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Cameroun : un observatoire alerte sur un risque d’implosion à Douala 5e

Une vue de Douala 5ème

De vives tensions y opposent la communauté Ngombe à un investisseur privé au sujet de 200 hectares de terres immatriculées frauduleusement.

Il y a de l’électricité dans l’air à Ngombe, localité située dans l’arrondissement de Douala 5e (Littoral). Tout part de l’application des dispositions d’un protocole d’accord liant la collectivité villageoise de ladite localité, plus précisément au lieudit « Lundi », à une certaine Jeanne d’Arc Mekamguem. Ledit protocole porte sur l’exploitation à titre locatif des terres de la collectivité en palmeraies.

En vertu de ce document, dame Mekamguem est autorisée à procéder à l’immatriculation des terrains considérés à la condition expresse que les titres fonciers obtenus soient établis au nom de la collectivité. Elle s’y attèle, « mais la collectivité découvre avec stupéfaction que tous les documents et les titres fonciers qu’elle obtient en immatriculation directe sont établis à son propre nom et  à ceux de ses enfants, sans mention aucune des légitimes propriétaires », signale l’Observatoire du développement sociétal (ODS).

L’Ong de défense des droits de l’Homme soutient que les accords de départ paraphés entre la dame et la communauté de Ngombe sont restés verbaux, jusqu’à ce que la première tentative de la première « d’immatriculer les terrains à son seul nom soit découverte et bloquée. C’est ainsi qu’est né le protocole d’accord écrit et dûment signé par les parties ».  

La collectivité va néanmoins consentir à offrir 50% des terrains qu’elles immatriculent selon les conditions arrêtées dans le protocole d’accord.  Mais, persistant dans sa volonté de s’accaparer le bien de ces populations, dame Mekamguem relance le processus d’immatriculation et cette fois, elle réussit l’on ne sait comment, à se faire établir plusieurs titres fonciers à son nom et celui de ses enfants.

La collectivité le découvre et, excédée et déçue, elle dénonce en toute légitimité le protocole d’accord, saisit et obtient du ministère des Domaines et des Affaires foncières (Mindcaf) l’annulation des titres fonciers frauduleusement acquis, et boute hors de ses terres dame Mekamguem. Il ne s’agit là que de l’application de l’article 9 du protocole d’accord », explique le coordinateur de l’ODS, Lilian Koulou Engoulou.

Qui poursuit en indiquant qu’au lieu de s’amender auprès des populations « légitimement en courroux du fait de sa forfaiture, se lance plutôt dans un bras de fer, usant de harcèlement à l’encontre des leaders de la collectivité et des investisseurs prospectifs par plusieurs convocations et auditions à la gendarmerie, le but étant de les mettre sous la pression constante de menaces et intimidations multiples, les décourager et les soumettre à ses desiderata ».

Parallèlement aux manœuvres ci-dessus décrites, « dame Mekamguem engage des hordes de gros bras et moto-taximen pour aller perpétrer des  attaques physiques sur les ouvriers de la collectivité commis au démantèlement des palmeraies. Trois attaques de ce type ont été menées à ce jour et l’on déplore un blessé grave, des blessures légères suite à des passages à tabac, des pièces d’identité, des effets vestimentaires, de l’argent et du matériel de travail arrachés et emportés », dénonce l’ODS.

Mises bout à bout, alerte l’Ong, les informations recueillies montrent bien au-delà du probable une intention pensée, organisée et mise en œuvre pour faire de « Lundi » une zone de grande insécurité, et déterminer les instances faîtières de notre sécurité à y prendre des mesures d’exception.

Un tel scénario effarouchant les investisseurs, tuerait du même coup et sine die tout projet potentiel ou en cours sur le site, et à terme, donnera la haute main à Mekamguem qui dictait alors sa loi à la collectivité villageoise de Ngombe, distribuerait des prébendes à ses « soutiens » et se taillerait d’autorité la part qui lui plairait.

Au final, commente Lilian Koulou Engoulou, « dame Mekamguem veut manifestement transformer son refus délibéré de respecter les termes d’un partenariat foncier écrit et dûment signé en un tumultueux et chaotique imbroglio sécuritaire qui l’aiderait à tirer les marrons du feu ». Nos tentatives pour avoir la version de Jeanne d’Arc Mekamguem depuis le  21 janvier ont été vaines.


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