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Cameroun: une association de presse pour booster le tourisme

Des journalistes sont allés dans le département de la Menoua pour s’imprégner des merveilles de la nature et se mettre au goût du tourisme responsable

Du 17 au 20 mars dernier, les populations du Département de la Menoua ont accueilli sur leur sol des touristes d’un autre type, des journalistes venus non seulement s’imprégner des merveilles qu’offre la nature en termes de sites touristiques, mais aussi inculquer dans les consciences, pour un début tout au moins, le concept de «tourisme responsable». L’Eductour dont il est question a servi de lancement des activités de l’APTOUR, une association qui se donne pour mission de booster un secteur ayant du mal à décoller véritablement au Cameroun depuis l’indépendance.

Créée il y a à peine deux mois, l’Association de la Presse pour le Tourisme Responsable (APTOUR) qui a à sa tête Jean Solaire Kuété (par ailleurs rédacteur en chef adjoint à NewTV, chaîne de télévision privée émettant depuis Yaoundé) comptent à ce jour une trentaine de membres. Ils sont journalistes, reporters, correspondants des media locaux et internationaux, photographes, cameramen, etc., unis par l’idéal de promouvoir le concept de tourisme responsable, en vue de la dynamisation du secteur touristique au Cameroun et en faire résolument un facteur de développement.

Les journalistes touristes ont pris leur quartier dans le cadre féerique du Centre climatique de Dschang, un complexe hôtelier unique en son genre, construit en 1937, inauguré en 1940, en pleine Seconde guerre mondiale et servant de base aux officiers de l’armée française stationnée en Afrique équatoriale française. Cet établissement qui s’étant sur plus de 10 hectares, le tout premier d’Afrique subsaharienne rétrocédé au Cameroun dès l’indépendance fête son cinquantenaire comme propriété du Cameroun indépendant.

Au matin de ce 17 mars les journalistes sont reçus par le Maire de la Commune de Dschang; les échanges de civilités ont pour cadre la Salle des Actes. L’élu du peuple donne aux journalistes les assurances d’un séjour mémorable tout en exprimant son agréable surprise de voir des journalistes s’impliquer dans la dynamisation du secteur touristique. Le temps d’une photo de famille, les journalistes sont immédiatement guidés vers l’Office du tourisme de Dschang, le marché artisanal voisin, puis vers la base nautique de la ville dont la principale attraction se trouve être ce lac artificiel, tranquille comme un nourrisson endormi. Les pédalos qui meublent l’accès du lac constituent le principal moyen de ballade nautique. Et les journalistes ne se sont pas faits prier: équipés de leurs gilets de sauvetage, ils ont investi à c ur joie ledit lac, parcourant à coups de pédales tous les coins et recoins de cette étendue d’eau dormante, sous l’ il vigilant du maître-nageur.

Etape suivante, le musée des civilisations encore en construction; il se dresse déjà majestueusement à quelques mètres seulement du lac. Les travaux sont réalisés déjà à 80%. Le directeur du futur musée joue personnellement le guide, promenant les journalistes dans toutes les pièces des trois niveaux du joyau architectural. Le temps d’une pause-café, et les visiteurs ont mis le cap sur le village Apouh dans l’arrondissement de Fongo Tongo qui héberge les fameuses «chutes jumelles». Spectacle hallucinant que l’image de ces deux gigantesque colonnes d’eau tombant d’une hauteur de 82 mètres pour s’enfoncer 35 mètres sous le point de chute, engendrant ainsi un bruit assourdissant. Une forêt sacrée et une grotte impressionnante jouxtent les chutes jumelles. C’est un site historique chargé d’anecdotes (il se dit par exemple qu’un couple d’Italiens y avait trouvé la fécondité il y a près de 27 ans) qui aura donné des sueurs froides aux visiteurs obligés de faire montre de quelques aptitudes physiques.

Le lendemain, les journalistes quittent le chef lieu du département pour visiter les sites touristiques dans des localités environnantes: les vastes étendues de plantations du thé de Djuttsitsa, la chefferie Bamendjida, par Mbouda, avec sa case patrimoniale qui, après un an d’existence se hisse déjà en un véritable conservatoire de l’histoire de la chefferie hôte, de la région, du pays, du continent et même du monde à travers l’évocation de la traite négrière. C’est dans ce cadre que les visiteurs découvrent avec surprise le retraçage de la généalogie du célèbre poète russe Alexandre Pouchkine dont l’aïeul serait originaire du Cameroun, selon des résultats des tests ADN pratiqués sur un peuple d’Amérique centrale, descendant d’esclaves.

De l’escalade
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La chute de la Métché a constitué la dernière étape de la journée. Située à une cinquantaine de mètres de la chaussée (axe routier Bafoussam – Mbouda) cette chute, large de 15 mètres et haut de 30 mètres, offre aussi un spectacle captivant, avec un débit abondant. La particularité ici c’est sa charge historique, elle qui a été un « acteur passif » des soubresauts de la période coloniale et de la « pacification » du jeune Etat camerounais indépendant. Des rites de purification, d’exorcisme et autres offrandes sont monnaie-courante sur le site, tant en amont qu’en aval de la chute. Les résidus d’huile de palme, de sel, de la volaille, etc. accrochent le regard.

La randonnée touristique s’achève le samedi 20 mars avec une conférence-débat dans la salle prévue à cet effet par le Centre climatique de Dschang, sur le thème «Tourisme responsable: facteur du développement local ». Ladite conférence-débat présidée par le Maire de la commune de Dschang représenté par son 1er adjoint, est animée par le Président de l’APTOUR, Jean Solaire Kuété et le Secrétaire exécutif du Réseau des Compétences Sans Frontières (RECOSAF), Emmanuel Tchassa ; ils étaient accompagnés du Vice-président de l’APTOUR, Bertrand Ossomba (responsable des programmes à Mount-Cameroon FM, CRTV) et du Président de l’Office du tourisme de Dschang. On pouvait noter la participation conseillers municipaux, des hôteliers, restaurateurs, conservateurs de musée, guides touristiques, étudiants et stagiaires en tourisme, ajoutés aux journalistes. Le débat houleux qui a suivi les exposés des principaux intervenants aura levé un pan de voile sur les enjeux et les difficultés de la pratique d’un tourisme responsable dans la Région de l’Ouest en particulier et au Cameroun en général.

Au sortir de la salle de conférences, les participants ont eu droit à une visite guidée du Centre climatique de Dschang, dirigée par madame Bilé, Directeur général de l’établissement. La visite a abouti sur la présentation officiel et solennelle du Délégué régional de l’APTOUR pour l’Ouest en la personne de Joseph Itote (journaliste à Pouala FM Bafoussam). La soirée de samedi aura été l’occasion de découvrir tout ce que Dschang offre d’attraction dans la nuit: cabaret, boite de nuit, musique, danse et gastronomie. Dans un cabaret de la ville, les noctambules ont eu droit à des prestations scéniques des journalistes qui se sont mus, le temps d’un soir, en véritables artistes musiciens. Une ambiance bon enfant qui met fin à un Eductour édifiant laissant cependant chez les participants un arrière goût d’inachevé, le temps ayant été trop court pour profiter de tout le potentiel touristique que regorge la Menoua.

Ce n’était que partie remise, car cette randonnée dans la Menoua ne constitue que le premier d’une série d’Eductours que compte réaliser l’APTOUR dans bien d’autres régions du pays, à la découverte des merveilles touristiques de l’Afrique en miniature. Le secteur touristique, pour un nouveau départ, a ainsi un nouvel interlocuteur au Cameroun: la presse.

Entrée de la forêt sacrée de Fongo-Tongo
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