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Cameroun : trois trafiquants d’enfants condamnés à Ebolowa

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Une camerounaise et deux Equato-guinéens avaient été appréhendés après la disparition d’une fille de 10 ans et un garçon de 5 ans. Interpellée, Mme Mbengono Assou Rossette Jessie, le cerveau du gang, avait reconnu les faits qui lui étaient reprochés tandis que les deux autres complices les avaient nié.

Le 21 juin 2021, le Tribunal de grande instance (TGI) d’Ambam dans la région du Sud a tranché dans l’affaire qui opposait Me Abo’o Assako Dassaev, à trois individus qui avaient kidnappés ses deux enfants à la sortie de l’école dans la ville d’Ebolowa au Cameroun. Ces faits sont rapportés par le journal Kalara.

Il s’agit de Mme Mbengono Assou Rossette Jessie, camerounaise basée à Ebolowa, Mme Oyono Mangue Christina Nchama et M. Obama Nchama Manuel Ndong de nationalité Equato-guinéennes, tous en détention provisoire à la prison d’Ambam depuis le 21 janvier 2020. Dans sa décision finale, le tribunal a accordé aux accusés des circonstances atténuantes pour leur bonne tenue devant la barre et leur qualité de délinquants primaires.

En répression, Rossette Jessie Mbengono Assou a écopé de 5 ans de prison ferme et doit payer une amende de 100 000 francs. Pour leur part, ses complices Mme Oyono Mangue Christina Nchama et M. Obama Nchama Manuel Ndong ont été condamnés à 20 mois d’emprisonnement ferme et au paiement d’une amende de 100 000 F cfa chacun.

Le Tribunal a également condamné les coaccusés à verser à la mère des victimes la somme de 4 millions représentant les dommages et intérêts. L’avocat de l’accusation s’indigne du verdict du TGI d’Ambam qu’il qualifie de complaisant. Il compte faire un recours auprès de la Cour d’appel du Sud.

Sanction exemplaire

En effet, les trois accusés étaient initialement poursuivis d’enlèvement de mineur avec fraude ou violence aggravée et coaction de trafic de personne. Mais au cours des débats, le Tribunal avait décidé de requalifier lesdits faits en ceux de coaction de trafic de personnes. Des faits que Mme Bengono Assou Rosette Jessie a reconnus à toutes les étapes de la procédure, contrairement à ses coaccusés qui avaient rejeté les accusations qui pèsent sur leur personne.

Dans ses réquisitions, le représentant du parquet avait alors demandé au juge en charge du dossier d’infliger aux kidnappeurs une sanction exemplaire dans le but de mettre un terme à ces agissements antisociaux qui gangrènent notre société. L’avocat de l’accusation était allé dans le même sens que le magistrat du paquet et avait annoncé la constitution de Mme Abo’o Assako Dassaev, la mère des infortunés, comme partie civile. Il avait sollicité le paiement de la somme de 41 millions de francs représentant les dommages et intérêts (…).

Pendant l’information judiciaire, Abo’o Assako Dasseav, mère des enfants, a déclaré que le 14 janvier 2020 aux environs de 17 heures 30, elle a vu son fils jumeau Jean Jacques âgé de 5 ans revenir seul à la maison. Ce dernier lui avait dit que son frère jumeau, Mbongo’o José Camille avait oublié son ardoise à l’école et y était reparti en compagnie de leur grande sœur, Ada Amvam Paule Esther. La plaignante a dit commencer à s’inquiéter de l’absence de ses enfants qu’elle avait attendu en vain surtout que l’école publique dont il est question est située à 700 mètres de la maison.

1,8 million de F Cfa

Face à l’absence prolongée de ses fils, elle s’était immédiatement mise à la recherche de ces derniers, tout en signalant la situation aux éléments de la gendarmerie. C’est ainsi que quelques minutes plus tard, alors qu’elle cherchait  les photographies des enfants pour les soumettre aux forces de l’ordre, elle a reçu  le coup de fil de la nommée Aicha, la cousine de ses enfants.

Cette dernière, l’informait de ce qu’elle venait d’apercevoir Ada Amvam Paule Esther et son petit frère Mbango’o José Camille qui montaient dans un bus en partance pour Ambam. Avec ce renseignement, les forces de  l’ordre stoppaient les kidnappeurs dans leur course au niveau de la localité de Meyo-Centre. Les enfants étaient retrouvés en bonne santé physique.

Une fois interpellée, Mme Mbengono Rosette Jessie avait expliqué que quelques jours plus tôt, sa belle-sœur lui avait envoyé des messages en lui disant que sa tante, qui habite la Guinée Equatoriale, avait besoin de deux enfants dont une fille et un garçon pour les adopter et lui avait proposé la somme de 1,8 million de F Cfa à remettre aux parents qui accepteraient de leur donner leurs enfants. Elle raconte qu’elle devait recevoir cet argent lorsque les enfants seraient entre les mains de leur nouvelle « maman ». Elle avait déclaré n’avoir pas visé particulièrement  les deux victimes.


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