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Cameroun: Tous les abonnés de téléphone doivent s’identifier!

Le ministre des Postes et Télécommunications a signé un texte y relatif lundi dernier.

Dans un ensemble des documents rendus publics le 10 août dernier, le ministre des Postes et Télécommunications, Jean Pierre Biyiti bi Essam, informe le public et les acteurs opérationnels du secteur qu’une opération d’identification des abonnés aux téléphones fixe et mobile a été lancée sur l’étendue du territoire camerounais. Le ministre déplore la transformation malheureuse du  » téléphone portable en moyen pour commettre des infractions du genre arnaque, chantage, injures, dénonciations calomnieuses, escroquerie, diffamations, attentats, actes terroristes, cybercriminalité. Il est plusieurs fois arrivé ces dernier temps que des personnes se fassent arnaquer pas des messages de portable à portable.

Le ministre a relevé la négligence par certains opérateurs des réseaux publics de télécommunications et fournisseurs des services électroniques de  » l’obligation qui a été la leur, d’identifier au préalable toute personne désireuse de s’abonner aux services de télécommunications ». Par cette opération d’identification, le ministre entend atteindre un certains nombre d’objectifs. Proscrire toute utilisation abusive du téléphone portable à des fins attentatoires à l’ordre public ou à la sécurité des citoyens, mettre définitivement « terme à la vente à la sauvette, au mépris de la réglementation en vigueur, des cartes [d’abonnement] téléphoniques sans aucune identification probable des abonnés par les opérateurs « .
Les personne désireuse de s’identifier pourront et devront le faire au plus tard le 30 Novembre 2009.  » Au-delà de cette date, tous les abonnés qui ne se seront pas fait identifier verront leurs accès au réseau suspendu. Il invite ainsi les opérateurs à mettre, sur l’ensemble du territoire, les espaces d’identification Ces opérations seront gratuites. Il en était ainsi à l’ origine. Les opérateurs et exploitants des réseaux de téléphone identifiaient leurs abonnés. Le ministre a aussi annoncé la publication prochaine du projet de loi sur la cybercriminalité et le cyber sécurité, le projet de loi régissant les communications électroniques.

De nombreux observateurs avertis, ont trouvé la démarche du ministre spécieuse et même dangereuse pour les droits des citoyens. Il est reproché à l’arrêtée du ministre d’intervenir dans un domaine strictement réservé à la loi. La question pour de nombreuses personnes devrait être débattue dans le cadre d’une commission parlementaire. A l’encontre de ce texte on refuse le fait qu’au prétexte de protéger l’ordre public contre les infractions liées à l’utilisation du téléphone et des nouvelles technologies, le gouvernement s’autorise la mise en place d’un système de police des communications privées, même s’il est promis d’entourer l’opération de la plus grande confidentialité. D’autre part l’opération sera techniquement rendu difficile.

Aujourd’hui le nombre total d’abonnés dépasse les 6 millions, portable et fixe compris. Et l’arrêtée ne fixe pas les modalités des coûts liés à une telle opération. Une autre opinion fait enfin remarquer que les infractions citées par le ministre ont existé avant le portable et que le domaine des nouvelles technologies est beaucoup plus vaste que le portable et en constante évolution. Même si les entreprises exploitant la téléphonie ne l’affirment pas ouvertement, elles s’accommoderont mal de cette intervention du contrôle de l’Etat dans leurs affaires surtout que les infractions commis par ces voies ne représentent rien par rapport aux autres commis avec des moyens différents.


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