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Cameroun: Trois questions à Pius Ottou, coordonnateur du comité Elecfoot

Il demande au peuple de bloquer l’assemblée générale élective de la Fécafoot du 24 mai

Après avoir sillonné les régions du pays, vous avez décidé de passer à la vitesse supérieure en désignant votre candidat Louis Marie Ondoa. Pourquoi ce n’est que maintenant que son nom est connu?
Il faut toujours prendre son temps lorsqu’on veut faire des choses essentielles, des choses qui durent. Il ne faut pas se presser pour mal faire, première des choses. Deuxième chose, lorsque vous devez parler d’une situation comme celle d’Electfoot où il faut porter un choix sur un individu, il faut quand même prendre le temps de faire certaines vérifications. Naturellement, en tant que humain, nous ne pouvons pas avoir une sanction juste comme Dieu, mais au moins on essaie d’éviter le plus de subjectivité possible. Voilà donc pourquoi nous avons pensé que l’urgence, ce n’est pas nécessairement d’avoir un président de la fédération, mais l’urgence, c’est d’avoir un programme de refondation et des hommes capables de refonder. C’est ce qui explique que ce soit maintenant que nous venions vers les médias pour annoncer sur qui notre choix a été porté, c’est-à-dire sur Louis Marie Ondoa. Ce qui ne veut pas dire qu’on a négligé les autres candidats. Par exemple Gilbert Kadji ne s’est jamais manifesté en tant que candidat, je peux vous dire individuellement en tant que coordonnateur du comité Electfoot, j’ai saisi M. Kadji. Je ne compte plus le nombre de mails, je ne compte pas le nombre de coup de fil sur téléphone cellulaire, à tous les coups, je tombais sur une de ses collaboratrices. Je pensais qu’il était temps qu’il se manifeste pour nous dire concrètement s’il y allait. Or, il n’a pas déclaré de candidature, il a donné sa vision du football camerounais qui nous intéressait. Mais, ne s’étant pas prononcé en faveur d’une candidature, nous n’avions pas à nous prononcer sur sa vision du football et nous avons travaillé sur ceux là qui se sont ouvertement déclarés. Nous les recommandons aux autres candidats un travail d’équipe, par ce que tous veulent le changement, et celui-ci est une affaire de dynamique de groupe.

Vous contestez la légitimité de l’équipe actuelle de la Fécafoot au lendemain de la disqualification de M. Ondoa et de Patrice Tchamtcheu, pourquoi ?
Ceux-là qui ont rejeté la candidature de Louis Marie Ondoa, eux-mêmes sont illégaux depuis le 15 avril 2009 par ce que le mandat de toute l’équipe à la fédération est devenu caduque depuis cette date. Dès cet instant, personne ne peut plus légalement parler au nom du football camerounais, sauf l’Etat. Nous ne sommes pas pour une parodie d’élection, nous sommes pour la refondation. C’est pourquoi nous vous avons présenté Louis Marie Ondoa, parce que c’est le candidat de la refondation. En tant que leader d’opinion, je suis une autorité au Cameroun. Nous avons commencé par dire aux camerounais de ne pas aller au stade, tout le monde s’en plaint, mais c’était un mot d’ordre de la société civile que nous sommes et que nous allons d’ailleurs durcir dans les jours à venir. Nous demanderons aux camerounais de bloquer l’élection. Si par extraordinaire le 24 mai, ces gens tenteraient d’aller faire un simulacre d’élection, croyez-moi, nous le ferons. Bien évidemment, nous savons que ce n’est pas les camerounais qui votent, mais il faut qu’on donne la possibilité à ceux qui ont prouvé qu’ils aimaient le foot, de s’occuper du football camerounais. Voilà ce que le peuple doit faire en tant que souverain.

Que reprochez-vous concrètement à l’équipe actuelle de la Fécafoot?
Une gestion opaque où la transparence est un vain mot. Une gestion où le footballeur trime, pendant que quelques individus qui n’ont rien à voir avec le football s’engraissent. Est-ce que vous trouvez sérieux qu’un joueur de football qui court pendant 90 mn, n’ait même pas une eau potable, une nourriture décente pour pouvoir récupérer les énergies qu’il dépense? Est-ce que vous pensez que c’est normal qu’aujourd’hui, nous puissions jouer sur des terrains boueux ou sablonneux ? Non, non, non ! Tout cela, c’est parce que l’organe technique est géré par des gens qui n’ont pas pour souci de développer le football. Leur souci, c’est de développer des fortunes personnelles. Il va falloir que le peuple pousse, pour que des gens qui sont capables de permettre aux footballeurs de vivre de leur métier, se mettent en place.

Pius Ottou
journalducameroun.com)/n
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