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Cameroun: SGSOC accusé de violation de forêts dans le Sud-Ouest

Deux plaintes collectives contre la plantation de palmiers à huile de Sithe Global Sustainable Oils ont été déposées le 27 septembre dernier au Tribunal de Première instance de Bangem par des fermiers

Au Cameroun, une entreprise qui produit de l’huile de palme menace les forêts tropicales. Il s’agit la plantation de palmiers à huile de Sithe Global Sustainable Oils Cameroun (Sgsoc) basé à Nguti, une localité située à 23 kilomètres de Babensi II dans la région du Sud-ouest du Cameroun.

Alors que son un titre de concession pour l’exploitation d’une surface d’environ 20 000 hectares expire en novembre prochain, la société de production de l’huile de palme est à couteau tiré avec les populations riveraines.

En effet, 244 fermiers (231 de Nguti et 13 de Babensi II) ont déposé deux plaintes collectives au Tribunal de première instance de Bangem (région du Sud-Ouest du Cameroun) le 27 septembre dernier pour violation de propriété. Ils seront entendus le 9 novembre prochain.

Lors d’une rencontre organisée avec les autorités locales dans la salle municipale Babensi II, ces fermiers avaient déjà marqué leur crainte de voir un jour leurs fermes saisies par SGSOC.

« Un jour j’ai observé que des arbres dans la forêt tout près de mon village avaient été marqués », a expliqué Susan Tah Agbo, une riveraine. Selon Green Peace qui accompagne l’action de ces fermiers, ces marques sont apparues après qu’une réunion a été organisée avec des cadres de l’entreprise (SGSOC), venus expliquer leurs projets de développement dans la zone. Les villageois avaient alors demandé à ce qu’une zone tampon de 5 kilomètres au-delà de leurs champs soit respectée, une requête que SGSOC a apparemment ignorée.

Pour les fermiers, SGSOC se serait alors acapé de leurs terres. Une injustice qu’ils subissent depuis plus de sept ans. SG Sustainable Oils Cameroon s’était installé dans la région à la suite de retrait de l’entreprise Herakles Farms, basée aux Etats-Unis.

Depuis son installation, SGSOC ne compte pas se retirer de sitôt. Mais elle est accusée par Green Peace d’avoir « utilisé des pots-de-vin et tenté d’intimider les communautés ».

« Ils ont aussi menti à des dizaines de travailleurs, qui ont été licenciés sans préavis ni indemnités alors que leurs contrats couraient encore pour plusieurs mois. Une réunion de conciliation a été organisée au Bureau du travail de Mundemba le 14 septembre dernier entre 45 anciens employés de SGSOC et des représentants de l’entreprise. Comme ces derniers ne se sont pas présentés, cette affaire est désormais entre les mains de la justice civile à la cour d’appel de Buea », a expliqué Sylvie Djacbou Deugoue, Chargée de campagne forêt, Greenpeace Afrique.

« SGSOC a aussi promis de nombreux avantages aux communautés qui acceptaient de céder leur terre à la plantation. Pourtant, quand je me suis rendue dans la zone en juillet dernier, beaucoup se sont plaints que malgré les promesses, SGSOC n’a pas aidé les communautés. Ils n’ont pas amélioré l’accès aux écoles ou aux services de santé, ni fourni l’électricité. Les routes sont toujours dans un état désastreux », a-t-elle ajouté avant de conclure : « pendant les trois années qu’a duré son bail foncier provisoire, cette entreprise n’a fait preuve d’aucune bonne volonté. Il n’est pas difficile alors d’imaginer tout le mal qu’elle pourrait faire si son bail était prolongé ou renouvelé ».

Face à cette situation, Green Peace s’est associé à l’action des fermiers pour lancer une pétition contre le renouvellement de la concession de SG Sustainable Oils Cameroon.


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