Société › Faits divers

Cameroun: Trois ans de sursis pour les étudiants manifestants de Soa

Poursuivis pour manifestation illégale au sein de l’université de Yaoundé II, leur sentence a été prononcée ce mardi par un juge

Hervé Nzouabet, le président de l’Addec (association de défense des droits des étudiants camerounais), ainsi que trois de ses camarades, Denis Atangana, Souleymane Ndjonkouo et Barthelemy Tchaleu, ont été condamnés ce 31 Juillet 2012 par le tribunal de Mfou, juridiction de compétence de l’université de Yaoundé II, à un an d’emprisonnement avec sursis pendant trois ans et dépends (frais de justice) de 26 000 FCFA. Il leur est reproché d’avoir organisé une manifestation non autorisée le 29 juin 2012, et ainsi d’avoir atteint à la sécurité de l’Etat. Les quatre étudiants avaient été arrêtés par les forces de l’ordre, emprisonnés à Mfou pendant deux jours, pour avoir organisé un Collectif « Sauvons l’université de Yaoundé II », à la suite de la condamnation par le conseil de discipline budgétaire du recteur Jean Tabi Manga de cette université. Les étudiants évitent la prison mais pendant trois ans, s’ils manifestent encore, ils seront arrêtés et simplement coffrés. Le sursis signifie aussi que les tribunaux les ont reconnus coupables contrairement à leur plaidoirie. Ces étudiants n’auront cependant pas eu la possibilité de pouvoir composer pour les examens de fin de deuxième semestre. Alors que leur procès était en cours, leurs avocats avaient demandé qu’on puisse les libérer afin qu’il puisse participer à ces examens. Une demande qui avait fait l’objet d’un refus de la juge.

M. Atangana avait été arrêté sur le campus de l’université de Yaoundé II tôt le 29 juin, jour où le collectif dont il est le président, était convenu d’organiser une marche pacifique contre la « mauvaise gestion » de cette institution. Les trois autres étudiants, venus de l’université de Ngoa Ekele au centre-ville de Yaoundé pour soutenir le collectif, avaient été arrêtés quelques heures après. La défense a toujours estimé qu’il n’y avait pas de preuves solides pour soutenir l’accusation. « Pour qu’une infraction soit complète, il faudrait qu’à l’élément intentionnel, s’ajoute l’élément matériel. Or de toute évidence, même s’il y avait volonté de manifester, celle-ci n’a pas eu lieu puisqu’ils ont été arrêtés avant d’y arriver », explique l’avocat des étudiants. Selon d’autres observateurs, il existe « une loi spéciale », selon laquelle tout projet de manifestation au sein du campus doit être porté à l’attention du recteur, ce qui avait été fait selon les étudiants. La tâche pour la juge en charge de l’affaire aura été complexe. Au centre des enjeux, coexistaient la volonté d’une part de ne pas provoquer un remous chez les étudiants, et d’autre part, donner l’impression aux étudiants qu’ils pouvaient manifester selon leur bon vouloir dans le but de faire entendre leurs prétentions.

Quelques manifestants de l’association de défense des droits des étudiants camerounais (Image d’illustration)
Journalducameroun.com)/n


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