qui fait sourire un peu dans nos poches c’est celle-ci, la veille de la fête du travail. Presque toutes les entreprises veulent se faire connaître.

Cependant, les sérigraphes sont presque tous unanimes, plus les années passent et plus les productions baissent. Pour Francis, cela s’explique par les temps qui sont devenus difficiles, les entreprises au regard de leur budget n’y accordent plus beaucoup d’importance. Un avis que partagent ses autres collègues du secteur. Ajouter à cela le fait que les entreprises penchent de plus en plus pour les pagnes parce qu’ils peuvent l’utiliser deux ou trois ans, car les T-shirts, casquettes, il faut renouveler chaque année. Une situation qui naturellement n’est pas à l’avantage des sérigraphes. Ceux-ci craignant déjà une disparition de leur activité dans les années à venir si les choses les choses ne changent pas. Les impôts et autres taxes ne sont pas pour faciliter le travail de ces derniers. Ce n’est pas encore considéré dans notre pays et pas encore organisé, ce qui fait que chacun construit sa case et se dit sérigraphe, on ne sait pas exactement qui est qui dans le milieu affirme Mathurin, jeune homme de 28 ans qui exerce ce métier depuis plus d’une dizaine d’années.

Un T-Shirt sérigraphié
monsieurduchatelet.be)/n


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