Politique › Judiciaire

Cameroun : sous un air de prédation des fonds anti Covid-19

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Un extrait du rapport de la Chambre des comptes de la Cours suprême apparu sur les réseaux sociaux, liste un nombre impressionnant d’actes de faux en écriture, détournements de fonds et violation de procédures. Plusieurs hauts cadres de l’administration et des prestataires de service, mis à nu dans ce document de 23 pages.

La fortune publique a souffert entre les mains des gestionnaires du fonds de solidarité,  instituée par le chef de l’Etat, Paul Biya,  pour lutter contre la pandémie. C’est du moins ce qu’atteste le rapport de la Chambre des comptes de Cours suprême dont une mouture a fuité sur la toile.

Par exemple, à propos de l’acquisition des Equipements de protection individuelle (EPI)) budgétisé à un montant de 2 41 000 000 FCFA, le marché, apprend-t-on,  a finalement coûté  23  784  800  219 FCFA. Soit une perte de  20 845 088 219 FCFA. Le rapport évoque un cas de commande  des combinaisons de protection pour le personnel de santé, qui a plutôt abouti à la réception des masques chirurgicaux.


Pour l’acquisition de 3 millions de  tests de dépistage pour fin décembre 2021, ce sont  4 740 785 000 FCFA qui avaient été budgétisés. Mais au finish, 25  806 000 000 FCFA ont été engagés,  correspondant à  seulement 1 556 000 tests. Soit un dépassement financier de 21  065  215  000 FCFA. Les enquêteurs de la Chambre de compte notent que ce marché a presqu’entièrement été confié à l’entreprise Mediline Medical Cameroon SA. Une entreprise à qui les enquêteurs  ne reconnaissent aucun passé dans le domaine des marchés publics.

Diverses illégalités sont relevées dans la procédure d’attribution et d’exécution du marché d’achat de 90 ambulances médicalisées, pour un montant  d’un milliard de FCFA. Ledit marché, passé au mois d’août fût confié aux entreprises Mediline Medical Cameroon SA et de YAO PHARM. Jusqu’au 31 décembre 2020, soit deux jours après le délai de livraison, aucune ambulance n’avait été réceptionnée.

4  054  445 000 ont été prévus pour la fabrication de La production de la chloroquine et de l’azithromycine. L’institut de recherches Médicales et d’études des plantes médicinales (IMPM), sous l’autorité du Ministère de la Recherche scientifique et de l’innovation, s’était déclaré compétent pour  produire cinq millions de comprimés d’hydroxychloroquine par jour, de même que d’azithromycine. A fin décembre 2020, 657  088  524 FCFA avaient été dépensés à ce titre.

Sauf que, révèle  la Chambre des comptes de cours suprême, « L’IMPM n’a pas lancé de fabrication locale mais a plutôt procédé à l’acquisition en inde de 5 millions de comprimés d’hydroxychloroquine, 500 000 comprimés d’azithromycine et 300 kgs d’intrants d’azithromycine, livrés le 29 juillet 2020. Il a alors procédé à leur reconditionnement dans des emballages achetés et imprimés « fabriqué par Zaneka,  conditionné par L’IMPM », alors même que les médicaments étalent entrés au Cameroun dans des emballages respectant les bonnes pratiques de fabrication el de conditionnement ».

Voila en somme quelques actes de prédation,  tirés d’un océan de dénonciations contenues dans le rapport de la Chambre des comptes,  commandé  par le président de la République. Paul Biya pourrait commander une enquête judiciaire pour établir clairement les responsabilités.


Mais déjà,  depuis la sortie de cette mouture du rapport, c’est le branlebas total dans plusieurs administrations publiques et privées qui redoutent une imminente « chasse aux sorcières ».


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