Société › Faits divers

Cameroun: Un nouveau régisseur pour la prison centrale de Bamenda

Son prédécesseur n’a pas su contenir les mutineries successives de ces derniers jours

Rétablir l’ordre
Ce mercredi 08 septembre 2010, le nouveau régisseur de la prison de Bamenda, la principale ville de la région du nord-ouest du Cameroun, a été installé par les autorités. La principale mission de Monsieur Mossi qui cumulera avec ses fonctions de délégué régional à l’administration pénitentiaire sera de mieux gérer les tensions courantes dans cette institution pénitentiaire. Dans la nuit du 6 au 7 septembre dernier, les détenus de la prison de centrale de Bamenda se sont soulevés, le deuxième mouvement d’humeur, en l’espace de quatre jours. Selon des sources administratives, l’incident est né du fait que les prisonniers ont réclamé le retour d’un des détenus, qui avait été transféré dans une prison spécialisé. Leurs exigences n’ayant pas été suivies, ils ont mis le feu aux dossiers administratifs, les bancs et même certains quartiers de ladite prison. En réaction, des gardiens de prison, pour remettre de l’ordre, auraient dans un premier temps tiré des coups de feu en l’air. Par la suite, ils ont ouvert le feu dans la foule des détenus en furie. Lesquels voulaient les prendre en otage. C’est sur ce fait que deux des détenus identifiés sous les noms de Stéphane Kamdem et Yaya Bedi Dadzi auraient été mortellement touchés. Mais pour les prisonniers, l’administration pénitentiaire n’a pas rendu compte des faits dans leur exactitude. Les détenus de la prison de Bamenda affirment s’être révoltés pour exiger de meilleurs traitements. Ils affirment souffrir d’un manque d’assistance sanitaire et avaient déjà demandé le départ de M. Ngandjijoh Lamya Mama l’ancien régisseur.

Une situation qui peut renaître à tout moment
Pour la première fois les autorités administratives ont reconnu la précarité de la condition des prisonniers au cameroun. Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Justice chargé de l’Administration pénitentiaire, Emmanuel Ngafesson, de passage à Bamenda, a marqué son étonnement quant aux mauvaises conditions de vie des prisonniers. Un problème dont souffrent tous les détenus des prisons camerounaises. Plusieurs d’entre eux parlent de déshumanisation, d’insalubrité et d’insécurité. A la prison de Bamenda de nombreuses personnes se plaignent de vivre cette situation alors même qu’elles sont encore sous mandat dépôt. Le droit anglophone qui est pourtant encore applicable dans cette partie du cameroun, permet un plus grand respect des droits des personnes pour certaines formes de délits. Les organisations de défense des droits de l’Homme évoquent assez régulièrement de graves problèmes de répartition des détenus, les mineurs cohabitent par exemple avec les adultes, d’où de nombreuses dérives: maladies, homosexualité, viols, vols, trafics divers. Les efforts des «pays amis » du Cameroun et même des services de coopération comme la coopération allemande (GTZ) aident à améliorer l’ordinaire. Mais, dans un pays où la durée moyenne des détentions préventives est d’un à deux ans, voire parfois dix ans, le surpeuplement des prisons reste un vaste problème. Si l’on en croit un expert, les causes sont multiples: la montée de la criminalité dans les grandes villes, la multiplication des unités des forces de l’ordre en milieu urbain, mais surtout, les lenteurs des procédures judiciaires dues au manque de moyens et de personnel pour les enquêtes (qui aboutit à la délivrance quasi-systématique des mandats de dépôt) et dans les juridictions.

Un gardien de prison et des détenus lors de la fête de la musique à Bamenda

ambafrance-cm.org)/n

À LA UNE
Retour en haut