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Cameroun: Un collectif de parents d’élève écrit à Paul Biya

Par le collectif « Afrika Wakamba » l’Afrique aux Africains

À Son Excellence

Monsieur le Président de la République du Cameroun

Objet : Requête pour la liberté de port des cheveux des enfants en âge scolaire.
Monsieur le Président,

Je sollicite de Votre Haute Bienveillance la liberté du port des cheveux pour les enfants en âge
scolaire.
Il s’avère en effet qu’une décision a été prise depuis quelques années par les responsables des
Ministères en charge de l’Éducation Nationale au Cameroun, obligeant les enfants d’avoir la tête
rasée. Or il apparaît que cette décision porte atteinte à la liberté et aux droits de l’enfant, tels que
définis dans la Constitution de la République du Cameroun ainsi que dans toutes les Conventions
Internationales relatives aux droits et libertés, ratifiées par la République du Cameroun (Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme, Convention des Droits des Enfants, Charte Africaine des Droits et
du Bien-Être de l’Enfant, Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples).

En quoi la longueur d’un cheveu peut-il avoir la moindre influence sur les résultats scolaires ?

En quoi l’Éducation Nationale est-elle habilitée à s’occuper de la longueur des cheveux de qui que ce
soit ?
De toute évidence, une telle réglementation est anticonstitutionnelle.
C’est pourquoi nous revendiquons légitimement la liberté pour nos enfants de porter des cheveux en
milieu scolaire, ainsi que l’abrogation de cette réglementation qui contrevient aux principes
fondamentaux de la liberté individuelle que notre Constitution dit vouloir protéger.

Espérant que ma requête trouvera auprès de Vous une écoute attentive et aboutira à une décision digne de l’État de Droit que Vous représentez, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de
mon très profond respect.


Journalducameroun.com)/n

POUR INFORMATION
ANNEXES :

Extraits des conventions, chartes et constitution dont la République de Cameroun est officiellement
signataire et partie.
– Constitution Du Cameroun

Le Peuple Camerounais proclame que l’être humain, sans distinction de race, de religion, de sexe, de
croyance, possède des droits inaliénables et sacrés.
Préambule
. Toute personne a droit à la vie et à l’intégrité physique et morale. Elle doit être traitée en toute
circonstance avec humanité. En aucun cas, elle ne peut être soumise à la torture, à des peines ou
traitements cruels, inhumains ou dégradants.
. La nation protège et encourage la famille, base naturelle de la société humaine. Elle protège la
femme, les jeunes, les personnes âgées et les personnes handicapées.
– Charte Africaine des Droits et du Bien-Être de l’Enfant
Article 4.1 – « Dans toute action concernant un enfant, entreprise par une quelconque personne ou
autorité, l’intérêt supérieur de l’enfant sera la considération primordiale ».
Article 10 – Aucun enfant ne peut être soumis à une ingérence arbitraire ou illégale dans sa vie privée,
sa famille, son foyer ou sa correspondance, ni à des atteintes à son honneur ou à sa réputation, étant
entendu toutefois que les parents gardent le droit d’exercer un contrôle raisonnable sur la conduite de
leur enfant. L’enfant a le droit à la protection de la loi contre de telles ingérences ou atteintes.
Article 14.1 – Tout enfant a le droit de jouir du meilleur état de santé physique, mental et spirituel
possible.
Article 16 – Protection contre l’abus et les mauvais traitements
1. Les États parties à la présence Charte prennent des mesures législatives, administratives, sociales et
éducatives spécifiques pour protéger l’enfant contre toute forme de tortures, traitements inhumains et
dégradants, et en particulier toute forme d’atteinte ou d’abus physique ou mental, de négligence ou de
mauvais traitements, y compris les sévices sexuels, lorsqu’il est confié à la garde d’un parent, d’un
tuteur légal, de l’autorité scolaire ou de toute autre personne ayant la garde de l’enfant.
Article 19 – Soins et protection par les parents
1. Tout enfant a droit à la protection et aux soins de ses parents et, si possible, réside avec ces derniers.
– Charte africaine des droits de l’homme et des peuples
Article 4 – La personne humaine est inviolable. Tout être humain a droit au respect de sa vie et à
l’intégrité physique et morale de sa personne: Nul ne peut être privé arbitrairement de ce droit.
Article 16.1 – Toute personne a le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu’elle
soit capable d’atteindre.
Article 18.1 – La famille est l’élément naturel et la base de la société. Elle doit être protégée par l’Etat
qui doit veiller à sa santé physique et morale.
Article 18.2 – L’État a le devoir de veiller à l’élimination de toute discrimination contre la femme et
d’assurer la protection des droits de la femme et de l’enfant tels que stipulés dans les déclarations et
conventions internationales.
Article 28 – Chaque individu a le devoir de respecter et de considérer ses semblables sans
discrimination aucune, et d’entretenir avec eux des relations qui permettent de promouvoir, de
sauvegarder et de renforcer le respect et la tolérance réciproques.
– Convention Internationale sur les Droits de l’Enfants.
Article 3.1 – « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des
institutions publiques ou Privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou
des organes législatifs L’intérêt de l’enfant doit être une considération primordiale. »
Article 16.1 « Nul enfant ne fera l’objet d’immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa
famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes illégales à son honneur et à sa réputation. »
Article 16.2 « L’enfant a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles
atteintes. »
Article 19.1 « Les États parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et
éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toutes les formes de violence, d’atteinte ou de
brutalités physiques ou mentales, d’abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou
d’exploitation, y compris la violence sexuelle, pendant qu’il est sous la garde de ses parents ou de l’un
d’eux, de son ou ses représentants légaux ou de toute autre personne à qui il est confié. »
– Déclaration Universelle des Droits de l’Homme
Article 3 : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. »
Article 5 : « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants. »

Les enfants membres de Afrika Wakamba
journalducameroun.com )/n
A SAVOIR

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