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Cameroun: Un journaliste décède en prison

Il était détenu depuis le 10 mars dernier à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé pour faux et usage de faux

Mort en détention provisoire
Le journaliste Germain S. Ngota Ngota plus connu sous le nom de Bibi Ngota est décédé à la prison centrale de Kondengui. Il y était en détention préventive, suite à une inculpation pour faux et usage de faux. Bibi Ngota est décédé ce matin (hier jeudi) à la prison de Kondengui (Yaoundé). Nous avons récupéré son corps et l’avons placé à la morgue, a déclaré Bruno Ntede, le frère cadet du défunt. Sa mort selon Hilaire Medjo de la Nouvelle Vision et François Fogno Fotso de Génération Libre est le fait de l’absence de soins durant son séjour carcéral. Avant d’être incarcéré, il souffrait d’hypertension artérielle et (de problèmes) d’hernie, confirme son père, Ngota Essian. Les autorités camerounaises ont logiquement fait part du décès à la famille, mais se sont refusées à tout commentaire. Bibi Ngota avait été enfermé en mars avec deux autres journalistes, Serge Sabouang (La Nation) et Robert Mintsa (Le Devoir), pour « faux et usage de faux ». Les autorités leur reprochant d’avoir imité la signature du secrétaire général de la présidence de la République sur des documents dont ils se servaient pour (le) faire chanter, selon des sources judiciaires.

La maltraitance mise en cause
Selon certains commentaires, le journaliste et ses coaccusés était enfermés dans la section de la prison appelée Kosovo, en raison des conditions difficiles qui la caractérise. Les nombreux journalistes et autres confrères dans la profession qui lui ont rendu visite déclarent qu’il se plaignait des malaises. Nous avions déjà fait part de notre inquiétude aux autorités camerounaises concernant l’état de santé de M. Ngota et de ses deux confrères. Nous leur demandons aujourd’hui de faire toute la lumière sur les circonstances de ce décès et de faire en sorte que les collègues du défunt, extrêmement fragiles physiquement et psychologiquement ne soient pas victimes à leur tour des mauvaises conditions de détention, a déclaré le responsable de l’antenne locale de Reporters Sans Frontières. Tom Rhodes du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) tient les autorités camerounaises comme directement responsable du décès de M. Ngota à qui on a refusé un traitement médical approprié pendant sa détention. Le CPJ réclame une «enquête immédiate» et des soins médicaux pour les deux journalistes restés en prison.

La réaction des autorités attendue
Il est à ce jour difficile de déterminer si le séjour en prison de Bibi Ngota était justifié, mais de manière constante, on relève que fin 2009 et début 2010 ont été marqués par un nombre record de traduction de journalistes devant le juge pénal. Bibi Ngota, 38 ans, était le Directeur de publication du journal Cameroun Express. Nestor Ngah Etoga qui connaissait le disparu le décrit comme quelqu’un de très professionnel et connu pour ses nombreuses enquêtes sur la corruption dans le cadre de la gestion du pétrole au Cameroun. Il était selon d’autres témoignages un des vétérans du journalisme d’investigation au Cameroun, avec ses 15 années d’ancienneté. Il laisse une femme, Ngo’o Georgette et deux enfants. Il est le premier journaliste camerounais à mourir en raison de son travail d’investigation. La nouvelle va certainement jeter un froid dans les relations déjà tendues entre la presse et les autorités. La réaction du ministre Issa Tchiroma de la communication est attendue.

Sa mort crée un soulèvement de réaction dans la presse
Journalducameroun.com)/n

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