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Cameroun: Un milliard de FCFA par an pour soutenir la création musicale

Malgré ces moyens le secteur musical évolue en grande partie de manière très informelle. Plusieurs maillons manquent à la chaine

En ce qui concerne la musique camerounaise, les principaux éléments de la filière sont connus. Tous les chainons semblent exister mais la réalité est toute autre. Au niveau de la création, le patrimoine camerounais est un vivier de rythmes qui n’a d’égal que le nombre d’ethnies existantes. Les quatre grandes aires culturelles proposent des rythmes de la forêt, de la savane, des montagnes et du Littoral. Cependant, depuis quelques années l’on a enregistré des créations influencées par des rythmes extérieurs tels que le zouk, le soukouss, le ndombolo, le coupé décalé, la rumba etc. Ce qui dénature en partie les produits musicaux camerounais que l’on du mal à reconnaître de plus en plus. Les textes sont pauvres et les enregistrements de mauvaise qualité, quand les supports ne sont pas défectueux. les uvres nécessitant une bonne production restent souvent inédites en attendant de meilleurs moyens de production que certains professionnels appellent moyens d’accompagnement.

Pour combler le vide de la production de qualité, l’on a vu apparaître de nouveaux producteurs. En effet, la structuration défectueuse du secteur musical a fait que les studios d’enregistrement concentrés pour la plupart à Douala et Yaoundé fonctionnent dans l’informel. A cause du marché gangréné par la piraterie, éditeurs et distributeurs ont fermé boutique progressivement et aujourd’hui, on parlera plus d’auto-producteur. C’est chacun qui se débrouille donc à mettre le produit à la disposition du plus grand nombre car les circuits de distribution, s’ils existent ne sont pas définis. L’on observe plutôt des points de vente dans quelques villes du Cameroun. C’est ainsi que des structures s’essaient à la duplication des supports cd, dvd, vcd pour répondre à une demande existante. Au Cameroun, c’est connu qu’il n’existe pas encore de société de pressage et que pour des demandes importantes, les opérateurs s’adressent le plus souvent au Nigéria voisin ou à des partenaires en France.

La crise du secteur musical camerounais est telle que le public ne sait plus où se procurer des Cd ou autres produits musicaux d’une qualité irréprochable. Les producteurs qui avaient un moment imprimés la musique camerounaise de leurs marques ont été contraints de changer d’activité. Le secteur est devenu peu rentable. Certains se sont reconvertis dans des centres de formation car, il n’y a pas de conservatoire, ni d’école de musique au Cameroun. Dans ses conditions l’on s’interroge sur l’utilisation du milliard de FCFA dont est doté le ministère de la culture.

Ama Tutu Muna, ministre de la Culture

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En ce qui concerne les droits d’auteur, le Cameroun bénéficie d’un des meilleurs textes en la matière. Cependant, l’on assiste à des revendications d’artistes musiciens lésés dans la gestion de leurs droits d’auteurs et de leurs revenus. Au final, artistes camerounais et opérateurs du secteur musical n’ont pas de statuts. Toutefois, l’on peut toujours jeter un coup d’ il chez ces quelques opérateurs qui résistent et tentent de promouvoir des produits de qualité: Achille Production, Music Store, Culture MBOA, Africatone, JPS Productions.

La musique Camerounaise a quelque peu du mal à émerger aussi à cause de sa non-visibilité dans les espaces de légitimation en dehors de certains artistes de la diaspora. En clair, les artistes souffrent d’un déficit de médiateurs et d’accompagnateurs pour leur insertion en milieu professionnel et leur intégration dans les réseaux internationaux. En ce qui concerne les écrans de promotion, les radios et les chaînes de télévision locales diffusent les uvres, mais les artistes doivent affronter la concurrence des musiques étrangères diffusées continuellement sur les ondes. Autre image, les cabarets et le réseau des centres culturels français restent les lieux privilégiés de diffusion. Pour la promotion à l’international, cela participe de l’exploit personnel de chaque artiste. Très peu participent et sont présents à des festivals à cause des moyens d’accompagnement insuffisants.

Un studio d’enregistrement

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