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Cameroun : Un directeur de publication et son journal suspendus pour 3 mois

Le CNC reproche au directeur de Ouest Littoral d’avoir porté atteinte à la déontologie

Trois mois de suspension est la sanction qu’écope le journal privé camerounais Ouest Littoral et son directeur de publication Benjamin Zebaze pour atteinte à la déontologie selon un communiqué signé par le Conseil national de la communication (CNC). Ledit communiqué est signé du président du CNC, Joseph Befe Ateba, plaignant et président du jury qui avait siégé le 15 novembre dernier à Yaoundé. On peut entre autre lire dans le communiqué que le gouverneur de la région du Littoral a été chargé de l’application de cette mesure. Le motif de la suspension serait que le président du CNC, par ailleurs évêque de Kribi ans la région du Sud du pays, avait accusé le journal privé Ouest Littoral et son promoteur devant le CNC, à la suite d’un article publié dans ce journal le 10 octobre 2013 et intitulé « On va voir ce qui se cache derrière la soutane de Befe Ateba » faisant allusion au refus de l’organe chargé de réguler les médias au Cameroun de publier les tendances du double scrutin du 30 octobre dernier.

A l’annonce de cette suspension, une solidarité s’est créée au sein du corps médiatique. Joins par la rédaction par téléphone, Mathieu Nathanaël Njog, le trésorier national du Syndicat National des Journalistes du Cameroun(SNJC) a précisé que le bureau directeur du syndicat se réunira en urgence dans les prochaines heures. Et ce qui pourrait filtrer, c’est l’appel au non respect de cette suspension par le média concerné. Selon lui Ce qui arrive à notre confrère Ouest-Littoral va certainement bientôt arriver avec L’ il du Sahel. Car comme le précise la déclaration du 13 novembre du SNJC, le 28 octobre 2013, les deux directeurs de publication ont été convoqués par le CNC pour répondre de faits « manquement à l’éthique et à la déontologie». Selon le contenu de cette déclaration d’autres informations du SNJC font état de man uvres parallèles du président du CNC, qui multiplierait des rencontres occultes avec des dignitaires du régime de Yaoundé dans la perspective d’une vaste campagne répressive contre des médias à capitaux privés pouvant aller jusqu’à l’interdiction de certains titres, et à des arrestations massives de journalistes mis en cause. A cet effet, apprend-on, Mgr Joseph Befe Ateba aurait, depuis le 31 octobre 2013, reçu une correspondance du ministre de l’Administration territoriale, René sadi, l’assurant des «dispositions» prises à son niveau pour que les gouverneurs de région, les préfets et les sous-préfets veillent à l’application de toutes les décisions prises par le CNC. En clair, le gouvernement camerounais entend faire assumer et légitimer une démarche dictatoriale arrêtée d’avance par l’institution mise sur pied par le chef de l’Etat pour réguler l’espace médiatique national. Cette stratégie secrète de musellement intervient au moment où d’autres procédures, moins médiatisées, sont enclenchées par le CNC contre d’autres médias camerounais à capitaux privés. Comme action immédiate, le Snjc va lancer un appel à la mobilisation dans les heures qui suivent, montrons nous solidaire comme en d’autre temps (décès de Bibi Ngota) pour dire non à cette dérive totalitariste a déclaré Mathieu Nathanaël Njog.

Monseigneur Befe Ateba, président du CNC

africapresse.com)/n

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