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Cameroun : un centre de santé clandestin, spécialisé dans les avortements, fermé

Femme enceinte en consultation (photo d'archives)

Des services d’interruption volontaire de grossesse (ou avortement) sont offerts clandestinement dans une clinique privée au quartier Etoa-Meki à Yaoundé. La brigade de gendarmerie de Nlongkak a fait une descente sur les lieux et procédé à l’arrestation de trois  personnes.

Le quartier populeux d’Etoa-Meki, situé dans 1er arrondissement de Yaoundé se trouve malgré lui au-devant de la scène. Les éléments de la brigade de gendarmerie de Nlongkak à Yaoundé sont parvenus à y démanteler une clinique clandestine spécialisée dans l’avortement illégal. Les intervenants qui offrent ce service d’avortement ne respectant aucune norme en la matière.

L’information barre la page Facebook de la Gendarmerie nationale. « La descente effectuée le 18 juin 2021 aux environs de 12h a permis de surprendre l’auteur de cette activité en flagrant délit sur une jeune fille âgée de 19 ans enceinte de deux mois. Le coût des avortements pratiqués ici variait entre 10 000 et 50 000 FCFA en fonction de la durée de la grossesse », explique les pandores.

Cette descente s’est soldée par l’arrestation de trois personnes, dont le propriétaire des lieux âgé de 45 ans et deux de ses assistants qui exerçaient sans aucune qualification. Du matériel et des médicaments d’origine douteuse ont également été saisis. Par la suite, et ce sur ordre du procureur de la République près le Tribunal de Première Instance (TPI) de Yaoundé Centre Administratif, ladite clinique a été fermée. Une enquête a ensuite été ouverte à la Brigade de Gendarmerie de Nlongkak pour faire toute la lumière autour de cette affaire.

L’avortement est une pratique courante au Cameroun, souvent pratiqué par des mains inexpertes et dans un cadre inapproprié. L’année dernière, les autorités en charge de la Santé publique ont annoncé le démantèlement d’un réseau d’avortements clandestins à Yaoundé qui aurait conduit près de 300 avortements non médicalisés et provoqué la mort d’au moins 20 femmes.

« Nous avons constaté que des cabinets de soins qui sont censés faire de simples pansements font des avortements, voire des césariennes alors qu’ils n’ont pas un plateau technique », déplorait un cadre du ministère de la Santé publique (Minsanté). Selon les chiffres officiels, 24% des décès maternels au Cameroun sont causés par des complications d’un avortement à risque. L’avortement est pourtant considéré comme une infraction pénale et est puni d’une peine d’emprisonnement et d’une amende, sauf en cas de viol, d’inceste ou de menace pour la santé de la mère.


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